‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 728 sur 759 · Aux Pères de Coïmbre · texte numérisé non relu

Aux Pères de Coïmbre

Le P. Lefètre leur propose l'exemple des martyrs de l'Inde, et leur adresse

desl encouragements spirituels [Fragment).

Les martyrs de l'Inde parlent à nos âmes, et cette prédication nous excite à des œuvres plus hautes ; nos esprits si inférieurs se sentent humiliés et confondus : en effet, le temps ne nous a point manqué pour devenir parfaits, à nous en qui nulle perfection n'existe. Que Jésus-Christ nous embrase de la passion de ses honneurs et de ses opprobres, de ses richesses et de ses misères, de sa gloire et de sa croix ; enfin de tout ce qui constitue sa saiuCe, ravis-

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saille et parfaite volonté. Ainsi, mes très-chcrs Frères, soyez, en tout lieu et en tout temps, et demeurez toujours fermes dans la Foi, ingénieux dans l'amour, riches par l'espérance, prodigues par la charité fraternelle, faciles à pardonner et à souffiir vos imperfections mutuelles. Aimez Jésus sans condition, sans préoccupation de votre sentiment personnel : aimez-lc d'un tel amour, que Dieu soit pleinement satisfait, servi et glorifié, et que nous-mêmes nous soyons ses esclaves dans la joie comme dans l'amertume, selon le lieu, l'heure et la forme qui lui sont le plus agréables et qui sont dans l'ordre de son service. Ainsi par|é-je, afin de vous faire désirer, devons faire acquérir et posséder la paix, qui est le repos véritable en Jésus-Christ, Notre-Seigneur, à qui je vous recommande de toute mon àme, et à qui je vous prie de me recommander également.

Depuis la réception des lettres venues des Indes, nous n'avons point reçu d'autres lettres de vous : il semble que les délices et le ravissement spirituels, qu'ont produits en vous ces nouvelles, vous ont fait perdre le désir de rien connaître de notre existence, ou de nous faire part des événements de la vôtre. Au moins ne voudraisje point être oublié de vous dans vos prières, et particulièrement à l'entrée de l'année nouvelle, alors que chacun recueille pour une année entière, etc.

Lettres et fragïueaib Au P. GasiiarA Barzée.

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i. Profession dlmmililé.

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ie P. Trigault nous a conservé une admirable profession d'humilité écrite par le P. Barzée, lorsqu'il était novice (15i6) : nous la transciivons ici :

Je ne suis point entré en religion pour être servi , mais pour servir; je suis bien moins venu pour chercher les délices, que pour trouver Jésus-Christ crucifié, et pour le suivre dans la sainte pauvreté, dans la chasteté, et dans l'obéissance, ainsi que je l'ai déjà promis. Je déclare de nouveau, et je professe être disposé à

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tout, et je me remets tout entier entre les mains de votre révérence, pour être à jamais coadjuteur des Pères profès de la Compagnie de Jésus, pour servir à la cuisine, balayer la maison, acheter les provisions, être le valet et le commissionnaire des Pères; pour porter leurs lettres et tous leurs autres messages sur terre et sur mer, partout enfin où ils m'enverront pour le plus grand service de Dieu, soit dans les régions chrétiennes, soit dans les sarrazines, turques ou païennes. Je me livre entre les mains de votre révérence au nom de J.-C, afin de suivre <iûon-seulemcnt votre révérence elle-même, mais le dernier des membres de notre Compagnie, dans les offices les plus humbles de l'intérieur ou de l'extérieur : je servirai de même le prochain quel qu'il soit, pour le service de Dieu, sans exception aucune, les lépreux, les pestiférés, les cancéreux, tous les infirmes de l'hôpital, quels que soient la nature et le caractère contagieux de leur mal. Je m'offre enfin pour toute espèce de voyage, vers les contrées les plus éloignées, les Indes, l'Abyssinie, etc. J'irai sous des vêtements grossiers et déchirés, je m'exposerai à la faim et à la soif, au froid et à la chaleur, à la pluie et à la neige, à toutes les privations et à toutes les épreuves, selon l'ordre de votre révérence ou de tout autre Père qui pourra me le commander en sa place. Je suivrai l'Agneau partout où il ira, je le suivrai d'un pas égal et toujours animé d'une même pensée : je ne désire ;poiut être profès, et je ne veux avoir à cette intention aucune volonté propre, me soumettant toujours à la suprême volonté de Jésus-Christ et à celle de votre révérence, et à tous leurs ordres. Je promets et professe iesdites intentions en la présence de Notre-Seigneur et de la glorieuse Vierge sa Mère, je les observerai toujours et de la manière la plus parfaite qu'il me sera possible. Enfin, je considère ces résolutions comme aussi précises et aussi formelles que si elles constituaient un vœu solennel de ma part. A cet effet, je conjure tous les habitants du ciel de m' obtenir la grâce et les forces nécessaires pour les accomplir aussi parfaitement que je le désire, jusqu'à la mort, et à la mort de la Croix; je me remets ainsi entre les mains de votre révérence, qui représente J.-C. à mes yeux, afin qu'elle décide et qu'elle fasse de moi ce qui sera le plus à l'honneur et pour le perpétuel service de J.-C.

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