‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 610 sur 759 · LIVRE VIL — LETtRE omNZtËME · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — LETtRE omNZtËME

Pères qui sont venus de Paris à Rome (1) avec vous, et de tous les autres Pères », de me faire connaître ies progrès de la Compagnie, le nombre des collèges et des maisons, celui des Pères profès, les personnages de mar(|lie admis dans la Compagnie, les sujets éminents par lia science et par l'érudition dont ses rangs se sont enrichis ; qu'il nous tienne au courant de tout avec les détails les plus étendus.

Une lettre de ce genre adoucira pour nous, par une consolation profonde, les Immenses labeurs que nous supportons, sur la terre et sur la mer, au J^pon et dans la Chine.

Que Dieu nous réunisse dans la félicité des Saints, iet si c'est l'intérêt de sa gloiï^e, dès cette vie même. Si cette réunion m'est commandée, la vertu de l'Obéissance aplanira les obstacles. Tout le monde s'accorde à mé dire que de l'empire de la Chine on peut aisément se rendre par terre à Jérusalem (2) ; s'il m'est évident qu'il en soit ainsi, je

(1) T)n sera ÎMeh aise de connaître ici quelle était , au moment où notre Saint écHTait ces lignes, !a fonction présente des premiers religieux de la Compagnie de Jésus.

Jean Codure était mort en 1541, et Pierre Lefevre en 1546.

Le P. Ignace, à Rome, gouvernait les affaires de la Compagnie.

Jacques Lainez, qui arrivait de Trente, où les séances du concile venaient d'être suspendues, était nommé Provincial d'Italie. * ; ?

Alphonse Salmeron , également revenu de Trente, travaillait à Rome ou à Nàples. ...^

Nicolas Bobadilla fondait le collège de cette dernière ville.

Simon Rodriguez, Provincial de Portugal, allait être remplacé par Jacques Miron, et se voir chargé de la proviaee d'Aragon.

Claude Lejay, après d'admirables travaux dans toute l'Allemagne, devait mourir à Vienne en cette année même 1552.

Pasquier Brouet était Provincial de France. ", •

Les merveilleux progrès qu'avait faits l'Institut à cette époque, ses mis- ' sions en Europe et dans les pays infidèles, ses fondations déjà si nombreuses appartiennent à l'histoire.

(2) Marco Polo, Rubruquis, Plan-Carpin et d'autres voyageurs avaient, à différentes époques , traversé toute l'Asie dans leurs ambassades et dans leurs voyages de commerce. Leurs récits, véridiques en général, n'avaient point encore, aux yeux de l'Europe, le degré de certitude que leur a donné l'expérience des voyageurs modernes. Notre Saint qui , sans doute, avait

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LtTRE Vn.— LETTRE SEIZIÈME.

vous ferai connaître le nombre de lieues qui sépare les deux contrées et combien de mois exige le voyage.

De Goa le 9 avril 1551 ^ ^

Le dernier de vos fils et ie plus éloigné de voti'e présence. ;;.. ■ ::; .' ' V•?v'^'.^ . - ' ■

PàANÇOÏS BE XilVIER.

LETTRE XVL

An p. JSlm«n n«rfHgnec, en P«ftn«al.

Que là grâce, etc.

Mathieu et Bernard (1), deux Japonais, qui m'ont accompagné dans les Inéês, l'ont Mt dans le dessein de se rendre en Portugal et en Italie, afin de contempler à Rome mèttlfe la religion chrétienne dans toute sa majesté, de s'en bifen pénétrer et de pouvoir, étant revenus dans leur patrie, raconter à leurs concitoyens ce qu'ils auront vu et conservé dans leur mémoire. Je vous les recommande aussi vivement qu'aucune personne au monde. Prenez soin qu'ils reviennent dans ces contrées entièrement satisfaits dans leurs désirs-, car leur témoignage doit nous concilier, ainsi qu'aii nom chrétien, une grande autorité.

connaissance de leurs livrés, recneftaît', dàfil les contrées visUées par ces Toyagçurs, des traditions nombreuses de leur passage, et s'ételairait du témoignage des marchands qui avaient eux-mêmes parcouru l'Asief sè^

(1) Bernard, Japonais d'une humble condition, était le premier dé s*a nation qui eût reçu le baptême. Il avait toiit quitté pour s'attacher au iSaiiil, et l'avait suivi dans le voyage de Méaco.

Mathieu, autre néophyte japonais, fut associé par le Saint à la mission de Bernard en Europe.

Mathieu mourut en arrivant à Goa.

Bernard parvint à Rome , où il rendit au souverain pontife et à saint Ignace le compte le plus étendu des affaires des Indes. Plus tard, il se retira dans le collège de Coïmbre où il prit l'habit de la Compagnie : il y mourut saintement vers 1568.

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