‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 552 sur 759 · LIVRE VIL — LETTRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — LETTRE DEUXIÈME

un merveilleux horizon pour le plaisir des yeux. La renommée universelle est que cet empire est fécond en tout genre de productions, mais surtout en soie. J'ai appris des Chinois eux-mêmes, qu'il se trouvait chez eux des gens de diverses nations et de religions différentes, et, autant que j'ai pu le constater d'après leurs récits, Je soupçonne qu'il s'y trouve des juifs et des mahométans. Rien ne me donne à croire qu'il y existe des chrétiens. J'espère m'y rendre, en cette année 1552, et pénétrer jusqu'au souverain de l'empire. La Chine est constituée de telle sorte que l'Evangile, s'il y est semé , peut s'y propager rapidement et s'y dilater en tous sens. Et même, sj les Chinois sont sensibles à la vérité chrétienne, les Japonais abandonneront les doctrines qu'ils en ont reçues. Le Japon est éloigné de Liampou (1), ville considérable et l'une des capitales delà Chine, par une traversée d'environ trois cents milles. J'ai la ferme espérance que Dieu doit bientôt ouvrir les portes de la Chine, non-seulement à notre Compagnie, mais aux religieux de tous les Ordres, et que le champ sera libre à tous les hommes de zèle et de piété , pour y faire éclater l'ardeur de leur zèle, dans. la conversion des âmes errantes aux voies de la vérité et du salut. Aussi , je prie avec instance tous ceux qui sont possédés du zèle d'étendre la religion chrétienne, de seconder mes faibles efforts, par leurs Saints-Sacrifices et par leurs prières, afin que je puisse leur ouvrir la porte de cette contrée et donner carrière à leurs pieux travaux.

Je n'ai rien à vous écrire sur les Indes : les Confrères qui y demeurent sont chargés de vous rendre compte des affaires de cette province. Je suis depuis peu revenu du

(1) Liampou ou Leang-pou, près de la ville actuelle de Ning-po, était une place considérable de commerce. Les Portugais y établirent de bonne heure un comptoir. Les violences des Portugais soulevèrent contre eux les Chinois qui réduisirent en cendre le comptoir et la ville en 1642. Liampou ne put jamais se relever complètement , et la ville de Ning-po , fondée à peu de distance, recueillit les avantages de son heureuse situation commerciale.

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