LIVRE VIT. — LETTRE ViNGT-DEUXIÈME
manque. J'entre aussi dans leur peine ; mais je vous défends de vous y laisser attendrir au delà de la raison et de ce qij^e Dieu permet. Faire une largesse avec le bien d'autnSy^ If est un larcin : or, afin que vous puissiez , lorsque vous entendrez de pareilles demandes , rejeter sur moimême toute la responsabilité et la rigueur du refus, je vous lie dès à présent les mains, et je vous commande en termes précis, en vertu de mon autorité, de dire à tous ces solliciteurs que cette maison se trouve surchargée de dettes et qu'à peine elle a de quoi subvenir à l'aliment quotidien des Confrères et des élèves du séminaire. Cependant la maison a de plus une infinité d'autres charges : elle doit soutenir les Pères qui annoncent au loin l'Évangile; elle doit subvenir au service de l'hôpital public, ainsi qu'à mille autres œuvres ; pour ces causes je vous ai prescrit en termes formels et par obéissance, — et vous ne pouvez transgresser mon ordre sans offenser Dieu, — de nerièij accorder à personne sur les revenus du collège , parce que tout ce qui serait ainsi détourné ferait défaut aux nécessités de notre maison, auxquelles ne peut suffire l'intégralité des produits annuels.
Au surplus évitez singulièrement les pénitents de ce caractère, qui, dans le sacrement;de la Pénitence, recherchent leur avantage temporel et l'aliment de leur corps plutôt que le remède spirituel. Je vous conseille de vous en défaire en peu de paroles très -précises : ces personnes sont plus sensibles aux plaies de la fortune qu'à celles de la conscience, et leur philosophie est toute de la terre : livrées tout entières à l'espoir d'obtenir quelques fonds, elles deviennent sourdes à vos paroles , si vous les entretenez de leur avancement spirituel. Vous-même enfin , si vous ne les éloignez de vous, vous en serez distrait, et détourné des pensées du ciel.
Un grand nombre de chefs de famille portugais demandent que des terres du collège leur soient données à ferme. Est-ce dans l'intérêt du collège ? J'en doute, et j'appréhende,