‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 660 sur 759 · LIVRE Vif. —LETTRE VINGT- DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE Vif. —LETTRE VINGT- DEUXIÈME

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devoir si urgent et si légitime. Afin d'y parvenir, vous n'entreprendrez point de nouveaux édifices, vous n'achèverez même pas ceux qui sont commencés. Il est bien vrai, notre demeure est étroite; mais le plus essentiel doit passer avant tout le reste. Les dettes payées, vous pourrez successivement faire monter vos ouvrages et les conduire à leur faîte.

Mais surtout considérez que vous devez prendre un soin infiniment moindre des édifices qui s'élèvent avec la pierre et le ciment que des temples spirituels de Dieu : ces temples sont vos Confrères et les élèves confiés à votre fidélité, que vous devez nourrir, conserver et, surtout, diriger et faire avancer dans la vertu; c'est là le souverain devoir commis à votre zèle. Je n'ignore pas qu'il est des constructions que l'on ne peut différer, comme les clôtures du jardin de la maison, et les réparations aux entrées de votre demeure, s'il existe d'autres ouvertures que l'entrée principale ; car la fermeture des maisons religieuses par une enceinte solide et infranchissable intéresse à ce point la discipline et la bonne renommée de ces maisons, qu'on ne saurait différer légitimement les travaux qui s'y rapportent; et l'on doit, en effet, les accomplir immédiatement et sans considérer la dépense.

Ensuite, j'ai besoin de vous prémunir contre la tendresse de votre âme et la pudeur des refus. Vous pourrez en effet vous croire comme engagé, lorsque vous verrez, et ce sera souvent, des indigents étrangers venir en foule vous solliciter, et vous demander de les assister sur les fonds du collège ; ou bien ce seront encore des fermiers des revenus qui demanderont qu'on leur fasse remise d'une partie deiieurs payements, alléguant mille prétextes, et faisant valoir leur pénurie domestique : un grand nombre viendront aussi verser dans votre oreille, qui leur est ouverte pour la confession, les récits de leurs nécessités de famille, de la faim, qu'ils éprouvent eux et les leurs, et vous conjureront de pourvoir à ce qui leur

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