LIVRE VH. — LÈÎTRE VÏNGT-QUATRIÈME
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matérielle. Dans ces personnes eh gênerai j'ai reconnu le sens le plus imparfait des misères spirituelles : vos paroles s'envolent avec les vents, si elles ont rapport à la culture de l'âme, et aux espérances de la vie future. Ce sont dé^ êtres appliqués à la terre et qui s'y fixent; car lèUr sagesse est toute de là terre. Éloignez-les sans différer, et ne concevez aucune inquiétude à l'égard de leurs plâiiïtes : n'espérez point de tous rencontrer jamais avec eux dans les mêmes voies; car vos efforts et vos tendances vont en des sens absolument contraires : ils sont du. monde, et vous appartenez à l'empire de J.-C. Un soldat de J.-G. ne doit-il pas rougir d'apprëiiender les murmures d'un profane vulgaire? Ne doit-il pas être insensible aux jugements de ceux qui préfèrent la terre au ciel? Pour vous, suivez Dieu qui a reçu vos serments, négligez les murmures des hoinmes qui sont dans l'autre camp. Je dirai plus : évitez avec soin que ces hommes n'imaginent découvrir en vous aucune frayeur de leurs propos hostiles ; que votre front élevé montre en son apparence que leurs éloges vou§ trouvent indifférent et que leurs critiques vous trouvent insensible. (Avril 1552).
I^RANÇois.
LETTRE XXiV.
Au F. Gaspiird Barzée, recteur du collège de Goa.
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Que la grâce, etc.
Depuis mon arrivée à Cochin, j'ai reçu beaucoup de lettres de Coulan et du cap Comorin ; toutes ces lettres rae font part des misères excessives auxquelles sont en proie ceux de nos Confrères ^i servent la religion dans ces contrées, par la pénurie de tous seCourà borporëls et spîritiieTs.
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LltiiÈ VII. — LETTRE VINGT-QUATRIÈME.
On stiihonce du cap Comorin la mort du P. Paul (1), homme fl%rië grahde perfection dans la vertu. Il n'est demeuré dans èêtte place qiië le P. Henri Heririquez, et dans toute la contrée, il n'existe aucun autre prêtre de notre Compagnie. Aiissi dëtnaride-t-il avec instance qu'on lui envoie un compagnon, qui puisse le seconder dans l'administration dèâ sacrements; car il he petit y suffire seul, en raison du fiombre des chrétieiis et dé l'ititeivallé dés distances. Considérez si vous pouvez détacher d'où vous êtes le P. Antonio taz (2) et avec lui lé F. Antonio Diaz (3), qu'après la fin de l'hiver vous dirigeriez vers la côte de Comorin , où l'on éprouve une si grande pénurie d'ouvriers et de si graves misères. Si Antonio Vaz vous paraît peu convenir à cette iiiission , ou s'il rend plus de services en l'endroit où il est, arrêtez votre pensée sur François Lopez, que j'ai récemment envoyé à Baçàîm. En vérité, dans mon opinion présente , je serais très-satisfait de savoir l'un de ces deux Confrères envoyé au cap Comorin, avec Antonio Diaz, ou un autre coadjuteur d'une vertu parfaitement éprouvée , que vous pourriez avec sécurité donner pour compagnon
(1) Le p. Paul Valiez, après avoir souffert de la part des Badages les épreuves les plus cruelles, après être tombé presque mort sous leurs coups, après avoir langui dans la captivité, ne recevant d'aliments que ce qui devaitTempéchèr d'expirer, fut pris d'une fièvre lente, et mourut d'épuisement le 4 mars 1552, à Punicale, sur la côte de la Pêcherie.
(2) Antonio Vaz était d'une famille de clirétiens indigènes. Lorsqu'il était novice, il s'était vu tenté de quitter la Compagnie et de rentrer dans le siècle. Les lumières divines, si éminentes en notre Saint , lui avaient découvert la pensée de Vaz, et l'avaient fait le retenir sur la pente où ce jeune homme allait succomber.
Vaz demeura pendant plusieurs années un modèle des vertus religieuses; mais en 1557, sa nature inquiète et ambitieuse reprit le dessus, et dans les fonctions de supérieur de Ternate, il compromit la paix de la mission. Le P. Castro se vit obligé de le retrancher de la Compagnie.
Plus tard son repentir le fit recevoir de nouveau : il vécut jusqu'à la fin dans les sentiments de l'humilité la plus profonde, et paraît avoir été l'un des témoins au procès delà canonisation du Saint. Le P.Antonio Vaz mourut seulement en 1589.
(3) Nous n'avons l'ien trouvé sur le P. Antonio Diaz.
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LIVKE VH. — LETTRE VINGT-QUATRIÈME.
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au prêtre qui se readrait dans cette mission. Je vous prie, au nom de tout votre amour envers Dieu, d'employer en cette affaire votre zèle tout entier, car elle est d'un intérêt suprême. y
X Le P. Nicolas, à Coulan, est assiégé par de graves embarras, et se voit réduit à une extrême détresse, se trouvant au dépourvu pour faire vivre cinquante bouches, c'est-àdire les enfants indigènes de sa maison, et deux ou trois enfants portugais; souvent môme on lui envoie, pour être soignés dans leurs indispositions, les élèves de la côte de Comorin à qui il arrive de tomber malades : et ce collège de Coulan n'étant pourvu que ' d'une manière très-imparfaite en revenus annuels, le P. Nicolas croit pouvoir réclamer un secours actuel et immédiat sur les allocations royales attribuées anciennement au collège, et qui n'ont point été payées en leur temps ; en effet, ces sortes d'allocations, dans l'année où elles sont dues, sont rarement acquittées en "leur entier. Adressez-vous au vice-roi, et faites en sorte que, n'ayant point complètement reçu ce que le roi lui avait gracieusement attribué , Vaz puisse répéter à cette heure l'arriéré des payements échus, en un temps où ce lui serait si nécessaire. Et si le vice-roi le juge à propos, que ce seigneur fasse expédier un ordre royal au gouverneur de Coulan, pour faire immédiatement verser au collège cent pardams, qui serviront à sauver notre maison; car elle se voit menacée de tomber en ruines. Je vous conjure, pour l'amour de Dieu Notre-Seigneur, employez-vous d'une manière efficace, afin qu'à la première occasion après l'hiver, aussitôt que l'on pourra mettre à la voile, un prêtre delà Compagnies'embarque pour le Comorin, avecuncoadjuteur laïque, ainsi que je vous l'ai déjà recommandé, et qu'à leur passage à Coulan, ils reçoivent du gouverneur, en vertu de l'ordre royal dont ils seront porteurs, la somme de cent pardams pour la remettre au P. Nicolas.
Faites le relevé des sommes qui sont dues par le roi au collège de Goa, et occupez-vous auprès des ministres de
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