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URBANI VIII

Bnlla canenizatlonis S. Franclscl Xaverii celebratœ per

Greg^orlnm XV.

URBANUS.Episcopus, servus servorum Dei, ad perpeluam rei memoriam.

Proœmium. — Rationi congruit, et convenit œquitati, ut ea, quœ de Romani Pontificis providentia processer unt, licet ejus superveniente obitu, Litterœ Apostolicae desuper confectae non fuerint, suum debitum consequantur effectum. Dudum siquidem fel. rec. Gregorius Papa XV, prœdecessor noster pie prœraeditans, quod unigenitus, et coiEternus aeterni Patris Filius, cum de Regalibus sedibus in hune Mundum, ut saiutem humaiii generis operaretur, descendisset, semen bonum verbi sui in agro Orbis terrarum seminaverat; ut omnium cœlestium virlutum et ad extremum œteinae vitœ fiuctum cre-

APPiiNDICE.

asi

Christ avait versé tout son précieur Sang, dans le supplice volontaire d'une croix ignominieuse; et que, l'œuvre de sa mission étant enfin consommée, le Fils de Dieii, planant au-dessus#des sublimités du Ciel, s'était élevé vers le trône de son Père, pour régner à sa droite pendant l'éternité des siècles : mais qu'il avait laissé sur la terre un grand nombre de ses serviteurs et de ses amis, pour cultiver et faire fructifier la divine semence par lesirs travaux, par leurs . veilles, jpt, à l'exemple de leur Maître, par l'effusion de leur propre sang, afin de rassembler en ses greniers une récolte surabondante, et de dilater le champ de la reUgion, jusqu'à ce que, selon la promesse du Père , toutes les nations et les extrémités de la terre eussent été données au Fils en héritage et eu souveraineté.

Et quoique la parole divine, de géaératiou en génération , eût toujours été couronnée par le succès , néanmoins, aux heures de la grâce, marquées à l'avance dans les conseils éternels, où il voulait répandre avec plénitude sa miséricorde infinie, comme un fleuve de bénédiction, au milieu de la lignée tout entière des enfants d'Adam, et dilater la gloire de sa Croix jusqu'aux extrémités de la terre et aux derniers horizons de la mer, sa puissance avait éclaté d'une manière vraiment admirable, lorsque des tribus et des langues, des peuples et des races jusqu'alors inconnus, avaient été révélés, et qu'il y avait fait germer une moisson pleine de grandeur et de fécondité ; il y avait multipUé le nombre de ses ouvriers, et il avait

dentibus germinaret: quodque, cum pro divinœ hujus segetis incremento pretiosissimura sanguinem suuni, ignominiam Crucis volunlarie subiens, efiFudisset ; ac perfecto demum opère, ad quod missus fuefat, super omnibus Cœlorum sublimitatibus ad dexteram Patris in sœculorum aeternitate consessurus ascendlsset; plurimos. serves, et amicos sucs in terris rellquerat, qui laboribus , vigilijs , atque âd ipsius exemplum proprii sanguinis effusione, divinam hanc excolentes semèntem, messem quam uberrimam in horreum ejus congregarent ; ejusque fines eousque dilatarent, donec juxtapromissionem Patris, oranes génies, et terraini terrœ darentur ei in haereditatem, et possessionera.Et, quamvis verbum ejus semper a generatione in generationem prosperatum essetj attamen quando ab œtemis temporibus praedestinatum beneplaciti ejus tempus advenerat, ut abundare faceret, quasi imbrem inundanlem, misericordiam suam magnam super universum semen fdiorum Adam, gloriamque Crucis suae usque ad ultimum terrœ, et in mari l«ge propagaret j vere admirabilis facta erat potentia ipsius, cum revelatis incognitis antea Trilîubus et linguis, ac populis et nationibus messem magnam,

béni leurs travaux par une si riche abondance de fruits spirituels, qu'à la voix de ces apôtres, le son de la prédication évangélique avait retenti jusqu'aux limites les plus éloignées de l'univers, et depuis les terres où se lève le soleil jusqu'à celles où il se couche : entre les horizons extrêmes de l'aquilon et des mers, le grand nom du Seigneur notre Dieu avait été révélé à tous les peuples.

Parmi les ministres prédestinés du Seigneur pour accomplir l'œuvre sacrée de sa volonté, et pour coopérer à la vocation de ce nombre infini de peuples, le glorieux serviteur de Dieu, François Xavier, le nouvel apôtre des Indes, fut éminent entre tous , par l'éclat de sa sainteté et par la renommée de ses vertus.

Dès sa jeunesse, il avait marché dans la perfection en présence de Dieu, méprisant et foulant aux pieds les richesses et les digni-

f tés du siècle; il s'était renié lui-même, et avait, selon la parole

'^B^te, livré son âme pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ;

1 .41 aviat été trouvé digne d'être choisi par l'Esprit-Saint pour ce ministère sublime, et d'être constitué , par la divine Providence,

|j^ comme le chef de tous ses Frères ; il avait été comblé des privilèges de grâce qui resplendissent dans les apôtres : et même ces caractères de l'apostolat, qui se manifestaient en sa personne par des té- ^^moignages de toute nature, par des signes, par des prodiges, et par . ses vertus parfaites, lui avaient mérité le titre d'Apôtre des nations nouvelles, queljiiavaitconféré la voix unanime de l'univers chrétien.

atquB uberem aperuerat, atque in ea opevarios multiplicaverat ; tantaque fructuum abundantia labores eorum compleyerat , ut, ipsis annuntiantibus, Evangelicae prœdicationis sonus usque ad extrêmes Orbis terrarum fines penetrasset; et a solis ortu usque ad ocoasum, ab Aquilone et mari, magnum nomen Domini Dei nostri in universis gentibus redditum esset. Inter caeteros vero", quos ad perficiendum voluntatis suae sacramentum, in tantarum gentium vocations Dominus praeordinaverat , egregius Sèrvus ejus Franciscus Xaverius, novus Indiarum Apostolus gloria Sanctitatis, et meritorum splendore prœcipue emicuerat : Qui cum a juventute sua perfecte coram Deo ambulasset ; spretisque ac conculcatis divitiis, ac ssecull dignitatibus, ac semetipso juxta .verbum Domini abnegato , animam suam pro nomine Domini nostri Jesu Christi tradidisset j dignus inventus erat, qui a Spiritu Sancto in tam insigne opus assumeretur ; ac tamquam aliorum Dux diviDa Providentia constitutus Apostoiicis charismatibus aflluenter decoraretur : etiam ob signa Apostolatus, quœ in eo in omni patienlia, in signis, et prodigiis, ac virtutibas manifesta facta erant, noyarum gentium Apostolus

APPENDICE

Il convenait par toutes ces raisons, après que ce grand serviténi' de Dieu, dans l'intérêt de la gloire divine , et du salut des âmes rachetées par le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avait enduré des travaux et des souffrances sans nombre et sans mesure, avait éprouvé des dangers infinis sur terrte et sur mer, et avait été placé par Dieu dans un degré si éminent que son nom était en honneur parmitoutes les nations. v:?H^^ : ' \

§ 1. Il convenait, disons-nous, que notre prédécesseur, le pape Grégoire, en vertu de sa charge pastorale, le déclarât, en présence de l'Église militante, véritablement Saint et élu de Dieu , et proposât ses vertus, comme éminentes et sublimes, à l'imitation de tous les fidèles de Jésus-Christ, afin que le peuple chrétien dirigeât toutes ses actions d'après un tel exemple, pour la gloire de Dieu lui-même ; et que le même peuple eût la consolation de l'avoir, dans ses propres misères, pour intercesseur auprès de Dieu " et de Notre-Seigneur Jésus-Christ : -^ ti^ll

Et afin que tous les fidèles de Jésus-Christ se sentissent plus »-. vement excités à glorifier Dieu, selon l'immensité de sa toutepuissance, et que la dévotion profonde inspirée par le grand iSer* viteur de Dieu s'accrût par le récit et par la révélation à l'univers entier de sa vie céleste sur la terre et de ses œuvres saintes ,

Avant toutes choses, le pape Grégoire désira faire connaître, que cet éminent Serviteur de Dieu était né de parents Jlustres et pieujç^

unanlmi totius Christiani Orbis consensu meruerat appellari : ac propterea decebat, ut tantum Dfei famulum, qui pro gloria ejus, et animarum Domini nostri Jesu Christi sanguine redemptarum salute, innumeros maximosque labores, atque aerumnas perpessus erat ; ingentiaque terra mari'que subiverat pericula, quem Deus adeo magnificaverat, ut nomen ejus honorabile esset apud omnes gentes,

§ 1. Idem Gregorius praedecessor, pro suo Pastorali munere, vere Sanctuin, et electnm Dei, in militanti Ecclesia declararet, ejusqae virtutes, tamquam eximias, et prœcellentes, universis Christi fidelibus imitandas proponeret, ut populus Christianus actiones suas ad honorera Dei^ ipsius exemplo dirigens ; eum apud Deum, et Dominum Jesum Christum in ejus necessitatibus habere rfiereretur intercessorem. Atque, ut omnes Christi iideles promptius , ad laudandum Deum Omnipotentem secundum multitudinem magnitudinis ejus excitarentur ; devotionisque ardor erga tantum Dei famulum augeretur, dum ejus in tefris cœleslem, et laudÏBih'tçr actam vitam Orbi terrarum explicaret, et patefaceret : In primis, et ante omnia

usu

APPENDICE

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dans la Navarre, au château de Xavier, dépendant du diocèse de Pampelune, et qui faisait partie des domaines de sa famille maternelle. Ses parents lui apprirent, dès son enfance, à craindre Dieu et a éviter scrupuleusement le péché. Dans l'âge de son adolescence, ses parents l'envoyèrent termijier ses études à Paris. Il s'y livrait avec ardeur à la science, lorsque bientôt son père eut la pensée de le rappeler auprès de lui. A celte époque existait encore Marie- Madeleine, sœur de Xavier, et elle dirigeait, avec une grande réputation de sainteté, un monastère de religieuses déchaussées, de l'ordre de Sainte-Claire, dans la ville de Candie. Connaissant le dessein de son père, et divinement éclairée sur la vocation de François, elle écrivit à son père, avec les expressions les plus vives, pour l'inviter à favoriser les travaux de François, au prix même de sacrifices domestiques : car elle prévoyait, ajoutait-elle,

#fflie la divine Providence avait choisi son frère pour être l'Apôtre

.de nations mconnues.

.Lorsque Xavier demeurait à Paris, il fit la connaissance de saint

* Ignace, et fut admis par Ijii comme son compagnon, après qu'Ignace eut demandé cette grâce à Dieu par de ferventes prières, pour la plus grande utilité de l'Église ; et sous la direction de ce chef, .Xavier entra dans la voie étroite qui conduit à la vie : et afin de

-«e trouver vivifié selon l'esprit, il mortifia très -rudement sa chair, à l'exemple des saints Pères de l'antiquité. En effet, il s'in-

is

praeraitteret ; qi^od natus erat insignis hic Dei Servus Navarrœ in Oppido Xaverio Pampilonen. Diœcesis, maternae dilionis loco, nobilibiis ac piis progenitoribus. Qui, cum ipsum ab infaptia timere Deum, ac ab omni peccato abstinere edocuissent ; ubi setas demum adoleverat, Lutetiam Parisiorum, studiorum gratia euindem miserant. Quibus, cum atacriter operam daret; post haud multum temporis de eo domuni revocando pater cogitare cœperat. Quod cum tune in humanis agens Maria Magdalena ejus soror, quae Monasterium Monialium Oppidi Civitatis nuncupati Gandia, Ordinis S. Clarae Discalceatarum nuncupatarum, Valentinœ Diœc. non sine ingenti Sanclitalis fama tune regebat, persensisset ; Fratris vocationem divinilus edocta, per literas cum pâtre vehementius egerat, ut Francisci Studia omni ope, etiam cum rei domesticœ detrimenlo, foveret : eum enim incognitarum gentium Apostolum divina Providentia prBeordinatum esse prœvidebat. Cumque Lutetiœ commoi'aretur in familiaritatem S. Ignath insinuatus, ac postmodum in Socium ipsius, qui id ardentibus precibus à Dec ad ingentem Ecclesiae utilitatem prœstandam postulaverat, adscriplus, coque Duce

APPENDICE

terdit l'usage, noii-seulement de la viande et du vin, mais même du pain de froment, et ne subsista que d'aliments grossiers et sans saveur, dans la proportion la plus -modique; souvent même il lui arriva de se priver, pendant un intervalle de deux et, même de trois jours, de toute espèce de nourriture : quelquefois enfin il passa dans un jeûne absolu tous les jours de la Semaine sainte, jusqu'au Samedi veille de Pâques. Il avait pour coutume de ne prendre, pour réparer ses forces, qu'un sommeil de quelques instants, et de ne reposer que sur la terre ou sur un lit formé des plus grossières couvertures. Il flagellait si durement son corps avec des disciplines armées de fer, que souvent il en jaillissait une grande abondance de sang. Souvent encore , il se mit en chemin, ayant les bras et les jambes étroitement liés par des cordes, et il persévéra plusieurs jours dans ce douloureux supplice, de manière que ses liens pénétrèrent dans sa chair, et que l'intensité de la douleur anéantit ses forces et le fit tomber épuisé sur le chemin ; et si , par une grâce providentielle de Dieu , sans aucune œuvre humaine, les cordes ne s'étaient rompues, la vie de Xavier aurait été tout à fait désespérée.

L'éclat des autres vertus chrétiennes qui resplendirent dans son âme, la puissance avec laquelle, armé du bouclier de la foi, il fit tomber à ses pieds tous les traits de feu de l'esprit du mal, la fermeté de son espérance en Dieu, se révélaient d'une manière in-

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