LIVRE VII. -— LETTRE YINGT-TROISIÈME
de la Compagnie, ni à l'attente des hommes : et plût à Dieu que nous eussions vu mqins d'exemples des résultats déplorables de cette inobservation !
Vous devez vous appliquer à procurer l'avancement des étrangers ainsi que de nos Frères; mais avec un juste discernement, en vous souvenant toujours que vous acquittez une dette envers les personnes de la maison , et que vous faites jouir les étrangers d'une charité gratuite. Et l'ordre légitime nous fait un devoir de satisfaire premièrement à la justice, et seulement ensuite de nous prodiguer à autrui. Dieu vous rendra responsable de nos Frères qu'il vous a confiés. Les bienfaits que vous accordez à autrui sont un surcroît à votre devoir , et ne sont méritoires , en celui qui ne les répand, qu'après avoir satisfait avec plénitude à ce devoir nécessaire. On est criminel de négliger l'œuvre principale et d'épuiser son zèle en des œuvres accessoires, comme ferait un homme qui, dépravé dans son intérieur, se contenterait uniquement d'en imposer aux hommes par un extérieur de vertu, et qui amasserait ainsi les colères de Dieu sur sa tête ; tel serait encore celui qui dormirait en sa demeure, et qui dans le public se donnerait les apparences d'un héros , par une ambition insensée et funeste, et dont la ruine serait d'autant plus éclatante que son orgueil aurait été plus immense. Évitez donc cette erreur, et donnez vos soins, premièrement à ce qui est principal, et en second. lieu, à ce qui est secondaire.
A l'égard de la méthode pour assister le prochain, plus elle est générale, et plus elle est parfaite. Que les ministères les plus émineuts à vos yeux soient la prédication, l'enseignement public des éléments de la religion chrétienne, l'audition des pénitents dans le sacré tribunal.
Dans la Confession, examinez attentivement dans quels sentiments les personnes sont venues vous trouver; car il en est qui cherchent leur intérêt sous des apparences de piété; elles feignent de venir chercher des remèdes pour leur conscience, etellesonten vue les secours pour leur existence