‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 590 sur 759 · LIVRE VIL — LETTRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — LETTRE ONZIÈME

prudence, de négligence, que dis-je, d'ingratitude envers Dieu qui vous Ta départi, envers le peuple pour l'utilité duquel il vous a été conféré; enfin, envers votre mère la*:' Compagnie de Jésus, dont les prières ont obtenu de la di- i vine Miséricorde les faibles succès qui accompapsent vos |, travaux.

Il ne vous sera pas non plus inutile de comparer ces fruits , quels qu'ils puissent être , avec les fruits , infiniment plus abondants, qui seraient recueillis, si vos imperfections n'y niettaient obstacle : vous devez donc prier avec la ferveur la plus vive, afin d'obtenir de Dieu qu'il lîaigne éclairer votre âme de sa céleste lumière; illuminé par ceè clartés intérieures, vous pourrez découvrir avec-*, une entière évidence les obstacles infinis que vos défauts |& et vos manquements journaliers opposent à l'opération de la divine bonté sur vous-même, lorsqu'elle est absolument empêchée d'accomplir ses desseins, à cause de l'imperfection et des vices de l'instrument qu'elle emploie : elle s'abstient de se manifester avec plus d'éclat et de réaliser les œuvres considérables qu'elle avait médité de réaliser par vous, pour sa gloire et pour le salut des hommes : et je ne désire pas moins que vous conceviez ces sentiments au fond de votre âme et que vous les offriez à Dieu qui visite les cœurs, que de vous voir les exprimer sans cesse dans vos discours au milieu des hommes. Ce seront des aiguillons salutaires pour vous faire éviter la vaine gloire ; et pénétré par leur pointe acérée, rappelé sans cesse à l'attention sur vous-même, loin de laisser s'évanouir vos forces dans une lâche sécurité, vous serez toujours vigilant sur vous-même, et plein de ;^èle à vous observer, demeurant toujours en garde contre les fautes d'imprudence, contre les , chutes téméraires et imprévues, craignant, dans vos actions publiques et dans votre conduite privée, de jamais scandafiser le prochain ; en effet, il est juste que vous envisagiez toujours le prochain avec reconnaissance et respect, comme l'occasion de la grâce que Dieu vous a départie.

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