‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 711 sur 759 · LIVRE VIII. — LETTRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LETTRE TREIZIÈME

nombre de cet empire immense; et, en vérité, comme les effets dérivent naturellement des causés, elle en sera redevable uniquement à la générosité d'un seul homme, Diogo de Pereira, qui , de sa propre fortune, a proèuié tous les fonds nécessaires pour mon voyage , c'est-à-dire pour les prémices d'une aussi grande œuvre.

Je vous prie de vous informer près de lui s'il a l'espoir de surmonter les obstacles apportés à son ambassade et s'il doit venir à Canton l'année prochaine. Autant je le désire, aussi peu je l'espère. Plaise à Dieu que notre peu d'espérance soit contredit par un résultat plus heureux que mes prévisions ! Que Dieu pardonne à celui qui est la cause d'un si grand malheur ! Je crains singulièrement qu'une terrible vengeance de ce Dieu qu'il a offensé ne l'atteigne avant peu de temps , et déjà , peut-être , il en va ressentir les premières atteintes. J'écris à Pereira luimême, afln que, s'il obtient un résultat favorable et différent de nos appréhensions, il consente, en faisant voile vers la Chine, à prendre en sa compagnie quelqu'un des nôtres, que le P. Barzée lui adressera de Goa, s'il est prévenu quelque temps à l'avance. Ainsi le lui ai-je recommandé dans une lettre. Si, ce qui me paraît le plus vraisemblable , Pereira , désespérant du succès de son ambassade, laisse de côté Malacca, et dirige son navire vers la Sonde , il ne sera plus nécessaire que le prêtre, notre Confrère, qui aurait fait avec lui le voyage de la Chine , se rende en mai de Goa à Malacca. C'est de quoi , selon que je vous l'ai dit, le P. Gaspard, recteur de Goa, doit être averti par vous-même en temps utile; et je désire également qu'avant votre départ de Malacca, vous soyez clairement informé des résolutions de Pereira.

J'ai exclu Ferreira de la Compagnie, à laquelle il ne convenait point : c'est pourquoi, lorsque vous serez arrivé à Cochin, et que vous y aurez pris l'administration du collège, je vous commande, en vertu de l'Obéissance, de ne point le recevoir dans votre maison. Vous pQurre?.S|iulemei]t

Page 1