LIVRE VII. —LETTRE HUITIÈME
imperfections anciennes en de féconds motifs de progrès.
Je ne voudrais pas, qu'ainsi que font plusieurs, vous placiez l'espérance de vous concilier le peuple dans des artifices humains ; que vous agissiez avec art afin d'obtenir la faveur du vulgaire et la réputation , en afl'ectant dans vos actes et dans vos discours d'employer des moyens de nature à séduire et à enlever la multitude. Cette recherche est indigne d'un apôtre de l'Évangile : outre qu'elle est toujours accompagnée d'un sentiment ambitieux et jaloux de vaine gloire, sentiment égoïste et funeste, elleéstune suprême injure envers J.-C. N.-S., de qui l'honneur, qui devrait prévaloir sur toutes choses aux yeux des prédicateurs , est alors sacrifié par eux à leur réputation personnelle : s'ils obtiennent de la renommée, s'ils se voient en possession de l'objet de leur ambition, ils n'éprouvent point de regret à laisser s'affaiblir en eux le zèle ardent de la divine gloire, dont ils devaient, au prix de suprêmes efforts, établir le règne dans les âmes en les convertissant à Dieu d'une manière inébranlable.
Je vous invite à méditer profondément tous les avis qui précèdent; appHquez-vous à pénétrer de ces sentiments les parties les plus intimes de votre âme et à les en imprégner : ne laissez point s'évaporer les célestes inspirations dont notre Dieu dans sa miséricorde vous illumine au milieu de la méditation des vérités saintes, mais recueillez-les avec soin et consignez-les dans un livre afin d'en garder la mémoire. Croyez -moi, le principal des progrès accomplis dans les âmes qui servent Dieu dans la vérité réside en cette pratique, et dans la méditation profonde et réitérée dès enseignements , fmits de la prière et de la contemplation. En effet, celui que l'esprit divin a daigné visiter par les rayons lumineux de sa vérité, s'il en recueille les enseignements et les consigne sur un livre , éprouvera des- impressions tout autrement sensibles et profondes, en les rehsant plus tard, que s'il n'avait pas éprouvé ce dont le livre a conservé l'empreinte ; il ranimera dans son esprit
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