‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 588 sur 759 · LIVRE VII. — LETTRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — LETTRE ONZIÈME

Au P. Gaspard Barzée, de la Compagnie de Jésus.

Vous me demandez, mon cher Gaspard, et parce que prdinairement je suis infini dans l'éloge de l'humilité, et parce que vous-même comprenez combien cette vertu a de prix et d'importiance, de vouloir bien vous tracer une règle pour la pratiquer avec fruit. En yérité, je m'arrête avec joie en un pareil sujet, à cause de tout l'intérêt que je vous porte, comme aussi dans ma crainte souvent inquiète et scrupuleuse, comme est tout amour, que les murmures flatteurs qui parviennent à vos oreilles de prédicateur, ne vous conduisent, par le sentiment du plaisir que vous inspirez à tous, à un commencement de bonne opinion de vous-même. Je vais rassembler ici les pensées qui me sont venues et qui seront capables, vous servant pour ainsi dire de préservatif, de prévenir l'invasion du venin mortel de l'orgueil , qui s'insinue avec douceur et subtilement , par la faveur populaire et parmi les applaudissements, dans les âmes qui ne sont pas sur leurs gardes. -^ ;i?^?- s^pv

Avant toutes choses, appliquez toutes les forces de vôtre . esprit à recueillir dans le succès même qu'obtiennent vos prédications au peuple, des occasions de vous humilier .s toujours de plus en plus : comprenez clairement en eflFet et proclamez hautement qu'il n'y a là rien du vôtre, et rapportez avec une fidélité parfaite à Dieu , qui seul en est l'autem", la gloire de vos facultés tout entières^ et du fruit qui en provient pour votre auditoire. Ne manquez pas aussi de reconnaître que vous êtes redevable à l'assenq^^,. blée même de tout le fruit produit parmi elle : car vous '^^ pouvez et vous devez croire que Dieu Notre-Seigneur, touché de la dévotion de ce bon peuple, qui est altéré d'entendre et de retenir les vérités de la religion et du salut, voug

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