LIVRE VII. — LETTRE QUINZIÈME
Souvent il me vient en pensée que des Pères belges ou allemands sont ceux qui conviennent principalement à la mission du Japon : ils sont endurcis au froid et à la fati-^ gue; et dans l'Italie et l'Espagne, leur ignorance de la langue les rend inutiles pour la prédication. Sans doute ils auraient besoin, en vue de leurs rapports avec nos Confrères qui sont au Japon, de n'être point absolument étrangers aux langues espagnole et portugaise, mais ils pourraient acquérir une connaissance suffisante de ces deux langues dans le voyage des Indes et du Japon, qui exige deux années au moins.
Il est essentiel aussi de vous faire connaître que l'on désire ici la venue de quelqu'un des anciens de la Compagnie, profondément initié dans notre Institut, qui y prenne un souverain intérêt, et qui ait vécu longtemps auprès de vous dans un commerce intime. Un tel homme est indispensable à cette heure à cette maison de Goa et aux membres de la Compagnie disséminés en des lieux si divers, afin, comme il est naturel, de les rendre conformes aux lois et aux constitutions de notre Institut. 11 n'est point nécessaire que ce soit un prédicateur; lors même qu'il ne posséderait point le talent de la chaire , il pourrait nous être très-utile et nous faire faire des progrès immenses. ,. <
Je VQus prie et je vous conjure, au nom de J.-C, de nommer recteur de ce collège un sujet de votre choix : ne fût-il point doué d'une science profonde, s'il est choisi par votre sagesse, il sera tel assurément que cette maison l'exige. Les Pères et les Frères qui habitent ces contrées désirent infiniment qu'il leur vienne de Rome UQ supérieur de ce caractère et qui ait demeuré longtemps et d'une manière intime avec vous. Et si ce Père apporte avec lui des Indulgences annuelles pour une Octave entière, afin d'inviter les fidèles à s'approcher à de certaines fêtes des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie , il am-a procuré au peuple une satisfaction
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