‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 623 sur 759 · LIVRE VII. —LETTRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VII. —LETTRE DIX-NEUVIÈME

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ces désirs de séparation. Vous devez demeurer fermes et leur conseiller de rester avec leurs maris : ces ardeurs pour la vie ascétique sont molles dans le fond et s'évanouissent bientôt, chez un sexe inconstant, qui plus tard condamnerait et son dessein et votre conseil. Admettez encore la constance dans les femmes; en ce cas même , le danger pour le mari, et, ce qui est inévitable en des cas pareils, le scandale public, sont des maux trop sérieux pour laisser prévaloir sur eux un avantage de dévotion pour une âme isolée, ambitieuse de posséder au sein du mariage tous lesj avantages de l'état de veuve. Enfin dans ces sortes d'affaires évitez soigneusement de blâmer le mari devant des tiers, lors même qu'il serait évident qu'il est seul à blâmer. Voyez-le dans le particulier, et exhortez-le charitablement à faire une confession générale : à l'occasion de cet acte, et d'après ses aveux mêmes, faites-lui dés représentations, mais avec amitié et de manière à lui faire comprendre que vous êtes affligé, dans son propre intérêt , du préjudice qu'il s'est fait à lui-même par sa propre faute, plutôt que vous n'êtes sensible aux accusations de sa femme irritée contre lui ; considérez en effet que vous devez éviter sur toutes choses de laisser apercevoir ou soupçonner au mari, que vous êtes plutôt en faveur de la femme et que vous entrez plus vivement dans les intérêts de celle-ci : une telle opinion serait décisive contre vous et ferait évanouir toute espérance de succès. Ainsi donc, quelle que soit la faute du mari, que jamais il n'en soit question entre vous et lui; lorsque vous l'aurez amené à vous en faire l'aveu de lui-même, vous pourrez, sans le blesser, condamner ce dont il s'accuse lui-même. Mais même alors il faut que votre jugement soit exempt de toute amertume. Censurez donc ce que le coupable confesse de lui-même avec repentir , afin de lui faire voir que vous entrez dans ses regi^ets, bien plutôt que vous n'êtes son juge irrité.

Que le tendre intérêt , que la charité que vous portez au pécheur se révèle en vos paroles et sur votre visage : tous

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