‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 555 sur 759 · LIVRE VIL — LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — LETTRE TROISIÈME

plus au nord qu'Amanguchi : ils seront exposés à toutes les privations matérielles, n'ayant absolument pour nourriture que du riz, des légumes et d'autres aliments peu substantiels. Évidemment l'entreprise exige des hommes doués non-seulement d'une éminente vertu spirituelle, mais aussi d'une excellente constitution physique.

Je suis d'avis que vous nous envoyiez des Belges et des Allemands , qui sont accoutumés au froid et à la souffrance physique, et qui, loin de leur pays natal, et ignorants de votre langue, ne peuvent se livrer à la prédication, ainsi que vous en avez un grand nombre en Italie , en Espagne et en France. Je voudrais aussi qu'ils fussent assez exercés dans la discussion, et dans la solution des arguments captieux, afin d'être en mesure de confondre publiquement les bonzes , dont l'autorité sert de fondement à l'opinion commune dans les universités ; et de les réduire enfin à se contredire ouvertement. J'enverrai d'ici quelques personnes à Amanguchi pour y apprendre la langue japonaise et prendre une idée des doctrines et des erreurs de la nation, afin que les sujets plus éminents de la Compagnie qui nous arriveront, aient avec eux des compagnons habiles qui leur serviront d'interprètes , pour déclarer la guerre aux universités : et quoique ignorants de la langue japonaise, ils pourront engager le combat par interprètes, jusqu'à ce qu'assez instruits dans la langue nationale, ils se mesurent directement avec les bonzes. Veuillez faire part au P. Ignace des choix que vous aurez faits pour les universités japonaises. y ^

De toutes les parties du Japon un grand concours de personnes se rend à l'université de Bandou dans l'intention de s'instruire : à leur retour dans leur contrée, elles enseignent à leurs compatriotes ce qu'elles ont appris. Bandou, m'a-t-on assuré, est une ville très-considérable et très-peuplée : ses habitants sont renommés par la noblesse du sang et par la vertu militahe , quoiqu'il s'en rencontre aussi de mœm^s plus douces et tout à fait pacifiques.

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