‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 668 sur 759 · LIVRE VIL — LETTRE VINGT-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — LETTRE VINGT-TROISIÈME

moindre nombre de sujets énergiques, et doués d'éminentes facultés spirituelles et corporelles, lui valent une armée. Appliquez-vous à la moins surcharger d'un nombre inutile qu'à lui procurer un renfort d'élite et d'une réelle' valeur. Exercez continuellement les nouveaux admis dans une profonde abnégation d'eux-mêmes et dans la mortification intime de leurs penchants corrompus ; appliquezles aussi aux offices de l'humilité dans l'extérieur, à mendier de porte en porte en faveur des pauvres, à servir les malades dans l'hôpital public, et à toutes les œuvres de ce genre qui sont bien appréciées en général; mais n'allez jamais, c'est mon opinion, leur commander de se donner en spectacle à la multitude, par des actes ou par un costume qui leur donneraient une apparence de folie : souvent il arrive que ces effets extraordinaires occasionnent dans les spectateurs une surprise voisine du scandale, et, dans ceux-là même qui se sont proposés au mépris du monde, un chatouillement intérieur d'orgueil, comme s'ils avaient accompli quelque œuvre héroïque. Prenez soin plutôt de leur faire pratiquer des mortifications dont les bons effets soient connus : ainsi de confesser en présence de leurs Frères les fautes qu'ils ont commises dans le devoir qui leur était prescrit, et d'en accomplir la pénitence après l'avoir reçue. C'est ainsi que l'esprit s'humilie d'une manière salutaire et que le zèle se rend plus actif. Mais toutes ces industries ne doivent être employées que d'après la connaissance antérieure de la disposition et des forces des sujets ; car tous les moyens ne conviennent pas également à toutes les personnes : ce qui profite à l'une est pernicieux à l'autre, La prudence de celui qui dirige consiste donc à prescrire à chacun ce qui convient à sa nature.

Vous ne laisserez élever au sacerdoce aucun sujet de la Compagnie, s'il ne se recommande par une science profonde, et par une éminen te vertu, éprouvée durant plusieurs années. Ceux qui seraient ordonnés prêtres, sans que ces règles eussent été observées, ne satisferont jamais à l'Institut

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