LIVRE VIL — LETTRE SIXIEîtfE
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rapidement, plus efficacement en présence et par paroles, que par le commerce épistolaii'e , toujours si lent par luimême , et muet dans l'occasion d'une objection imprévue. J'ai été ravi d'apprendre, par des personnes qui vous avaient récemment quitté, les nouvelles qui vous concernent; mais j'aurais éprouvé plus de joie encore si j'avais reçu de leurs mains une lettre de vous qui m'aurait fait connaître les fruits que vous recueillez à Ormuz, ou, pour parler avec plus de rigueur, les fruits que Dieu daigne opérer par vous, et ceux qu'il opérerait s'il vous en jugeait plus digne, tandis qu'il est obligé de ne les point accomplir, à cause de l'opposition qu'il éprouve par vos fautes et vos imperfections qui rendent ses intentions sans effet. Ce sont ces obstacles qui l'empêchent de se manifester par vous. Vous devriez vous accuser sans cesse de ces oppositions à la grâce, gémir dans l'humiliation et dans la pénitence, de ce que, par votre propre faute, vous n'êtes point sous la main divine un instrument puissant pour réaliser les œuvres éminentes et glorieuses qu'il vous avait préparées. Par là , vous consommez une perte immense, imputable à vous seul, celle de l'accroissement de gloire qui revenait à votre Dieu, sans le vice de votre conduite ; vous mettez obstacle à cette surabondance de fruits spirituels, qui auraient germé dans les âmes confiées à votre ministère : et ces âmes, hélas ! ne souffrent une disette spirituelle qu'on ne saurait mesurer, des bienfaits divins et des dons de la grâce que parce que vous n'êtes point tel que vous devriez être. Aussi , souvenez-vous de méditer profondément sur cette pensée, du compte infiniment sévère qui vous sera demandé, lors du jugement suprême, de toutes les œuvres de miséricorde que Dieu préparait dans ses conseils et voulait réaliser, mais auxquelles vous avez mis obstacle.
le ministère des missions à Goa, à SalceUe, à Baçaïm et à Tana. En 1555 il fut envoyé en ambassade veis le roi d'Ethiopie, et termina sa sainte vie peu de temps après.