LIVRÇ VU. — LETTRE CINQUIÈME
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saire , qu'il puisse demeurer une portion considérable de ces sommes, et que vous soyez à même de la faire passer aux administrateurs de notre collège de Goa; ces derniers les emploieront à subvenir aux besoins des Confrères du cap Comorin, de Goulaii et de Cochin, qui propagent l'empire de Jésus-Christ avec des efforts et des souffrances inlinis : que s'il vous naissait la pensée d'élever quelques édifices en l'endroit où vous êtes, gardez-vous de le faire si vous n'en avez reconnu l'actuelle et absolue nécessité.
De même dans votre table et dans la subsistance de vousmême, de nos Confrères et des élèves du séminaire, faites régner une frugalité qui puisse être défrayée par la dépense la plus minime. En ce point soyez attentif à mes paroles: je ne vous recommande pas une parcimonie, pom* ainsi dire sordide , qui serait odieuse et presque intolérable , loin de vous cet excès ! je dis plus, et je défends positivement que l'on retranche rien des véritables nécessités de cette maison et de ses habitants; je demande seulement, qu'appréciant avec sagesse et avec miséricorde l'extrême détresse qui s'appesantit, surtout à la côte de Comorin, sur les ouvriers évangéllques, votre charité se resserre dans les limites de l'absolu nécessaire, au moins pendant le temps qu'il sera pourvu par des voies nouvelles aux besoins de cette église si affligée, où, je le dis avec larmes, tant d'enfants meurent sans être baptisés, uniquement parce que les ressources manquent afin de procurer la plus chétive existence à nos prêtres : et si nos prêtres étaient présents dans toute la contrée, et en parcouraient incessamment, ainsi qu'il serait nécessaire, les misérables chaumières, ils surviendraient toujours à temps pour régénérer les enfants à J.-C, avant leur passage de cette vie.
Au sujet de la perception des revenus, voici le conseil qu'il me vient en pensée de vous adresser : il ne me parait pas convenir que vous en opériez le recouvrement par vous-même ou par aucun des nôtres ; mais vous devez employer les bons offices 4'uo OU (te plusieurs de vos amis