LIVRE VII. —LETTRE DEUXIÈME
seignaient, que ceux qui auraient invoqué les auteurs de leur religion, seraient délivrés, fussent-ils ensevelis dans les supplices de l'enfer. Ils ne pouvaient absolument se pénétrer de la pensée, que des hommes dussent être précipités dans les enfers., sans espoir d'en jamais sortir. Aussi disaient-ils que leurs doctrines étaient, plus que les nôtres, fondées sur la clémence et la miséricorde. Nous leur avons à la fin, avec la grâce de Dieu, donné la solution de toutes ces questions, de manière à ne laisser subsister aucun doute dans leur esprit. Les Japonais suivent en tout la raison, plus qu'aucun autre peuple ; et tous, en général, sont tellement insatiables d'apprendre et indiscrets dans leurs demandes, qu'ils ne mettent aucune fin à leurs controverses, ou à la discussion de nos réponses, lorsqu'ils sont entre eux. Ils ignoraient que l'univers fût sphérique ; Us n'avaient rien appris du cours du soleil et des astres; delà résultait que lorsque nous étions interrogés par eux, et que nous leur en exposions les principes , les révolutions des astres et les causes du tonnerre et des orages, ils nous écoutaient avidement, et paraissaient charmés de nous entendre , nous considérant avec un profond respect comme des savants de premier ordre.
Cette opinion de notre science nous ouvrit ainsi la voie pour faire pénétrer la religion dans les esprits. Parmi les neuf sectes qui régnent au Japon , une seule professe que les âmes sont mortelles, mais cette secte est réputée détestable par les membres des autres sectes. Ses adhérents sont vicieux et corrompus et ne peuvent souffrir d'entendre parler des enfers.
A Amanguchi, dans l'espace de deux mois, après de nombreuses conférences, nous avons régénéré dans l'eau sainte environ cinq cents personnes, et tous les jours d'autres se joignent à eux par les effets de la grâce divine. Les néophytes nous découvrent avec un grand zèle les artifices des bonzes et les mensonges des sectes japonaises; ils professent pour nous une affection et un respect