‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 701 sur 759 · LIVRE VIII. — LETTRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LETTRE NEUVIÈME

gation un bâtiment de forme chinoise, du genre que l'on appelle jonques. J'incline à cette résolution, parce qu'à l'occasion de l'ambassade siamoise, j'entrevois un accès possible vers la Chine et Canton , d'où je pourrai vous écrire encore par Manoël de Chaves. Cette pensée me Tîéduit h ce point, que je penclierais presque pour le voyage de Siam : aussi vous prierai-je, si vous trouvez, en la place où vous êtes, une occasion favorable pour faire passer des lettres à Siam, de ne point hésiter à m'y écrire la résolution à laquelle vous vous serez arrêté depuis mon départ, et en quelle situation vos affaires sont à cette heure : si votre anibassade paraît devoir se réaliser enfin l'année prochaine; en ce cas, je vous attendrais à Comaï (1), ou dans quelque autre port du littoral cantonais. Que Dieu daigne le permettre! Avec quelle tendresse nous nous embrasserions encore, en nous retrouvant ensemble sur cette terre de Chine, objet de vœux si ardents de notre part! Si Dieu ne Fa point pour agréable, et si nous ne devons plus nous revoir en cette vie, que dans son infinie miséricorde il daigne au moins, ce souverain plein d'amour envers nous et envers l'univers tout entier, nous réunir un jour dans la gloire de son Paradis, où, dans une joie infinie, nous ne cesserons plus d'être ensemble. Adieu. De San-Chan, le 21 octobre 1552.

François de Villa nous rend sur le navire tous les services qui sont en son pouvoir. Je dois témoigner ici de sa profonde reconnaissance envers vous. Il confesse hautement que vous êtes l'auteur de son existence et de sa fortune , et qu'il doit à vos bienfaits le pain de sa famille. Il retournera vers vous dans la compagnie de Manoël de Chaves, et s'excusera d'être venu jusqu'ici sans en avoir

(1) C'était, selon toute apparence, l'ancrage deKe-moi, dans une petite île vis-à-vis d'Araoy, dépendant de la province du Fo-Kien. — On sait combien les différentes orthographes des anciens auteurs rendent difficile l'assiniilatlon des noms géographiques.

Page 1