LIVRE VII. — LEITRE DEUXIÈME
singuliers, et nous avons la confiance que ce sont de véritables et solides chrétiens. ■ ' 4S^* > ;>5 •?.
Avant leur baptême, les néophytes d'Amanguchi étaient agités par une incertitude qui les affligeait et les troublait à l'excès. Dieu ne leur paraissait ni paiséricordieux, ni bon, de ne s'être en aucun temps révélé aux Japonais, avant notre venue ; s'il était vrai surtout que ceux qui ne lui avaient point rendu le culte que nous prêchions devaient subir d'éternels supplices dans les enfers. Le salut de tous leurs ancêtres leur semblait mis en oubh, et comme négligé par la divinité, qui permettait que ces infortunés, privés de la connaissance des vérités nécessaires, fussent ainsi précipités dans une mort éternelle. Cette pensée si douloureuse était ce qui les éloignait le plus de la religion du vrai Dieu. Mais la divine miséricorde dissipa bientôt pour eux toutes les erreurs et toutes les indécisions. Nous commençâmes par leur démontrer que la loi divine était la plus ancienne de toutes. Avant que leurs institutions ne leur fussent venues des Chinois, les Japonais, enseignés par la nature, savaient qu'il était défendu de donner la mort, de voler, de se parjurer et de commettre les péchés énoncés dans les dix Commandements; la pi^uve en était que celui qui commettait l'un de ces crimes était sans cesse en proie aux remords de sa conscience. La raison seule enseignait de fuir le mal et de pratiquer le bien; et, naturellement, cette notion était profondément implantée dans le cœur de tous les hommes , et tous avaient reçu de la nature et par l'inspiration de Dieu, l'Auteur de la nature, la connaissance de la loi divine, avant d'être instruits à cet égard.
Si l'on conservait quelque doute, il suffisait de faire une épreuve en la personne d'un homme élevé, sur un mont solitaire, dans l'ignorance absolue des lois de sa nation : si cet homme ignorant, étranger à toute science humaine, est interrogé et qu'on lui demande : Est-il ou non criminel de tuer, de voler, enfin de commettre toutes les actions que la loi divine interdit; et n'est-il pas naturel de s'en abste-
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