LIVRE VIL — LETTRE OUINZIEME
très-vive et servi très-utilement les intérêts de la religion^ Je ne saurais vous dire tous les fruits de salut que le Jubilé dont vous nous avez fait part (1) a produit pour ce peuple. Je vous prie de nous adresser de semblables Iii- . dulgences, exprimées dans un rescrit du souverain pontife, . et scellées, en forme authentique, avec le scel pendant : il ; existe ici des personnes qui seraient disposées à révoquer ^ en doute les grâces du souverain pontife , s'il y manquait quelqu'une des formalités de la chancellerie. On a même essayé de dénier le caractère authentique au Jubilé que vous nous avez adressé , en alléguant qu'il n'était pas vérifié et approuvé par ordre du souverain pontife : néanmoins, avec la grâce de Dieu, ce précieux Jubilé a joui de tout l'efifet et de toute l'autorité désirables.
Il est essentiel pour le bien de la religion que les prêtres de la Compagnie qui viendront en ces contrées soient éprouvés à l'avance. Ici surtout des prêtres parfaitement éprouvés nous sont nécessaires. J'ai averti par lettres le P. Simon, et, s'il est absent, le recteur du collège de Goïmbre, de ne point nous envoyer de ces Pères qui, dans le Portugal , ne rendent aucuns services : les mêmes ne seraient point ici d'un plus grand avantage. Surtout il me paraîtrait éminemment utile que vous prissiez cette décision, qu'aucun prêtre de la Compagnie ne devrait se rendre aux Indes avant d'avoir fait le voyage de Rome, comme le font les pèlerins, et d'avoir été éprouvé par le supérieur général. ^
Enfin il me serait singulièrement agréable qiie vous dai- , gnassiez recommander à l'une des personnes qui habitent votre maison de me donner des nouvelles de tous les
(1) Nous ne possédons pfôirit la lettre de S. Ignace à S. François Xavier touchant le Jubilé; mais il nous reste celle adressée à Simon Rodriguez, en sa qualité de Provincial pour le Portugal et pour ses domaines d'outremer en deçà des Indes. Comme la substance et même les expressions des ' deux lettres devaient être presque identiques, nous donnons dans l'Appen- 'M dice la lettre au P. Rodriguez (en date du 7 juillet 1 560).