‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 592 sur 759 · LIVRE. VII. — LETTRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE. VII. — LETTRE ONZIÈME

seu]. Pour avoir avidement cherché les fumées de la faveur du monde et les vains applaudissements ; pour s'être infatués des louanges humaines ; pour s'être enflés d'une opinion excessive d'eux-mêmes, et s'être élevés à des hauteurs impies, ils ont attiré les foudres que le Ciel dirige contre les superbes.

Qu'à cette vue l'on conçoive une terreur salutaire et que l'on se recueille dans l'humilité ; que chacun s'examine et repasse en lui-même, avec une attention profonde, ses intentions et ses désirs. S'il établit un compte exact du doit et de l'avoir, il reconnaîtra qu'il n'a point sujet de se glorifier, qu'il a lieu de tout craindre et de s'humilier infiniment; car, en tout le ministère du salut humain, si grands qu'aient été les succès , qu'y a-t-il en réalité dont nous ayons le droit de nous applaudir et de nous faire honneur? Rien n'est du nôtre, hormis les erreurs, les infidélités, les imprudences sans nombre, par lesquelles nous avons altéré l'œuvre salutaire heureusement commencée dans plusieurs. C'est là notre avoir, et les conversions des hommes sont l'œuvre de Dieu, qui se plait à faire paraître sa miséricorde, avec d'autant plus d'éclat qu'il s'est servi d'instruments plus indignes; c'est-à-dire, de nous, les plus vils et les plus misérables ministres par lesquels sa gloire se puisse manifester aux hommes.

Prenez garde, enfin, de ne jamais concevoir la pensée de vous comparer à d'autres Confrères en apparence moins favorisés par le succès, et de les mépriser, au regard de vous, comme des individus obscurs et inutiles pour les grandes œuvres. Répondez plutôt à cette pensée par cette autre, dont vous vous pénétrerez, que l'infimité, que l'obscurité des Confrères occupés dans la maison aux offices les plus humbles, sont l'origine de vos succès. Vos Frères, qui sont si humbles, et qui, pour l'amour de Dieu, se livrent à des offices très-inférieurs, vous obtiennent de Celui qu'ils servent avec amour le génie et les facultés qui vous font briller, et vous leur êtes bien plus redevable qu'ils

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