LIVRE Vlir. — LETTRE SIXIÈME
An P. Me Gaspard Barzée.
Que la grâce, etc.
, Maître Gaspard, Antoine le Japonais, qui s'est embarqué poiiii le Japon avec Balthazar Gago et Pedro d'AIcaceva, va faire auprès d'eux l'office d'interprète jusqu'à leur arrivée à Amanguchi. Mes prières ont fait consentir Jean le Japonais à rendre le même service à celui de nos Pères, ou celui de nos Confrères non encore revêtu du sacerdoce, qui doit, l'année prochaine, être envoyé au Japon , et il l'accompagnera jusqu'à AmanguchL Je vous prie, au nom de Dieu, de procurer à ce bon néophyte , qui est dans un grand dénûment , la somme d'environ 30 pardams, à titre d'aumône, et d'en faire acheter à son choix, pour lui en faire présent, quelques marchandises entre celles qu'il saura devoir se vendre facilement et avantageusement au Japon. Ce petit fonds lui permettra pour l'avenir de vivre modestement dans son pays des fruits de son travail. J'ai dû lui faire espérer cet avantage , afin de le décider à retourner dans sa patrie , d'où l'extrême misère l'avait fait s'exiler. Mais pour lui inspirer plus de zèle, afin qu'il serve avec fidélité et dévouement celui de nos Confrères qui doit bientôt partir, j'estime nécessaire, qu'en outre de l'aumône dont je viens de parler, et que vous ferez en sorte d'obteMren sa faveur, soit de la Société de la Miséricorde, soit de (f&elque personne riche et adonnée aux bonnes œuvres, vous le receviez sous votre toit, vous le nourrissiez, et que vous l'attachiez étroitement à la Compagnie par une charité parfaite. Mes paroles vous feront, je l'espère, suffisamment apprécier combien ma demande est légitime et combien elle me tient à cœur : aussi je n'ajouterai rien à cette re-