LIVRE VU. — LETTRE NEUVIÈME
de vue votre avancement spirituel ; car vous n'ignorez pas que c'est reculer que de ne point avancer dans la vertu.
Je vous demande encore, et j'y insiste au nom de Dieu, d'encourager par votre exemple le peuple à la piété. Si vous possédez l'humilité d'esprit, unie à la prudence, je ne doute pas que vos travaux ne vous procurent des fruits abondants et que vous ne deveniez un prédicateur accompli. En effet, l'humilitélet la prudence sont les mères et les maîtresses d'une infinité de grandes œuvres. Vous visiterez souvent les hôpitaux et les prisons. Ces devoirs de l'humilité chrétienne sont agréables à Dieu et salutaires pour autrui , et elles procurent une singulière considération et autorité dans l'esprit du peuple, même aux personnes qui n'ont ni l'occasion ni la faculté de prêcher. Vous vous appliquerez à vous concilier l'amitié du gouverneur, du vicaire de l'évêque, des prêtres, des Confrères de la Misé- , ricorde, des magistrats royaux et de tous les habitants , et I rbùs conserverez cette amitié par tous vos efforts. C'est d'un immense intérêt, afin de diriger dans la voie droite les esprits des hommes , tant par les prédications que par le ministère de la confession et les entretiens familiers. Pour conserver et multiplier ce nouveau troupeau de chrétiens, je désire que vous réclamiez l'initiative et l'appui du gouverneur, du coadjuteur et des Confrères de la Miséricorde. Vous aurez soin de même, si grands que soient les fruits de piété qui seront résultés de vos efforts, de les leur rapporter entièrement. Par là même, ils vous seconderont davantage, ils seront plus éloignés de s' opposer àvostravaux. Ainsi encore vous trouverez dans vos épreuves et dans vos luttes des amis et des protecteurs plus nombreux , et un nombre moindre d'adversaires, si ce n'est aucun. En effet, qui osera s'attaquer à vous lorsqu'on vous saura couvert de la protection de ces personnes ? Que si vous avez l'occasion d'écrire au roi de Portugal touchant la propagation de la religion chrétienne, vous lui ferez une mention pleine d'estime et de reconnaissance des favorables dispositions