‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 616 sur 759 · LIVRE ML — LETTRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ML — LETTRE DIX-SEPTIÈME

Qu'il envoie avec ces Pères un recteur pour cette résidence et pour ce collège, un homme éprouvé, et confirmé dans la vertu, qui connaisse parfaitement nos règles et notre Institut ; car des prêtres de ce caractère me paraissent devoir être d'une grande utilité aux Indes, au Japon et en Chine ; et ces contrées exigent des sujets en état de livrer de grands et nombreux'^combats.

Ils doivent être d'une vertu solide et posséder une science religieuse assez profonde pour répondre à toutes les difficultés qui leur seront proposées par les esprits du jiionde les plus subtils, c'est-à-dire par les Japonais et les Chinois.

Afin de faire mieux apprécier les difficultés que ces contrées présentent, j'ai cru devoir envoyer un Frère qui a toute ma confiance, en Portugal au P. Simon, et à Rome au P. Ignace, avec des lettres de ma part.

Je vous demande enfin, seigneur, au nom de la gloire de Notre-Seigneur J.-C. , et du salut des âmes, de daigner écrire au P. Ignace, pour solliciter son zèle déjà si ardent, afin qu'il satisfasse avec surabondance et dès cette heure aux intérêts de la gloire divine, et à ceux de votre piété, et qu'il nous envoie six au moins des hommes que je désire, ainsi que le recteur dont je vous ai tracé le caractère. J'ai l'assurance que leur venue sera très-efficace pour la gloire de Dieu et pour le salut de ces peuples.

J'ai mis, seigneur, une telle confiance en votre générosité, que je ne doute point qu'à tous vos bienfaits si éminents à mon égard, vous n'ajoutiez ce dernier, qui en sera comme le comble et le couronnement.

Goa, 10 avril 1552.

De votre majesté l'inutile serviteur.

François.

Il m

Stî

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LETTRE XVIII

Au P. Gyprlano, de la Compagnie de Jésus •, et, JWéllapour-

Vous avez bien mal entendu les avis, qu'étant à Méliapour je vous avais prescrit d'observer, et vous faites clairement paraître combien peu d'impression vous ont fait les entretiens de notre saint P. Ignace. Je désapprouve grandement les formes litigieuses et le ministère officiel des gens de loi que vous avez introduits dans vos rapports avec le coadjuteur : vous vous laissez aller toujours à l'impétuosité naturelle de votre caractère. Ce que la main droite a édifié, la gauche le ruine. Soyez-en convaincu, je suis profondément offensé des actes déplacés et inconvenants que je découvre que vous avez commis en la place où vous êtes. Si le coadjuteur agit autremerft qu'il ne doit, il ne se réformera pas sans doute par l'effet de vos observations, si surtout elles lui sont présentées avec témérité, ainsi que vous l'avez fait. Vous avez pris une si longue habitude de suivre en toutes choses votre volonté propre, que, partout où vous résidez, vous offensez tout le monde, et que vous donnez à tous ceux qui ont des rapports avec vous des preuves évidentes de votre naturel intraitable et rempli d'âpreté. Dieu permettra, j'espère, que vous conceviez un sérieux repentir de tant d'actions inconsidérées.

Par votre amour envers Dieu Notre-Seigneur, je vous prie et je vous conjure de maîtriser cet esprit réfractaire et passionné, et de réparer les fautes que vous avez commises jusqu'à ce jour, par une conduite parfaite à l'avenir : ne vous faites point l'illusion d'attribuer ces mouvements téméraires à l'âpreté de votre nature. La nature n'en est point l'auteur ; ils proviennent de votre néghgence extrême, et d'un oubh condamnable de la loi qui vous a fait redevable envers Dieu, comme envers votre conscience, comme

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