LIVRE VII. —LETTRE DEUXIÈME
mains d'un adversaire plein de fureur, qui récemment atait été son serviteur et son sujet, se plongea son pôigtlàrd dans les entrailles et se donna la mort, en tiiëtne temps qu'il faisait égorger son fils, qui était auprès dé lui, et ordonnait de consumer par le feu les deux corps, afin que les ennemis ne trouvassent aucune matière pour leur faire outrage. Et la chose fut exécutée comme il l'avait commandé. Vous pouvez juger, d'aprçs la lettre que m'ont écrite nos Frères d'Amanguchi et que je vous envoie, les périls mortels qu'ils ont courus. Après la mort du roi, les grands et les seigneurs du royaume ayant terminé la guerre à leur avantage, et voyant que l'État d'Amanguchi ne pouvait subsister sans souverain , adressèrent une ambassade au roi de Bungo pour le prier d'envoyer à Amanguchi son frère germain qu'ils se proposaient de reconnaître pour leur prince. Le roi s'empressa de satisfaire à leur demande. Ce dernier souverain, qui commande à des armées nombreuses et très-aguerries, ainsi qu'il est ordinaire aux souve-" rains japonais, règne sur de vastes États et tient en grande estime le nom portugais. Dès qu'il a été instruit de la puissance et du grand caractère du roi de Portugal , il lui a écrit pour le prier de le recevoir au nombre 4e ses amis, et il lui fait parvenir une cuirasse en gage de son amitié. Il a de même envoyé vers le vicé-roi des Indes une personne de sa confiance, pour lui offrir avec de grands compliments son amitié, son alliance et ses hommages empressés : cet envoyé, qui est venu avec moi aux Indes, a été reçu d'une manière honorable et très -libérale par le vice-roi. Avant mon départ du Japon, le roi de Bungo a promis aux Portugais et à moi-même d'inviter le roi d'Amanguchi à prendre sous sa protection Cosme de Torrez et Joam Fernandez. Le souverain désigné d'Amanguchi s'est lui-même obligé dans ce sens pour le temps éù il sera mis en possession de son royaume.
Pendant la durée de notre séjour au Ja|ïc(ii, c'est-à-dire pendant deux ans et demi , nous avons subsisté des bien-