‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 627 sur 759 · LIVRE Vil. — LETTRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE Vil. — LETTRE DIX-NEUVIÈME

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l'euvie, et par une malice toujours mclinée vers de mauvais jugements , qui saura saisir avec empressement toute occasion de mal penser de nous et d'en mal parler. Souvenez-vous que nous sommes tentés par notre propre instinct, et par les séductions du mauvais Esprit, notre adversaire infatigable et qui veille toujours : et demeurez convaincus, que de toutes les chutes causées par l'imprudence, la plus funeste est celle où le mal présent s'accroît, comme par l'effet d'une semence , de ce qui est à réparer dans l'avenir. Emportés, à ce qu'il nous parait, par le zèle le plus pur de la gloire divine, par notre intention uniquement dirigée vers le bien, nous courons à notre ruine, sans tenir aucun compte de nos actes ou de nos paroles, pourvu que nous fassions avancer l'œuvre de la religion; et nous commettons des actes, nous proférons des paroles, dont nous éprouverons plus tard de la confusion et du regret, sous l'impression cuisante des maux immenses qui en seront résultés : ce qui devait être pour nous l'objet de prévisions circonspectes , de précautions scrupuleuses , étant réalisé témérairement, nous produit de longs fruits d'un repentir inutile et tardif.

Appréhendez surtout de vous abandonner à cette colère que fait naître, en mille occasions, la vue de tant de crimes, et qui entraîne et perd ceux qui se livrent à leur zèle, si dans cette pente ils ne posent un pas après l'autre, s'ils ne captivent leur langue, qui laisserait échapper des paroles amères , par le frein d'une modération pleine de douceur : sans cette modération, toute la vivacité des reproches s'exhalerait en une ardeur stérile. A-t-on jamais vu personne qui soit devenu meilleur par les discours agités d'un censeur plein de courroux? N'adressez jamais de reproches à ceux qu'il est nécessaire de corriger avec un calme parfait; qu'aucune irritation ne paraisse, dans les discours que vous avez médités pour la guérison de gens qui n'ont eux-mêmes failli que par un mouvement déréglé. Autrement vous donneriez l'exemple du mal plutôt que son

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