CHAPITRE SEPTIÈME
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remords, leur première donation, et le P. François put, à juste titi'e, être considéré par les Pères du collège de Cochui comme leur fondateur véritable. .'■ .
' Le P. Paul de Camerino, pendant l'absence du P. Xavier, avait reçu dans la Compagnie les FF. Simon de Vera et Femam d'Osorio, qui, tous les deux, terminèrent leur existence îtux Moluques, après y avoir accompli des travaux immenses ; et le F. Pedro d'Alcaceva, qui ramena plus tard de San-Chan les vénérables reliques de l'Apôtre, et qui se consacra durant vingt-quatre |^ à l'instruction des enfants dans le collège de Saint- Paul. 4 -
Le P. Paul de Camerino, docile aux leçons parfaites de son admirable Père, donnait lui-même l'exemple de toutes les vertus, et surtout de la sainte humilité, le principal devoir recommandé par le P. Xavier, parmi tous les autres devoirs. Paul avait également, et nous devons le rapporter ici pour l'édification du monde, intro- ■: duit dans sa résidence l'usage des processions et des prédications du vendredi, en l'honneur de la Passion de N.-S. J.-C. , et la pieuse pratique de la discipline que les séculiers s'infligeaient dans l'église pendant l'espace d'un Miserere. -
Avant le retour du P. Xavier, étaient arrivés du Portugal à Goa les PP. Melchior Nunez {\ovc Lettres, ii, 244 et note), Manoël de Moralez, qui fut longtemps missionnaire à Geylan et revint terminer ses fours à Goa {Lettres, il, 23 et note), Melchior Gonçalez, qui fut le successeur du P. Barzée, h Ormuz; qui plustard essaya vainement d'entrer dans le royaume du prêtre Jean, et qui revint travailler à Salcète, près Baçaim, et mourût à Goa;-' et les FF. Manoël de Teixeira, Pero d'Almeida, Christovam da Costa, Antonio Diaz, Francisco Duram et Aleixo Madeira, qui accomplirent de prodigieux travaux dans les contrées d'Orient, en Chine, à Ormuz, à la Pêcherie, à Goa et à Baçaïm (l). '
Dans Goa même, la religion florissait d'une manière admirable; les Portugais donnaient les exemples les plus édifiants ; les païens
(1) Le P. Lucena, qui écrivaft en 1597, dit, en parlant de ces excellents l'eligieux : « La modestie de ceux qui existent ne me permet point de m'étendre à leur sujet, et la brièveté de cette Histoire ne me laisse point d'espace pour les œuvres saintes de ceux qui sont avec Dieu. »
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VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIER
se convertissaient tous, et les prêtres des idoles avaient été chassés de la contrée par ordre du gouverneur. * ""
Deux princes infidèles s'étaient récemment convertis dans la capitale des Indes. C'étaient le roi de Tanor , royaume de la côte de Malabar, entre Cranganor et Calicut. Après avoir hésité longtemps, quoiqu'un missionnaire venu dans sa cour l'eût instruit de la religion et qu'il fût convaincu, il reçut enfin le baptême; mais d'abord chrétien en secret, il conçut des scrupules, et fit consulter l'évêque de Goa. Le prélat envoya vers lui le P. Antonio Gomez, qui lui démontra le devoir de professer publiquement sa foi,' et le prince n'hésita plus : venant donc à Goa malgré ses sujets, il se présenta dans la cathédrale de cette ville pour déclarer sa créance et faire acte de chrétien. Il acheta sa foi par la perte de son royaume et par l'exil: et il termina ses jours à Goa, dans la condition privée, et après une longue persévérance alla recevoir au ciel une autre couronne, infiniment supérieure à celle de la terre, des mains de Jésus-Christ lui-même.
L'autre souverain était le roi de Trichinamale, dans l'île de Ceylan. Dans ses années les plus tendres, un usurpateur lui avait ravi sa couronne: et ses gardiens l'avaient alors soustrait à la haine du tyran , et l'avaient conduit parmi les chrétiens de la Pêcherie. Les Pallawares l'avaient accueilli charitablement, et lui avaient procuré le bienfait de tous le plus précieux, la connaissance de N.-S. J.-C. , et la profession de la foi chrétienne. L. P. Henriquez baptisa le jeune prince, et le P. Xavier trouva ce pieux enfant dans le collège de Saint-Paul, édifiant cette maison par sa sagesse et par sa ferveur. '^
Le gouverneur des Indes portugaises était alors D. Alfonse de Noronha, successeur de Jorge Cabrai, qui n'avait occupé l'autorilé que pendant un an. Noronha connaissait dès longtemps le saint Apôtre : il approuva tous ses plans et le choix de Pereira pour une ambassade en Chine. Le même seigneur lui offrit son concours le plus empressé et lui accorda toutes les grâces qui dépendaient de lui-même.
L'évêque D. Joam d'Ali)uquerque combla le P. Xavier des marques les plus sensibles de sa tendresse et de sa reconnaissance en Jésus-Christ, Cet excellent prélat avait écrit, en 1550, au P. Ignace, une leltre qui s'est conservée (Appc7idic€, n" xi ), et
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