‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 562 sur 759 · LIVRE VU. — LETTRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VU. — LETTRE CINQUIÈME

ces revenus : vous connaîtrez exactement par lui quelle est l'importance des sommes qu'il a perçues , ou inscrites en recette, et combien il en demeure à recouvrer. Vous me rendrez très-exactement par écrit le compte de ce qu'il vous aura fait connaître , car je désire en être instruit. Déclarezmoi surtout avec une parfaite exactitude la somme en espèces que le même P. Gonzalez vous aura comptée lors de votre entrée en charge.

Dans la disposition de ces sommes, vous devrez tenir en grande considération les nécessités des Confrères qui sont ici, et de cette maison de Goa qui gémit sous le poids de dettes considérables , ainsi que des résidences de Cochin, de Coulan, du Gomorin, qui toutes reçoivent ou, pour mieux dire, attendent leur existence de Goa. En effet, nos infortunés Frères sollicitent plus souvent qu'ils ne reçoivent des secours, et communément ils subissent l'épreuve d'une longue détresse : or le sentiment intime de leur misérable sort me déchire intérieurement. Encore bien que sa majesté, parmi les autres grâces de sa charité, leur ait fait attribuer certains subsides d'une manière spéciale, néanmoins ces subsides leur sont rarement payés, à cause des embarras du trésor et de la rentrée difficile des revenus publics dans ces contrées. Aussi je considère qu'il est juste que vous fassiez emploi de vos revenus recouvrés ou à recouvrer, pour l'aliment et le vêtement de nos Frères qui vivent avec vous, de manière à ne jamais excéder l'absolu nécessaire : je vous en prie au nom du service divin et de la charité. Considérez plutôt qu'il n'est point équitable que vous et que les vôtres, qui demeurez assis à la source, vous jouissiez d'une plénitude surabondante, tandis que vos Frères, qui portent le poids du jour et de la cîialeur, et qui n'ont pas un droit moindre de participer aux mêmes eaux vivifiantes, se trouvent, par le fait de leur éloignement , condamnés à languir au sein de la détresse et des privations de tout genre. Faites en sorte, je vous en conjure, même en tranchant dans le vif, si c'est néces-

ip

Page 1