‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 717 sur 759 · LIVRE VIII. — LETTRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LETTRE QUINZIÈME

employés et représentants qui m'assistent en toutes choses, et qui me rendent des services de toutes les heures. L'un d'entre eux, Thomas Scandelho, votre fondé de pouvoirs, me fournit avec tant de zèle et de générosité tout ce que je lui demande, qu'il fait bien paraître qu'il est dans la confidence et la participation de vos admirables sentiments à mon égard, ô mon ami, qui êtes toujours si empressé, si ambitieux, si amoureux, dirai-je, de'me donner sans cesse au delà de mes demandes, au delà même de mes besoins!

Que Dieu Notre-Seigneur, qui seul le peut, daigne vous récompenser; car, impuissant pour ra'acquitter envers vous, je suis contraint de demeurer votre débiteur pendant la durée entière de ma vie ; mais si je ne vous restitue jamais la somme et le principal de ma créance, je ne manquerai point au moins de vous en payer chaque jour l'indemnité et comme l'intérêt, dans la mesure de mes forces, pendant toute mon existence, en priant assidûment Dieu Notre-Seigneur de vous préserver de tout mal, et de ne point permettre que vous soyez jamais, en cette vie, privé de sa grâce ; et de vous conserver pur, et affermi dans votre conscience parmi les accidents divers de votre santé, et les chances défavorables de la fortune; toujours constant dans la foi, dans les devoirs de la sainte religion et dans la pratique du culte divin, afin que Dieu puisse un jour couronner vos mérites , et admettre votre âme dans la gloire de son Paradis.

Et ainsi que malgré tous mes efforts, je ne saurais y suffire, j'appelle pour me seconder et pour me servir d'auxiUaires, tous mes Frères, les Pères de la Compagnie de Jésus, qui servent la sainte Église dans les différentes contrées de l'Inde ; tous assurément l'auraient accompli d'euxmêmes ; néanmoins je les y ai, pour ainsi dù'e, excités par mon expresse recommandation ; afin que tous vous rendent, comme à un protecteur ëminent de notre Compagnie, tous les devoirs de la plus vive reconnaissance; et que, vous considérant comme la colonne de la religion

irtRE VIII.— LETTRE QUINZIÈME.

chrétienne en ces pays, et celui sur qui repose principalement l'espérance de voir annoncer la sainte loi de Jésus-Christ, Fils de Dieu, dans l'empire de la Chine, et de voir s'étendre sa gloire jusqu'aux extrémités de la terre, ils ne cessent de vous recommander ardemment à Dieu dans leurs oraisons et Saints-Sacrifices de chaque jour. Et en vérité, le Seigneur lui-même, juge souverain et infiniment clairvoyant de votre zèle si ardent pour son service, et si juste appréciateur de vos utiles efforts pour la dilatation de son royaume, ne saurait manquer, indépendamment des suffrages de ses serviteurs, d'environner vOûs-même et votre fortune de sa faveur et de sa protection constantes, et de procurer l'accomplissement de vos vœux et de vos désirs, qui tendent uniquement à cette fin si sainte, de seconder la prédication de l'Évangile, et d'appeler les âmes errantes à la foi de J.-C.

Si l'affaire de l'ambassade que le vice-roi des Indes vous a confiée, seigneur, auprès du souverain de la Chine, se termine enfin heureusement l'année prochaine, je vous prie de vous concerter avec François Ferez, à qui j'ai prescrit de faire voile pour Goa, afin qu'il obtienne du P. Gaspard Barzée, recteur du collège de Goa, un prêtre de notre Compagnie, que vous pourriez amener avec vous, seigneur, si vous vous embarquiez en effet. Je désire qu'on lui remette, pour les apporter avec lui, les ornements sacerdotaux d'un grand prix que nous avions , ainsi que vous le savez , préparés pour ce voyage. Je les ai , lorsque notre projet s'est trouvé rompu, laissés à Malacca, sous la garde de François Pérez : ce Père vous les remettra sur le vu de cette lettre, qui l'informe suffisamment de mes intentions. Le calice et le surplus de ces objets précieux que j'avais apportés avec moi, je vous les enverrai par Thomas Scandelho, afin que vous puissiez, si vous le jugez convenable, les remettre au Père qui vous accompagnera dans votre ambassade.

Je me rendrais , seigneur, avec vos gens à Malacca , si II. 27

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