LIVRE VII.— LETTRE TROISIÈME
sait aimable et délicieuse : pour acquérir un tel l)ien , ils n'hésiteraient pas à faire Voile vers le Japon. .
Comme je suis arrivé à Cochin au moment même où les navires se disposaient à prendre la mer, et que le grand nom|)re des amis qui sont venus pour nous saluer m'a souvent interrompu lorsque j'écrivais cette lettre , elle est tracée à la hâte et, sans doute, confuse. Mais je cesse d'écrire, quoique j'aie regret à le faire , en écrivant à de si ciiers Pères et Frères, et sur le Japon, mes délices, dont je ne pourrais jamais tout dire, quel qu'en fût mon désir. Je termine en suppliant Dieu de nous réunir un jour dans la céleste béatitude. Amen.
Cochin, 29 janvier 1552.
Le dernier de vos Frères en J.-G.
François.
LETTRE IIL
A M^ Simon Rodriguez, en Portugal.
Que la grâce, etc.
J'ai 4ésiré vous instruire de certaines circonstances relatives au Japon, afin que vous connaissiez quelle nature d'ouvriers réclame cet empire. L'on doit choisir de préférence, afin d'en conquérir les peuples à l'Évangile, des hommes d'une vertu consommée, éprouvés par les souffrances et les périls. En effet, à Bandou et dans les autres académies, de grands combats, de grandes persécutions leur sont réservées de la part des bonzes. Je le répète, ils seront tentés violemment, au point d'être en danger de périr eux-mêmes, en voulant sauver les autres, s'ils ne possèdent point dans un éminent degré la force de l'âme et la confiance en Dieu. Ils seront obhgés d'endurer les plus grandes rigueurs du froid, car Bandou se trouve beaucoup