LIVRE Vin.— LETTRE SEIZIÈME
faveur de Jésus-Christ, que je sais vous être acquise, et je m'attends à recevoir par vous des nouvelles très-certaines de ce que je désire le plus vivement pour votre âme. Que Dieu, Notre-Seigneur, s'il le juge utile pour les intérêts de son très-saint service, nous accorde de nous revoir dans l'empire de la Chine! Que si ses décrets sont différents, au moins il nous réunisse un jour dans l'heureux séjour du Paradis! Adieu.
San-Chan, 12 novembre 1552.
Votre serviteur et parfait ami du fond de l'âme.
François.
Au P. Gaspard Barzée^ recteur du collège de Goa.
J'ai écrit à François Pérez qu'il devait quitter immédiatement Malacca, et se rendre dans les Indes avec tous ses Confrères. Cette ville me paraît, à cette heure, indigne d'un si grand bien, après avoir été la cause d'un malheur immense, et avoir empêché, par l'effet de sa souveraine iniquité, notre voyage en Chine, et la dilatation de la gloire divine.
Je vous recommande encore d'accomplir le dernier de mes ordres avec un zèle et une obéissance extrêmes, c'està-dire de vous entendre avec le seigneur évêque, afin qu'il fasse prononcer solennellement, dans Malacca, les excommunications encourues par ceux qui ont mis obstacle à notre voyage. En effet, c'était en qualité de Nonce apostolique que je me rendais en Chine.
J'y tiens essentiellement par deux motifs : le premier est que je désire faire comprendre au gouverneur de Malacca la gravité du crime dont il s'est rendu coupable, et celle de la peine qu'il a encourue, afin qu'à l'avenir il