‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 70 sur 759 · CHAPITRE NEUVIÈME. — FAIÎS POSTÉRIEURS. GSXiV · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. — FAIÎS POSTÉRIEURS. GSXiV

serviteur de Dieu^ notis ne pouvotts passer soos silence, lé fait du crucifix du château de Xavier. Ce crucifix en plâtre, de grandeur naturelle, exposé sur l'autel delà chapelle de famille, distillait, tous les vendredis, une grande abondance de sang, pendant la dernière année de l'apostolat du Saint : et le sang cessa de couler après sa mort. Dans le temps aussi où le Saint travaillait extraordinairemeut, ou qu'il était dans un grand péril, cette sueur de sang se répandait de tous côtés. Ce miracle fut attesté par l'évêque de Pampelune, après les informations les plus authentiques. Ainsi Notre-Seigneur avait voulu consacrer le berceau de son Apôtre par un signe sensible, et comme par une image de la Passion divine !

Le P. Marcel François Mastrillij de NapleSj qui fut prédestiné de Dieu pour la mission du Japon, où il mourut martyr, éprouva, dans l'année 1633, un accident mortel, auquel il ne survécut que par la protection de notre Saint. Dans les préparatifs d'une cérémonie, un ouvrier laissa tomber de 25 pieds de hauteur, sur la tête du jeune religieux, un marteau pesant plus de deux livres. Après 25 jours de douleurs, et lorsqu'il avait subi, sans effet, toutes les opérations de la chirurgie , Mastrilli paraissait au moment de mourir; mafe, l'Apôtre de l'Orient^ qui lui avait apparu dès le commencement de sa maladie, qui n'avait cessé de le visiter et de le consoler, et qui , au milieu de toutes les délices dont il avait pénétré son âme, lui avait fait entrevoir, comme terme de sa vocatiojiîJli'apostolat et le martyre, lui rendit soudainement la santé. ;" ""■ <■.--.■-■ :'■■■.■■'' ■ ' ,■ ■ "•■-■ ■■"••:'-

Dans une de ces visions saintes, Xavier lui avait inspiré de faife le vœu de se rendre aux Indes comme missionnaire, si ses supérieurs l'y autorisaient. Dans une apparition dernière, et lorsque MastrilU paraissait près de rendre l'âme , l'Apôtre lui rappela ce vœu, et lui commanda de réciter avec lui la formule des vœux de la Compagnie, en y ajoutant la promesse d'aller aux Indes. En même temps, Xavier lui apphqua sur la tête, à l'endroit même de sa blessure, un reliquaire contenant une parcelle de la vraie Croix et de ses propres reliques , et il lui commanda de réciter en latin cette prière ; « Je vous adore, ô Bois sacré. Croix précieuse, et vous, « mon divin Sauveur, qui l'avez teinte de votre sang : je me con- « sacre tout entier à vous, et pour toujours. Je vous supplie' hum- « blement de m'octroyer la grâce de répandre, pour votre saint « iNom, jusqu'à la dernière goutte de mon sang, grâce que

VIE DE SAINT FRANÇOIS-XAVIEB

« l'Apôtre des Indes n'a pu obtenir après tant de travaux. » Cette prière finie, le Saint lui fit encore prononcer les paroles suivantes : « Je renonce à mes parents, à la maison paternelle, à mes amis, à « l'Italie, et à tout ce qui pourrait apporter pour moi quelque relar- « dément à la Mission des Indes ; et je me consacre tout entier au « salut des âmes, en présence de saint François-Xavier, mon « Père (1) ; » il ajouta de lui-même ces deux derniers mots. Enfin, l'Apôtre lui dit d'avoir bon courage, et de renouveler tous les jours les promesses qu'il venait de faire.

Le Saint disparut alors, et Mastrilli se vit subitement guéri.

Ce miracle fut constaté par des procédures authentiques, et confirmé par la mission apostolique et par le martyre du P. Mastrilli. Ce vénérable religieux, après des supplices inouïs, eut la tête ti'anchée au Japon, en 1637.

C'est au P. Mastrilli que saint François-Xavier déclara qu'il intercéderait auprès de Dieu, en faveur de tous ceux qui imploreraient son assistance durant neuf jours de suite. Une personne affligée, ayant pratiqué cette neuvaine par les conseils du P. Mastrilli, en obtint un merveilleux succès. D'autres personnes employèrent le même moyen, et furent pareillement exaucées. Cette sainte pratique passa bientôt d'Italie en Espagne et en Portugal, en France, en Allemagne, et jusque dans le nouveau monde.

Une autre dévotion est celle des dix Vendredis ; elle consiste à donner à saint François-Xavier quelques pieux témoi^ages de confiance et de vénération, que l'on réitère dix vendredis consécutifs. On a choisi le vendredi, 1° parce qu'en ce jour est mort Jésus- Christ N.-S. , et que saint François-Xavier a toujours eu une tendre et ardente dévotion envers la Passion et la Mort de Jésus- Christ ; 2° parce que saint François-Xavier est mort un vendredi, environ à la même heure que Jésus-Christ expira sur la croix ; 3° parce que le crucifix du château de Xavier distilla miraculeusement du sang tous les vendredis, pendant la dernière année de la vie de cet homme miraculeux. On s'est fixé au nombre de dix vendredis , parce que c'a été pendant un pareil nombre d'années

(1) Abrenuntio Parentibus, propriae domui, Araicis, Italiœ, et omnibus quae mihi retardare possint Indicam Missionem, et me totum in animarum salutem apud Indics dico, coram sancto Francisco Xaverio, Pâtre meo.

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