LIVRE VIII. —LETTRE DEUXIÈME
encore et a besoin de recevoir une dernière impulsion, pour terminer cette affaire indispensable. Je me suis convaincu que l'autorité et la considération dont jouit le seigneur évêque auront une grande valeur à ses yeux; et je ne doute point que si, aux nombreuses raisons que je lui ai présentées pour le décider, et à mes prières souvent réitérées, s'ajoute la souveraine influence d'un personnage aussi vénérable, il n'accomplisse, sans plus différer, ce que Dieu lui-même exige de lui. Je vous prie donc de traiter cette affaire avec le seigneur évoque, et d'en obtenir, ce qui sera facile, qu'il daigne écrire à Alvaro Gentile , pour l'exhorter sérieusement, et au besoin pour lui prescrire formellement, de s'acquitter sans retard de son devoir ancien, au point de vue de son honneur personnel, de son état dans le monde, et de la condition de ses enfants , en prenant pour épouse à la face de l'Église la mère desdits enfants. Je soupçonne qu'il existe encore une autre cause qui rend plus nécessaire l'invitation queje vous prie d'obtenir, de la part du seigneur évêque, vis-à-vis d'Alvaro Gentile. Cette opinion m'est venue par les réponses embarrassées d'Alvaro, touchant une affaire qui lui est si manifestement avantageuse : lui-même serait, je pense, très-désireux de conclure ce mariage ; mais il serait arrêté par le sentiment intérieur et par la conscience d'un empêchement canonique ignoré, comme nous savons qu'il en existe souvent en secret dans les affaires de mariage. Cependant si la chose existe, il ne s'en est point ouvert avec moi, et je n'ai fait que le soupçonner, d'après mon expérience en pareille matière : j'ai fait part de mes soupçons au seigneur évêque, afin que, prévenu par mon avis, il soit à même d'apporter un remède plus efficace à cette pauvre âme, en consentant à lever l'empêchement qui peut exister, en vertu de l'autorité qu'il possède, et à faire ainsi disparaître les derniers obstacles, et déterminer une conclusion nécessaire. Occupez-vous, je vous prie, avec tout le zèle de votre charité , de terminer cette affaire auprès du seigneur