‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 736 sur 759 · TT .J · texte numérisé non relu

TT .J

/.l//f.r''t//r/f^l /^•.r/^^Cff/j/ff.r //y.

■■^"Jm-^ -'.W^-

APPENDICE. 475

tyrs et par la rue Antoinette. Le terrain de la chapelle se trouve, s^n toute apparence , converti partiellement en ces deux voies publiques, et partiellement occupé par la maison formant l'angle inférieur des deux voies.

Notice Huv rilc tic San-Chan, appelée Sancian par les

Portugais (1).

L'île de San-Chan, située par 21°, 30' de latitude N. et 134 de longitude, au S.-O. de la province de Kouang-Tong, n'est séparée du continent chinois que par uu détroit d'un mille d'étendue. Elle a 13 milles environ de circuit ; sa longueur est de 5 milles, du nord au midi, et sa largeur de 3 milles, d'orient en occident. Les indigènes l'appelaient Chang-Tchoueu, c'est-à-dire qui est supérieure au bras de mer, à cause d'un canal qui la sépare d'une île plus méridionale. Ils appelaient cette dernière île Hia-ïchouen, inférieure au bras de mer.

Entre San-Chan et le continent, existe une rade avantageuse, que certains auteurs ont appelée Taméo, d'autres Veneaga : nous ignorons l'origine de ces noms.

Toute l'île est parsemée de montagnes où le gibier abonde : on y rencontre des sangliers; des cerfs et des volées nombreuses de pigeons ramiers. Quelques espaces planes sont cultivés en riz. On y voit aussi de nombreuses vignes sauvages.

L'île était déserte, lorsqu'en 1523 quelques familles chinoises

■jif

passèrent la mer et vinrent s'y établir. Peu de temps après, les Portugais, exclus des ports de la Chine, construisirent sur la plage des cabanes en branches, et des abris temporaires pour leurs marchandées.

munîquer ce plan, et nous avons également consulté les plans récents de la Tille de l^ontmartre.

Le Gallia Christiana, t. VII et l'Histoire de Montmartre, par M. Chéronnet, publiée par M. l'abbé Ottin, nous ont principalement servi pour rédiger cette notice. . -.

(1) PlanpheA.

APPENDICE

Ce fut là que le nouveau Moïse contempla de ses yeux mourants la terre de Chine, et qu'il expira, consumé par le zèle apostolique, crucifié, s'il est permis de le dire, à l'image du divin Jésus, dans les humiliations de son heure suprême , et dans les afflictions de sa mort.

Le 2 décembre 1552, au premier chant du coq, l'apôtre de l'Orient rendit à Dieu sa sainte âme, et le même soir, le Chinois Antonio de Sainte-Foi, son interprète et son serviteur laïque, accompagné de deux Indiens noirs et d'un pauvre Portugais , déposa son corps dans la terre, à peu de distance du rivage , sur le penchant d'une colline. De cet endroit l'on voyait eu face le détroit formé par l'île d'Hia-Tchouen et le continent, c'est-à-dire la terre promise , qui fut l'héritage apostolique des successeurs du Saint,

Cette première sépulture conserva son précieux dépôt jusqu'au 27 février 1553 : et après que le navire dê^Diogo de Pereira se fut éloigné pour conduire à Goa le vénérable corps, Antonio de Sainte-Foi rassembla quelques pierres, et les amoncela sur la place du tombeau.

En 1639, le collège de la Compagnie , à Macao , fit ériger une pierre sépulcrale avec cette inscription :

lÈs. Aqui foi sepulïado S. Francisco Xavier da Com- PANHiA DE Jésus Apostolo do Oriente. Este Padrao se

LEVANTOU NO ANKO 1639.

« IHS. Ici reçut la sépulture S. François Xavier de la Compagnie de Jésus, apôtre de l'Orient. Ce monument fut élevé dans l'année 1639. »

Sur la face opposée de la pierre était une inscription analogue en langue chinoise, et l'inscription portugaise répétée.

Ce monument fut bientôt renversé par les insulaires, qui présumaient qu'un trésor était enfoui sous sa base.

Mais cette violation sacrilège ne demeura pas longtemps impunie : une sécheresse extraordinaire affligea ce peuple, et stérilisa sa terre, jusqu'au temps d'une réparation légitime.

En effet, en 1688, André Coelho, gouverneur de Macao, qu'accompagnait le P. Carossio , jésuite , fut obligé par les mauvais temps de descendre à San-Chan. Le P. Carossio fit rétablir la pierre ; et sur un autel érigé dans le lieu même, il célébra la Saijite- Messe.

APPENDICE

un

Dès ce moment, la sécheresse cessa, et les pluies rendirent à la t erre la faculté de produire.

La visite du P. Garossio à la sépulture du P. Xavier, enflamma d'une pieuse émulation les Portugais de Macao, Mais la piraterie qui infestait les parages de San-Chan ne permit pas alors d'ériger au Saint le monument que l'on projetait. l^è

En 1693, le P. Charles Torcotti, missionnaire à Fôift^Oian, ville de la province de Canton, ouvrit une mission nouvelle à Sin- Hoeï, port de mer à deux journées de San-Chan, et qui se trouvait en relation avec cette île. Une église y fut bâtie sous l'invocation de Saint-ïYançois-Xavier.

En 1698, un navire français, VAmphitrite, qui conduisait des missionnaires en Chine, se vit dans un grand péril, aux environs de San-Chan. Les gens de l'équipage firent vœu, s'ils étaient sauvés, d'élever un monument sur le tombeau du Saint. En effet. Dieu les délivra ; mais des obstacles invincibles ne permirent pas que le vœu fût réalisé , et la somme destinée à la fondation fut consacrée à des œuvres pieuses.

Le P. Torcotti , devenu visiteur de la Compagnie en Chine , reprit l'œuvre des Français, et reçut les encouragements de son général , le P. Thyrso Gonzalez. Un riche Espagnol offrit une aumône considérable pour les dépenses de l'édifice.

D'après ces dispositions, le P. Jean-Claude Visdelou obtint, en 1700, un diplôme du vice-roi de Canton, pour la protection de l'entreprise, et le commandant militaire de la province offrit un détachement de ses troupes, pour accompagner les missionnaires , lorsqu'ils se rendraient à San-Chan.

Ce fut au commencement de l'année chinoise, c'est-à-dire, après le 17 février 1700, que le P. Torcotti fit partir le P. Gaspard Kastner pour Sin-Hoeï, afin que ce Père y administrât les Sacrements aux chrétiens et se disposât au voyage. Le P. Giovanni Laureati devait le rejoindre avec les ouvriers , sous la protection d'un convoi de deux jonques de guerre.

Le P. Kastner a laissé, dans un mémoire imprimé sur bois en Ch ine^ le compte rendu de son voyage (1); nous en avons extrait la

(1) Le R. P. Provincial de Paris a bien voulu nous faire communiquer l'exemplaire de ce mémoire, qui fait partie de la bibliothèque de sa province.

APPENDICE

plus grande partie des faits de cette notice. Nous donnons une analyse du voyage des deux Pères, présumant que les pèlerins qui visiteront San-Chan y pourront trouver des informations utiles.

Le 10 mars, on alla de Sin-Hoeï à Sin-Ning (une journée de dislance). Le gouverneur de Sin-Ning était chrétien, et accueillit avec honneur les missionnaires. — Le voyage se continua par terre jusqu'à Kouang-Haï, où l'on arriva le Ik mars. On y trouva les navires préparés ; l'on était alors à cinq milles de San- Chan. — Le 15 mars au soir, on atterrit à l'île. De loin, on apercevait la pierre érigée sur la sépulture du Saint. Les voyageurs , après s'être prosternés sur le tombeau, se rendirent au prochain village, à un mille de distance, pour y passer la nuit.

Les Pères y rassemblèrent les habitants de six villages de l'île, et leur notifièrent les ordres du vice-roi de Canton. La résidence qu'ils choisirent fut un autre village, à trois milles de distance, au pied d'une colUne, vis-à-vis du tombeau. Les travaux furent commencés le 19 mars , fête de saint Joseph. On fit niveler un plateau, et l'on anticipa même sur la base de la montagne, en attendant les différents matériaux qui devaient venir de Canton.

En même temps, les missionnaires firent entendre aux habitants de l'île de salutaires prédications , et visitèrent successivement tous les villages.

Ces villages étaient au nombre de six : Pe-Khang (lit septentrional des eaux); Hien-jou (du nom d'un poisson); Si-Khang (lit méridional des eaux) ; Che-Sonn (ainsi nommé d'un rocher en forme de jonque) ; Ngao-Kouon (perspective sans bornes) , et Tchao-Van (baie du thé).

L'île renfermait environ trois mille habitants; les missionnaires la trouvèrent peu fertile.

Le monument (1) fut divisé en trois parties : dans la première et dans la troisième se trouvait une chapelle, pour célébrer la sainte Messe.

La partie la plus élevée avait son toit terminé en poirite, avec un globe céleste surmonté d'une croix.

On descendait, par sept marches, dans le lieu de la sépulture. Les deux dernières marches passaient aux deux côtés de l'ancienne pierre.

(!) Planche li.

..''£^^^lWy^9^'^ y^fy

r. VI

Sai^elliiut

rz r^

•co =

l.onis Scpiiliuj'a*

lioous s t rnris nvciis (M'ert:t"

m I ciN I iv^iNMi. ocv^wiMi^ L.yvi v'owiiiL.

APPENDICE

plus grande partie des faits de cette notice. Nous donnons une analyse du voyage des deux Pères, présumant que les pèlerins qui visiteront San-Chan y pourront trouver des informations utiles.

Le 10 mars, on alla de Sin-Hoeï à Sin-Ning (une journée de dislance). Le gouverneur de Sin-Ning était chrétien, et accueillit avec honneur les missionnaires. — Le voyage se continua par terre jusqu'à Kouang-Haï, où l'on arriva le li mars. On y trouva les navires préparés ; l'on était alors à cinq milles de San- Chan. — Le 15 mars au soir, on atterrit à l'île. De loin, on apercevait la pierre érigée sur la sépulture du Saint. Les voyageurs , après s'être prosternés sur le tombeau, se rendirent au prochain village, à un mille de distance, pour y passer la nuit.

Les Pères y rassemblèrent les habitants de six villages de l'île, et leur notifièrent les ordres du vice-roi de Canton. La résidence qu'ils choisirent fut un autre village, à trois milles de distance, au pied d'une colline, vis-à-vis du tombeau. Les travaux furent commencés le 19 mars, fête de saint Joseph. On fit niveler un plateau, et l'on anticiisa même sur la base de la montagne, en attendant les différents matériaux qui devaient venir de Canton.

En même temps, les missionnaires firent entendre aux habitants de l'île de salutaires prédications , et visitèrent successivement tous les villages.

Ces villages étaient au nombre de six : Pe-Khang (lit septentrional des eaux); Ilicn-jou (du nom d'un poisson); Si-Khang (lit méridional des eaux) ; Clie-Sonn (ainsi nommé d'un rocher en forme de jonque); Ngao-Kouon (perspective sans bornes), et Tchao-Van (baie du thé).

L'île renfermait environ trois mille habitants; les missionnaires la trouvèrent peu fertile.

Le monument (1) fut divisé en trois parties : dans la première et dans la troisième se trouvait une chapelle, pour célébrer la sainte Messe.

La partie la plus élevée avait son toit terminé en pointe, avec un globe céleste surmonté d'une croix.

On descendait, par sept marches, dans le lieu de la sépulture. Les deux dernières marches passaient aux deux côtés de l'ancienne pierre.

(I) Planche

Saoell

mu

■zf) -z

Page 1