SÉ
ingressus erat arctam viam, quœ ad vitam ducebat : ut enim Spiritu vivificaretur, carnera suam, ad antiquorum Sanctorum Patrum exemplum, severissîme mortificaverat. Interdicto enim sibi, non solum carnis et vini, sed pariis etiam trilicei usu, vilibus tantummodo, ac insulsis cibis, iisque quam parcissime usas erat : Quin etiam fréquenter intègre biduo triduoque ab omni cibo prorsus abstinuerat : aliquando vero omnes majoris Hebdomadœ dies usque ad Sabbatum Paschatis jejunus transegerat : somnoque brevissimo vires refieere consueverat, humi : vel lectulo vilissimis stragulis contecto, jacens, corpus suum ferreis flagellis adeo diverberabat , ut seepe copiosus sanguis efflueret : aliquando autem funiculis arctissime constrlctis lacertis, et coxendicibus, iter agressus erat ; cumque plures dies in eo cruciatu perseverasset, vincula adeo corpori ejus infixa erant ; ut prae doloris magnitudine viribus destitutus, in via concideret : ac nisi praecipuo Dei beneflcio, absque ulla Iiumana ope, disrupta fuissent; de éjus vita omnino desperatum fuisset. Quam prseclare vero in ejus animo reliquee Christianae virtutes eliulsissent ; quam potenter scuto fidei proteclus omnia nequis-
.y«fc.
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signe, dans le fréquent usage des Sacrements : car il nourrissait de ces divins aliments, non-seulement lui-même, mais encore le prochain, avec une dévotion infinie, et avec un zèle infatigable : et dans la prédication assidue de la parole divine, dont il répandit la lumière sur une portion si immense de notre univers. Parmi ses autres vertus, sa charité surtout avait brillé comme un astre matutinal ; elle s'était révélée dans toutes ses actions, mais principalement dans le service des malades. En effet, il faisait paraître envers les indigents infirmes qui se trouvaient admis dans les asiles hospitaliers , une affection si tendre, qu'il avait peine à vivre éloigné d'eux ; il apportait une telle mortification des sens dans l'accomplissement des ministères les plus vils, que, plusieurs fois, il s'abreuva de l'eau dont avaient été lavés de hideux et incurables ulcères. Lorsque les malades étaient en danger de mort, il oubliait, pour lui-même, la nourriture et le sommeil, et, recevant de Dieu des forces supérieures à la nature, il ne quittait, ni le jour ni la nuit, la garde de ces personnes, qui paraissait lui être dévolue : et il leur administrait les divins Sacrements de l'Église et les autres remèdes spirituels. Il accomplissait toutes ces œuvres avec un empressement et une joie si sensibles , qu'il était évident que le service des malades et des mourants était ses délices, et qu'il faisait fructifier ainsi le talent dont la divine miséricorde l'avait constitué dépositaire. Il ne cessa jamais, pendant le cours entier
simi ignea tela extinxisset; et quam firmiter in Deo sperasset ; et Sacramentorum frequentia, quibus non solum semetipsum, sed et alios etiam summa cum devotione, ac indefessa àssiduitate pascebat, et verbi Dei assidua praedicatio, qua tam ingentem Orbis terrarum partem illuminaverat insignitcr attestabantur. Sed inter cseleras ejus virtutes, quasi Sidus matntinum, prœcipue resplenduerat Charitas : quae in omnibus quidem ejus actionibus, prœsertim tamen, cnm aegrotis inserviret, manifestabatur. Eo etenim dilectionis ardore erga inopes infirmes, qui in domibus hospitalibus morabantur, se gerebat, ut raro ab eis discederet : tantaque sensuum mortiflcationc quantumvis sordidissima ministeria peragebat ; ut aquam ssepius, qua horribilia, et incurabiiia ulcéra laverat, ebibisset. Cum vero de vita periclitarentur, tune cibi somniqué prorsus oblitus, et prœter proprias vires à Deo confortatus,veluti a commissa custodia nec die nec nocte discedebat; illisqué sanctissima Ecclesise Sacramenta, cœterasque spirituales alimonias praebebat, Quse adeo libenter, atque hilariter exequebatur ; ut deliciae ejus deservire aegrotis ac morientibus esse dicerentur, et quasi aliquod talentum,
de sa yie, de pratiquer cette charité vigilante à l'égard des malades, "en quelque lieu de la terre qu'il se trouvât placé. Aussi, par cette charité, que l'Esprit saint répandait abondamment dans son cœuj% il s'approchait tellement de son Dieu , et il persévérait dans l'oraison avec une ferveur d'esprit si profonde , qu'il passait les nuits tout entières appliquant son âme à cet aliment divin, par lequel il réconfortait son homme intérieur ; et même, étant sur un navire, et dans un péril évident de. mort, au milieu des plus grandes tempêtes, il ne s'interrompait point et n'éprouvait aucun trouble intérieur : et souvent il'sortait si entièrement de lui-même, et avec de tels ravissements d'esprit, que, les yeux dirigés au ciel, il s'élevait de terre par une vertu divine ; et son visage paraissait tellement enflammé qu'il offrait l'idéal de l'amour angélique ; et ne pouvant supporter les flammes de la charité divine, il s'écriait souvent : « C'en est assez, c'en est assez. Seigneur. »'
Lorsqu'il célébrait le très-saint Sacrifice de la Messe, souvent il sortait de lui-même à ce point que les ministres qui agitaient ses vêtements ne pouvaient le réveiUer de cette extase qu'après un long intervalle de temps. Quelquefois même, il arriva qu'on le vit s'élever de terre à plus d'une coudée, en présence de tout le peuple, saisi d'étonnement par un si grand miracle , et qui contemplait en ce prodige comme un signe de la sainteté du Serviteur de Dieu. . , -
sibi divinse benignitatis munificentia creditum , negociaretur : assiduamque hanc erga œgrotos curam, ac Yigilantiam toto vitse suae tempore ubicumque terrarum moraretur, exercuerat. Sed et per eamdem Charitatem, quae per Spiritum Sanctum diffusa erat in corde ipsius, adeo ad Deum accedebat, tantoque spiritus fervore in orationè perseverabat ; ut hujusmodi cibo intentus, quo interiorem hominem reficiebat, noctes intégras transigeret : nec, cum in navi esset, atque in aperto vitse discrimine in summis tempestalibus versaretur, desisteret, aut quidquam animo commoveretur : fleretque aliquando talis super eum mentis excessus; ut oculis in cœlum deflxis, divina vi à terra elevaretur; vultu adeo inflammatus, ut angelicam prorsus charitatem reprœsentaret ; njBC divini amoris perferre valens incendium, saepius exclamaret, Salis est, Domine, satis est. Cum vero Sacrosanctum, Miss« celebraret sacrificium, seepenumero à sensibus ^sque adeo abalienabatur , ut nec ministri vestem succutientes, nisi post diutHrnam moram, excitare possent. Quin etiam aliquoties, altius cubito à terra elevatu8> ab universa adstantium multitudine, miraculi magnitudinem obstoffescente,
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Non-seulement c'était dans Ja veilJe que le saint homme avait Dieu clans le cœur et sur les lèvres : mais dans son soritmeil il goûtait le repos en son Dieu. Souvent, en effet, dans ses songes, on lui entendait proférer le très-saint nom de Jésus-Christ, avec un ravissement iniini d'esprit.
Et cet homme, orné de vertus si parfaites, et comblé par Dieu tous les jours de grâces plus éminentes , non-seulement ne s'en prévalait point en son cœur, mais voyait croître incessamment en lui-même la vertu d'humilité ; de telle sorte qu'il accomphssait de préférence les ministères les plus humbles de la maison, s' estimant toujours le dernier de tous. Et ses habits étaient si délabrés et si grossiers, qu'il en était souvent un objet de risée pour les enfailts.
L'homme de Dieu témoignait une vénération singulière, nonseulement aux évêques, mais à tous les prêtres ; et il n'écrivait jamais qu'à genoux à saint Ignace, alors son supérieur. Il éprouvait, en même temps, une si profonde aversion pour les honneurs, et pour les louanges humaines, qu'il dissimulait avec un soin extrême la dignité suréminente de nonce apostolique , dont le souverain pontife l'avait revêtu en l'envoyant dans les Indes ; et il ne fit usage qu'une seule fois de l'autorité qu'elle lui conférait > et ce fut dans un cas absolu de nécessité. .
Enfin, ce grand homme avait reçu de Dieu la carrière la plus magnifique, pour y combattre glorieusement jusqu'à la consomma-
ac Servi Dei sanctitatem suspiciente, conspectus fuei'at. Nec solum vigilans Yir Sanctus Deum in corde et ore habebat ; sed et doroîiens in ipso requiescebat. Fréquenter enim in somnis sanctissinium nomen Jesu cum summa mentis dulcedine proferre audiebatur. Cumque tam singularibus floreret virtutibus, atque in dies a Deo potioribus augeretur tnuneribus ; non modo non extollebatur, sed crescebat in eo semper virtus Humiiitatis : adeo ut iafima quœquedomus oflicia semper, tamquaai omnium postremus, obiret. Veslibus vero adeo pannosis, ac vilibus utebatur, ut pueris quandoque den'diculo esset. Venerabatur autem eximie vir Dei non Episcopos modo, sed vSacerdotes quoscumquc : Sancto vero Ignatïo, tune Prœposito suo, non nisi flexis genibus scribebat. Honores vero ac laudes hominum adeo horrebat, ut amplissimam Apostolici Nuocii dignitatem, qua instructus in Indias a Summo Pontifice missus fuerat, quam studiosissime occultaret : nec nisi semel ea potestate, necessitate coactus , usas fuerat. Cœterum tantus vir insigne stadium à Deo consequutus erat, in quo gloriose usque ad consummationem cursus, et coronam justitiae decertaret.
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tion de sa course, et à la couronne de justice qui en était le prix.
§ 2. Le roi Jean de Portugal, d'illustre mémoire, avait sollicité du pape Paul III, de pieuse mémoire, 'prédécesseur du pape Grégoire, antérieurement nommé , et de Jious-jnème , quelques-uns d'entre les compagnons d'Ignace, pour les faire passer aux Indes orientales , afin qu'ils répandissent la parole de Dieu dans ces contrées immenses. Le pontife Paul III, d'après l'indication de saint Ignace, choisit François Xavier pour réaliser une œuvre aussi grande : en même temps il lui conféra , pour l'honorer , la dignité de nonce apostolique, et l'investit de très-amples pou-^ -voirs. L'intendant royal voulut lui remettre, à titre de subside, les secours les plus abondants ; mais un homme qui, pour son viatique et son salaire, se reposait d'avance en la bonté de Dieu, de ce Dieu pour l'Évangile et pour l'œuvre duquel il avait été choisi, ne put jamais consentira rien recevoir, si ce n'est un' habit grossier et tout usé. Dans lé navire, il dormait sur des cordages et vivait d'aumônes ; il servait nuit et jour les malades, accomphssant les offices les plus vils avec une infatigable charité.
Dès son arrivée aux Indes , sans prendre mêipe un léger intervalle de repos pour se remettre d'une campagne si longue et si difficile, il se mit à l'heure même en devoir de prêcher l'Évangile aux nations indigènes : revêtu de la vertu d'en haut et enflammé de l'esprit apostolique, il accomplissait, avec de si grands fruits, le
§ 2. Cum etenim clars& memoriœ Joannes Lusitaniœ Rex à piae memoriae Paulo Papa IH, tune dicti Gregorii, nunc etiam noslro respective prsedecessore, nonnullos ex Ig.natii Sociis postulasset, quos ad Orientales Indias, ut in vastissimis^^is Regionibus Verbum Dei disseminarent, transmitteret ; idem Pontifex, S^&natii hortatu ad tantum opus peragendum Franciscum XA^^RHJM elegerat ; quem etiam Apostolicf Nuncii dignitate, et amplissima potestate decoravérat'. Cumque viatici nomine plurima ei à Prœtore Regio pararentur ; homo, qui pro viatico, ac opéra de Dei benignitate, in cujus Evangelîi opus segregabatur, prœsumebat ; numquatn adduci potuerat, ut quidquam, prœter \ilissimuin centonem, acciperet:^ï«t in navi super funem nauticum dormiebat, ac e mendicato vivebat: œgtptis in -vilissimis ministeriis indefessa charitate, noctu diuque serviebat. ÎS Indiam ut pervenerat , stalim nec modico quidem tempore ad quietempoàl'Iongissimam ac difDcillimam navigationem sumplo, ad priedicandum illls,jgenlibus Evangelium se accinxerat : et indutus virtute ex alto Apostolico Spiritus fervore ministerium, quod sortitus efat, tanto cum fructu exequebatur , ut gratia Dei
"il
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ministère qu'il avait en partage , et la grâce de Dieu coopérait à sa parole d'une manière si efficace, que non-seulement il ramena, dans toute l'étendue de l'Orient, les mœurs dépravées des chrétiens à la régularité légitime ; mais à sa voix des créatures humaines, au nombre de plusieurs centaines de mille, qui vivaient au milieu des ténèbres de l'ignorance et dans les ombres de la mort, furent attirées à la connaissance de la véritable lumière, et se virent purifiées dans les eaux salutaires du baptême.
Sans parler des Indiens, des Brahmes et des Malabares, dont les empires avaient vu fleurir autrefois la prédication évangéiique, mais qui en avaient perdu jusqu'au souvenir, ayant été séduits par les artifices de l'ennemi du genre humain ; et parmi lesquels la prédication de Xavier fit renaître la foi : Xavier en personne annonça l'Évangile de Jésus-Christ aux Pallawars en premier lieu, aux Malais, aux Javanais, aux Achénois, aux Mindanais, aux peuples de Malacca et aux Japonais : et un grand nombre des souverains et des principaux seigneurs de ces nations courbèrent leur tête sous le joug délicieux de Jésus-Christ, pour le bénéfice immense de la religion.
C'était une merveille incroyable aux yeux de tous que l'immensité des peines que Xavier avait endurées pour le nom de Notre- Seigneur Jésus-Christ : il parcourut une infinité de royaumes au miheu des vastes espaces de cet univers. Il voyageait constamment
dlicaciter verbo ejus coopérante, non solum ChrisUanorum mores dépravâtes ad meliorem frugem passim toto Oriente revocaret ; sed multa centena hominum millia, qni in tenebris, et in regione umbrœ mortis ambulabant, ad agnitionem verœ Lucis perducta, regenerationis Lavacro mundarentur. Nam prseter Indos, Brachmanes, et Malabares, in quorifta Regnis Apostolica praedicatio, quae antiquis temporibus illic viguerat, sed hostis humani generis fraude ex omnium memoria prorsus abolita erat, Xaveru prœdicatione revixerat; Ipse primis Paravis, Malais, Jais, Acenis, Mindanais, Malacensibus, et Japonibus Evangelium Christi annuntiaverat : multique illarum nationum Re^s, et magni Principes, ingenti cum fidei nostrœ emolumento sua\'i Cîmsti jugo colla subdiderant. Incredibilia autem videbantur, quœ propter iïoinen Domini nostri Jesu Christi toleraverat : per diversa etenim Régna, in -vastis illis Orbis terrarum spatiis, semper pedibus, et saepius nudis, per arenas calidas pergebat : per spinas longissima itinera conûciebat : contumeliis sœpenumero, probris, et illusionibus, qnin etiam verberibus, et lapidibus appetitus, in periculis hostium, in periculis itine-
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à pied, le plus souvent sans chaussure, à travers les sables brûlants ; il accomplissait, dans des chemins pleins d'épines, les courses les plus longues. Il se vit en butte à des injures sans nombre, à des outrages et à des railleries infinis ; plus souvent encore, il se vit frappé et accablé de pierres ; il se vit exposé aux périls des ennemis et aux périls des voyages ; il fit naufrage plusieurs fois; il endura les veilles, le froid, la nudité, la faim et la soif; et ses travaux assidus et excessifs lui causèrent les plus graves maladies. En effet, à l'exemple de l'Apôtre, son existence ne lui était pas plus précieuse que son âme, et son but unique était de consommer sa course et le ministère de la parole qu'il avait reçu, pom' rendre témoignage de l'Évangile de la grâce divine.
§ 3. Les signes et les prodiges par lesquels le Seigneur confirma la parole de ses Apôtres, dans les premiers temps de l'Église naissante, sa miséricorde les renouvela, pour l'accroissement d^ cette autre famille, sous la main de son serviteur François.
Instruit soudainement par Dieu dans les langues , qu'il ignorait auparavant, de nations diverses et inconnues, il parlait ces langues avec une merveilleuse abondance, comme s'il avait été élevé dans les pays mêmes ; et quelquefois il arriva que, lorsqu'il prêchait à un auditoire de différentes nations, chacun de ses auditeurs l'entendait à la fois annoncer les grandeurs divines dans la langue naturelle de chacun d'entre eux, et tous en étaient pénétrés d'admi-
rum versatus, saepe naufragus, vigilias, frigus, et nuditatcm, sitim, fameinque perpessus erat, contractis ob assiduos ac intolerabiles labores, gravissimis morbis : nec enim Aposloli exemple, animam suam faciebat pretiosiorem quam se, dumraodo consummaret cursum suum^,^ ministerium verbi, quod acceperat, testiflcari Evangelium gratiae Dei. ,-^' ■
§ 3. Signa vero et prodigia, quibus Dominus Apostolornm suorum sermonem in nascentis Ecclesise exordils confirmavil, ad illius novae sobolis incrementum, in manu etiam Servi sui Frascisci misericorditer renovaverat. Subito enim à Bec diversarum, ac incognitarum gentium linguas, quas non noverat, edoctus, disertissime , quasi in iisdem terris educatus esset, loquebatur : et accîderat quandoque, ut eum, ad diversarum nationum populos concionem habentem, unusquisque eodem tempore lingua sua, in qua natus erat, magnaUa Dei loquentem cum stupore et ecstasi audiret : eoque miraculo multitudo magna commota, reciperet verbum Dei. Hinc post praemissa, ad Christi fidelium aediflcationemj aliqua ex insignioribus prodigiis, et signis, quibus praedicatiQnem,et gesta ipsius Dominus illustraverat, recenseret
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ration : un si grand prodige remuait profondément les multitude et les amenait à recevoir la parole de Dieu,
Aussi , ces prémices étant exposées , le pape Grégoire jugea convenable, pour l'édification des fidèles de JésuS'Ghrist, de relater en cette occasion quelques-uns des prodiges et des signes les plus merveilleux, par lesquels le Seigneur avait illustré la prédication «t les œuvres de Xavier.
En premier lieu parut digne de mémoire ce qui s'était passé lorsqu'une troupe nombreuse de Badages était en marche pour exterminer les chrétiens baptisés par FRANÇOIS, et menaçait de leur faire subir les traitements les plus inhumains. XAVIER, seul, armé de la foi, marcha vers eux, et leur reprocha sévèrement leur impiété. Toute l'armée ennemie , demeurant immobile, s'arrêta sur l'heure même, terrifiée, ~ ainsi le rapportaient les soldats et les chefs, — par un homme de haute stature, revêtu d'habillements noirs, qui se tenait auprès de FRANÇOIS : ils n'avaient pu supporter l'éclatante majesté de ce personnage, de qui le visage et les yeux lançaient des éclairs ; et le Saint avait pu préserver ainsi du massacre et du pillage les fils qu'il avait enfantés à Jésus-Christ.
Dans une autre occasion, au cap Comorin, le Serviteur de Dieu prêchait dans une église à des infidèles , et n'espérait aucun fruit à cause de la dureté de leur cœur. Il se mit en prières, et ensuite il prescrivit d'ouvrir un tombeau, dans lequel un mort avait été dé-
Et primum illud mémorandum videbatur, quod, cum numerosus Badagarum exercitus in exitium Christianorum à Francisco Baptizatorum immineret, atque omnia atrocitalis exempla se in Christianos editurum minaretur; Ipse soluï^e armatus praecedens obviam, ac severe eorumimpietatem increpans , steterat ilHcô immobili Yestigio universus exercitus deterritus (ut milites Ducesque referebant) ab homine quodammagno, nigris vestibus induto, qui juxta Franciscdm stabat; cujus majestatem, ac splendorem, vultu oculisque micantem, ferre non poterant : itaque vir Sanctus, quos Christo pepererat, à cœde ac direptione liberaverat.
Successive apud Comorinum Promontorium, cum in quadam Eccîesia Servus Del infldelibus conclonaretur, ac propter duritlam cordis eoruni nlhii proficeret : facta oratione jussit sepulchrum, in quo pridie defunctus tumulatus fuerat, aperiri : ac populo significans ad eomprobandam Chrlstianaêtifldei veritatem, mortuum, Dei voluntate rursum victurum, linteo, quo cadaver involutum erat, rescisso, ac rursus precibus ad Deum fusis, mortuo ut viveret, imperaveiat : qui statim stûpentibus omnibus surrexerat
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posé la veille : en même temps, il annonça au peuple , en témoignage de la vérité de la foi chrétienne, que le mort, par la permission divine, reviendrait à la vie ; il fit décliirer le linceul où le cadavre était enseveli, et, adressant de nouveau sa prière à Dieu, il commanda au mort de revenir à la vie ; celui-ci se leva tout vivant, au milieu de l'admiration générale : et tous les assistants, touchés d'un si prodigieux miracle, crurent eu Dieu, ainsi qu'un nombre infini d'autres personnes. •.
Dans le même endroit, un mendiant, couvert d'ulcères, se présenta au Saint. FRANÇOIS ayant lavé les plaies du mendiant, avec un sentiment d'ardente charité, but tout entière l'eau dont il avait fait usage, et se mit à suppUer Dieu, le Père des miséricordes, de prendre pitié de cet infortuné ; sur l'heure même, le mendiant se trouva complètement guéri, par la grâce divine, de toute plaie et de tout ulcère. .
Un enfant aussi, à Mutane dans les Indes Orientales, était mort à la suite d'une fièvre contagieuse, et après l'avoir enveloppé dans un Hnceul et l'avoir conservé durant vingt-quatre heures, selon la coutume du pays, on le transportait à la sépulture, au milieu des pleurs de ses parents. L'homme de Dieu, apercevant ces personnes, fut ému de compassion li cause d'elles, et tombant à genoux pria le Dieu tout-puissant de rendre la vie à l'enfant. Il jeta de l'eau bénite sur le cercueil, fit déchirer le linceul et forma le signe de la
vivus : quo tam insigni miraculo commoti, qui aderant, lum alii muiti, crediderant in Deum. • ■ j;^
Eodem postea loco mendicus quidam Beato viro occurrerat ulcéribus plenus : cujus plagas Franciscds magno charitatis affectu lavans, aique aquam, qua eas laverai, ebibens, ac deinde Deum Patrem misericordiarum, ut illius pauperis misereretur, orans ; e vestigio ab omni plaga, alque ulcère Dei raunere pauper ipse omnino liber surrexerat.
Sed et puer quidam Mutani in Orientali India pestllenti febre vita sublatus, ac linteo insutus more genlis vlginti quatuor horis asservatus, flentibus parentibus ferebatur ad sepulchrum : quos , ut vir Dei vidit, miserlcordia motus super eos, Deum omnipotentem , ut puerum vivificaret, genibus fiexis precatus fuerat : alque aqua benedicta aspersum, rescisso linteo, signe Crucis signaverat : apprehensaque manu ejus in nomine Domini Jesu Christi vivum atque incolumem parentibus restituerat : erecta in illo loco ad tantœ rei memoriam conservandani ab incolis magna cum celebritate Cruce.
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Croix sur l'enfant; ensuite, il le prit par la main, et l'appelant au nom du Seigneur Jésus-Christ, il le rendit à ses parents, vivant et plein de santé. Sur le lieu même, une croix fut solennellement érigée par les habitants, en mémoire d'un si merveilleux événement. > ; • ,
Plus tard encore, dans la ville de Goïmbatour, sur la côte de la Pêcherie, un autre enfant, qui était tombé dans un puits et qui s'y était noyé, était porté dans la terre au milieu des lamentations de sa mère et de sa famille. FRANÇOIS, sortant de l'église voisine, les rencontra ; il en eut compassion, et, se mettant à genoux, les yeux dirigés vers le ciel , il pria Dieu pour la vie de l'enfant, prit cet enfant par la main, et, au nom du Seigneur Jésus-Christ, lui commanda jde se lever, et sur-le-champ l'enfant se leva plein de vie. Le saint homme le remit à sa mère, àJa grande admiration de tous les assistants qui, d'une voix unanime , rendirent grâces à Dieu ; et FRANÇOIS leur recommanda de ne raconter à personne ce qui venait de s'accomplir.
Lorsque FRANÇOIS annonçait la foi de Jésus-Christ dans l'archipel du Japon, un marchand, aveugle depuis plusieurs années, s'approcha de lui, et le pria d'obtenir de Dieu que la vue lui fût rèftdue. FRANÇOIS récita l'Évangile sur cet homme et fit le signe de la Croix sur ses yeux, et, sur le moment même , l'aveugle recouvra parfaitement la vue. Le lendemain, cet homme revint vers
Et successive apud Oppidum Combuturae in ora Piscariœ puer alius in puteum delapsus, sufTocatusque, maximo cum matris et cognatorum ejulatu efferebalur; cumque ex prôxima Ecclesia Franciscds occurrisset; miserlus eorura, in genua provolutus, oculisque in cœlum fixis, Deum pro vita pueri precatus, eum apprehensa manu in nomine Domini Jesu Christi surgere Jusserat, et confestim puer surrexerat vivus ; quera Sançtus vir reddiderat matri suœ stupentibus omnibus, ac maximo cum clamore Deo gratias agentibus : quibus ipse praecepit, ne cui rem gestam narrarent.
Insuper dum in Japonia Insula Franciscus Christi fldem prœdicaret ; accesserat ad eum mercator quidam a multis annis cœcus ; petens, ut sibi à Deo, ut videret, impetraret : Franciscus, recitato super eum Evangelio, signum Crucis oculis ejus impresserat : qui eodem temporis momento lucem amissam recuperaverat. Postero yero die reversus ad eum cum uxore ac univcrsa familia, genibus advolutus gratias agens, et Christianam fldem professus, ad Baptismi gratiam una cum suis omnibus pervenerat.
Exierat autem tam illustris miraculi fama per omnem terram illam : ac
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le Saint, avec sa femme et toute sa famille, et se jetant à ses genoux, lui rendit grâces, en faisant profession de la foi chrétienne, et il demanda et obtint la grâce du Baptême avec tous ceux qui l'accompagnaient. La renommée d'un miracle aussi éclatant se répandit parmi toute la contrée; et un grand nombre d'individus, abjurant le culte de leurs idoles, se convertirent au vrai Dieu et à son Fils Jésus-Christ. . ■
Le Serviteur de Dieu se rendait par mer à la Chine, sur un très-grand navire, où se trouvaient cinq cents personnes d'équipage; et les vents avaient complètement cessé, de sorte que, depuis quatorze jours , le bâtiment demeurait immobile. Au milieu des autres misères de cette navigation , on souffrait cruellement de la pénurie d'eau douce, et un grand nombre de passagers étaient aflligés par la soif. Le saint homme fit emplir d'eau de mer tous les' vases qui étaient dans le vaisseau et adressa à Dieu de ferventes prières : il fit sur cette eau le signe de la Croix , et à la même heure cette eau salée devint douce et saine. ^ ce miracle, un grand nombre d'infidèles qui se trouvaient sur le vaisseau crurent en Dieu. Enfin cette même eau, dont il resta plus tard en abondance, guérit, dans différentes parties des Iivies , un grand nombre de gens qui en burent , des diverses maladies dont ils se trouvaient affectés.
Dans le même voyage de la Chine, une tempête violente s'étant
multi relictis idolis suis conversi erant ad verum Deum, et Jesum Christum Filium ejus. Cumque Servus Dei ad Siuas in magna navi, qua quingenti vehebantur, navigaret; cessaverant adeo venti, ut quatuordecîm diebus navis eodem loco liœsisset immota. Cumque inter cœteras diffîcultates, aquse penuria valde laboraretur, multique jam siti deflcerent ; vir Sanctus omnia navis vasa marina aqua irapleri jusserat : fusisque instanter ad Deum precibus, super ea signum Crucis fecerat : ac repente aqua illa salsa dulcis salubrisque effecta erat. Quo miraculo plures, qui in navi erant, infidèles cvediderant in Deum : quin etiam aquse illius, quœ abunde superfuerat, potu plurimi per multas Indiarum Provincias variis , quibus vexabanlur, niorbis sanati fuerant. ■
Ad easdem Slnas contendens, cuni saevissima orta tempestate, omnes de se actum esse existimarentj et gubernator navis, ne repentinae vis procellœscaphamauferret,vaUdiseam rudentibus ad onerariam alligari jussisset; non multo post abruptis retinaculis, scapham tempestas abstulerat tanto impetu , ut pêne temporis momento omnium conspectum elTugisset : et
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élevée, tout le monde croyait être à sa dernière heure. Le pilote du navire , craignant que la chaloupe ne fût enlevée par la force de l'ouragan , la fit attacher au corps du bâtiment par des câbles très-solides; mais peu d'instants après, tous ces liens se rompirent, et la chaloupe fut si impétueusement enlevée par le vent, qu'elle disparut immédiatement de la vue de tous, et ceux qui avaient sur cette barque des parents ou des amis, se mirent à les pleurer comme des gens perdus. FRANÇOIS , au milieu de toutes ces larmes, invita l'équipage à reprendre courage, et prédit qu'avant trois jours la fille reviendrait auprès de sa mère, entendant parler de la chaloupe qui reviendrait auprès du navire. En effet, le troisième jour, par la grâce divine, on vit l'embarcation reparaître, se diriger seule vers le bâtiment , et s'en approcher d'elle-même. Elle y arriva si précisément , que tous ceux qui la montaient purent sans peine être recueilUs à bord; et celte embarcation , au milieu des flots, demeura sans mouvement pendant tout le temps qui fut nécessaire pour la rattacher au navire : et tout le monde resta dans l'admiration du miracle.
FRANÇOIS venait d'arriver aux îles Moluques, et il y annonçait le premier la parole de Dieu, avec une fervent d'esprit singulière : dans la seule ville de Tolo il avait baptisé vingt-cinq mille personnes. Ces néophytes, pour obéir au tyran de la contrée, abandonnèrent la foi de Jésus-Christ, rasèrent l'éghse, brisèrent
prout quisque cognatos, et necessarios in scapha habebat, certatim eorum casum deplorare cœperant. Franciscus ergo universos collacrymantes bonum eos habere animum jusserat : ac prœdixerat, fore ut ante triduum filia remearet ad matrem : significans, scapham ad onerariam redituram : prout Deo dante, apparere visa fuerat, et recte ad onerariam tendere, et sponte ad illam accedere ; atque ita apte se applicare, ut illi omnes, qui in ea erant, commode excepti fuissent : quœ etiam in mediis fluctibus, nemine illam relinente, tamdiu steterat, quoad religaretur ad navim, atlonitis omnibus ex miraculo remanentibus.
Ad Moluchas Insulas etiam Franciscus advenerat, ubi magno Spiritus fervore Verbum Del primus annuntiabat : atque in Urbe Tolo vigintiquinque millia hominum baptizaverat : qui cum suasu Tyranni cujusdam Christi fidem deseruissent, Ecclesiam solo sequassent, Cruces, Sanctorumque Imagines confregissent et conculcassent ; Franciscls, zelum Domini zelatus, viginti Lusitanos, ac quadringentos circiter indigenas ad ultionem tant! sceleris incitaverat : eoque duce ac victoriœ sponsore, lam pauca militum
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et foulèrent aux pieds les Croix et les images des Saints. FRANÇOIS, eiiflammé du zèle du Seigneur, exhorta vingt Portugais et environ quatre cents indigènes à aller punir un si grave attentat : avec un tel chef, qui leur garantissait la victoire, cette poignée de combattants entreprit une expédition contre une ville très-forte, révoltée contre Jésus-Christ. A peine étaient-ils arrivés dans le voisinage de Tolo , que l'homme de Dieu s'arrêtant se mit en prières. Aussitôt la montagne qui dominait la ville vomit un incendie immense ; il en rejaiUit une pluie si prodigieuse de cendres et de pierres, que leur amas égalait en hauteur les murailles de la ville, et la citadelle même, construite sur une éminence. En même temps , un tremblement de terre effroyable ébranla toute la place, et fit tomber un grand nombre de maisons. Les habitants, épouvantés de ces catastrophes, désertèrent leur ville et se réfugièrent dans les forêts d'alentour. Tolo fut aisément occupée par les soldats de FRANÇOIS : et les citoyens vinrent bientôt se prosterner à ses pieds, et s'étant soumis à une salutaire pénitence, obtinrent la rémission de leur crime.
Plus tard, lorsque FRANÇOIS voyageait par mer entre les mêmes îles, une furieuse tempête s'étant élevée, il entreprit de l'apaiser, et plongea dans les eaux le crucifix qu'il portait ordinairement suspendu à son cou. Le crucifix, échappé de ses mains par la violence de l'orage, tomba dans le fond de la mer, à la
manus advcrsus Urbem niunitissimara, Christi rebcllem, expedilionem aggrediebatur : sed cum prope Urbem pervenissent , substlterat Vir Dei ac orationi se dederat : stalimque vicinus mons magnum émiserai incendium : adeoque ingentem cineris ac pumicum vim erucîaverat, ut Urbis alque arcis, quae in edito slta erat, muros œquasset : horribilisque propterea terrse molus totam Urbem concusserat , plurimasque domos subverterat : quibus malis exterriti incolîE , déserta Urbe in proximas silvas confugerant : Urbs itaque a Francisci militibus facile capta erat : cives vero ad ejus pedes prostrati, acceplaque salutari pœnitentia, delicti veniam impetrarant. .,';'',"■.;-:.'•. \ ; ■■- V ' ' '--''^'s^' - '■•■■■. ■
Ulterlus, cum inter easdem Insulas Fraxciscos nàvigaret, ac saBvissima ortaesset maris tempestas; ad eam sedandam, Crucifixi imaglnem, qnam collo appositam gestai-e solebat, undis jmmiserat : quae \i procelliE e manibus excussa, in profunduni maris, non sine magno ejus mœrore delapsa eratj sed laetiflcaverat Doaiinus animam Servi sui : nam, cum ad terram applicuisset, ac secus littus itcr faceret : marinus Cancer ex undis
Eil
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grande affliction du Saint. Mais Dieu voulut consifler l'âme de son serviteur : en effet, lorsque François fut descendu à terre, et qu'il se promenait le long du rivage , une écrevisse de mer apparut au-dessus des ondes, et sortant de la vague, vint se dresser devant les pieds du Saint , tenant entre ses pinces le crucifix élevé. FRANÇOIS, se prosternant, reçut pieusement le crucifix , et dans une longue oraison rendit grâces à Dieu d'un si prodigieux bienfait. Dieu avait éclairé d'un esprit prophétique son serviteur, qu'il avait destiné pour être la lumière des nations ; et , par de nombreuses preuves, il rendit ce privilège de grâce manifeste en XAVIER. Parmi toutes ces preuves, lorsque les populations d'Achem, parmi lesquelles se trouvaient un grand nombre de mahométans, étant montées sur soixante navires, avaient incendié la flotte chrétienne , et fait périr un grand nombre de personnes par les plus affreux supplices , deux cent trente soldats , distribués dans huit navires , agissant par l'inspiration de FRANÇOIS , qui leur promettait la victoire au nom du Dieu, des armées, se mirent en devoir d'aller au-devant de l'année barbare. Un mois s'était écoulé , et aucune nouvelle n'était venue de cette expédition ; la population était consternée , et désespérait déjà du salut de ses concitoyens , quand FRANÇOIS , à l'heure même de la bataille , annonça dans l'église l'engagement des flottes, et la victoire insigne des chrétiens , de même que s'il y eût personnellement assisté ;
subito prosiluerat : atque ante pedes ipsius steterât, eahdem Crucem morsibuselevatam gerens; et Franciscus in genuaprovolutus eam dévote suseeperat, ac diuturna oratione ob tam egrcgium munus Deo gratias egerat. " , . , ' ^ ^ '
Prophetico etiam Spiritu Deus servnm suum, qùem in Luceiri Genlium dederat, llluminaverat : atque adeo insigne donum pluriinis manifest£>verat exemplis. Atque inter cœtera, cum Âceni populi. intcr quos etiam Turcaî erant multi, sexaginta navium classe vecti, Christianorum nayes concremassent, ac multos crudelissimis suppliciis affectes enecassent; ducenti ac trlginta milites in octo naves distributi, Francisco suadente, ac in nomine Domini Exercituum victoiiam promittente, classem Barbarorum insecuti erant : transactoquc jam mense, cum nuUus ab ipsis nuntius adveniret consternatis omnibus, jamque de civium suorum sainte desperantibus ; Franciscus in ipsa conflictus hora classium congr'essum, ac insignem Christianorum victoriam, haud secus ac si prœsens esset, in concioiie narraverat: ac diem, quo tantœ rei nuntius adventurus esset, prœdixerat. Qua; omnia,
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il prédit également le jour 6S devait arriver la nouvelle de ce merveilleux succès. Toutes ces prédictions, à l'admiration universelle, furent confirmées par des avis authentiques, dans le temps même qu'il avait déterminé. ,
Deux navires ayant quitté lé port dans un même temps» FRANÇOIS prédit, à l'occasion d'une grande tempête qui s'éleva, que l'un des deux bâtiments ferait naufrage, et que l'autre, sur lequel il était lui-même, seiait exempt de tout danger de la part de la mer, et se dissoudrait naturellement dans les chantiers d'un port. La double prédiction fut confirmée par les événements : peu de jours après on aperçut les débris de l'un des navires; et l'autre, que la renommée de la prédiction faisait appeler le Vaisseau du saint père, et que, partout où il abordait, on accueillait avec allégresse, finit, après de longues années et après un grand nombre de, voyages accomplis heureusement, par tomber spontanément en dissolution dans un chantier de port, où on l'avait mis à sec pouf le réparer.
Dans une peste qui se répandit parmi les flottes portugaise et espagnole, qui étaient à l'ancre dans le port d'Amboine , le saint homme assistait les malades selon sa coutume : il avait fait demander à Joarn d'Araujo du vin en présent pour l'usage de ces malades. Araujo avait envoyé ce vin, non sans peine, craignant d'en manquer personnellement. Alors le serviteur de Dieu fit avertir
cum ingenti omnium admiratioije, eo ipso, quo designaverat,4erapore cerlls nuncîis approbata fuerant. - -. , .' ; , v
Cumque duse naves eodetn tempore e portn suivissent praedixerat ï*ranciscus, suborta magna tempestate, alteram naufragium passuram ; alteram vero (et in hac ipse reperiebatur) extra onine maris periculum in navali dissolvendam : quam prsedictionem utMusque exitus comprobaverat : cum alterius fragmenta non multo. post conspecta. fuissent ; altéra vero multis tute peractis itineribus, cum publicato vaticinio Sancti Patfis navis vocaretur, acubicumque appelleret, cum plausu exciperetur; demum post mullos annos in navali, ut reflcerelur, subducta, sponte corruerat.
Grassante quoque pçstilentia in Lusitanorum ac Hispanorum classibus, ' quse ad Amboinam Insulain appulerant, cum Sanctus Vlr œgrotis de more ministraret ; a Jeanne de Arausio, ut vinum sibi ad eorum usum elargiretur, petierat : quod Arausius gravatim , timens ne sibi deesset, miserai î quem Dei Servus admonuerat, ut in charitatis operibus largior esse vellet : brevi etenim fore, ut vita defungeretur, ejusque omnia bona in usus paupe-
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Araujo qu'il devait être à l'avenir plus généreux dans les œuvres de charité : car bientôt il aurait à quitter cette vie, et tous ses biens devaient se trouver dévolus aux pauvres. Et en effet , après un intervalle assez court, FRANÇOIS se trouvant à Ternate, c'està-dire à plus de deux cents milles de distance, et célébrant le sacrifice de la Messe, se tourna vers le peuple et prononça ces paroles : « Priez pour l'âme de Joam d' Araujo qui vient d'expirer. » Tout le monde en fut rempli d'étonnement; mais après douze jours un messager arriva , qui confirma la nouvelle de la mort d' Araujo, et vérifia la prédiction du saint homme.
Un marchand qui devait s'éloigner de Méliapour, lui ayant demandé quelque léger présent comme un témoignage de son amitié, le serviteur de Dieu détacha de son cou un- rosaire de la bienheureuse Vierge Marie , et lui en fit don , en lui déclarant qu'aussi longtemps qu'il le porterait sur sa personne, il échapperait sain et sauf à tout danger de mer. Il arriva que le marchand, après être sorti du port, vit son vaisseau faire naufrage : il se réfugia, ainsi que d'autres passagers, sur un radeau fait avec des débris : or dans la haute mer ses sens l'abandonnèrent, et il eut une vision : il crovait être avec FRANÇOIS le serviteur de Dieu, et s'entretenir avec lui dans l'endroit même où il en avait reçu le rosaire. Enfin le cinquième jour depuis qu'il était descendu sur le radeau, ses esprits lui revinrent, comme s'il s'éveillait d'un profond som-
rum cédèrent. Cumque post non multum temporis ?patiura, ad Ternatem Insulam, quœ ducentis amplius milliaribus a loco distabat, adventasset, ac Missœ saciiflcium celebraret, versus ad populum : Orate (dixerat) pro A a Joannis de Arausio, qui modo ex[»iravit. Stupentibus omnibus> post duodecimum demum diem supetvenerat, qui 'visionem SancU viri verissimam fuisse nuntiala Arausii morte declaraverat. ' ' - / ■
Mercatori cuidam Meliapore discessuro, ac munusculum aliquod tamquani benevolentiae signum, à se po&tulanti, Servus Dei Beatœ Mari^ Virginis Coronam precariam e collo detractam, elargitus eràt : aflirmans. fore, ut, quamdiu illam pencs se haberet, ab onmi maris periculô incoluniis esset evasurus. A porlu ilaque Mercator solvens naufragium fecerat : cumque in iabulata, ex lignis raptim composita, cum nonnuUis aliis vectorifaus exlllisset; in alto mari, alienato a sensibus animo, visus esset sibi cum ipso Servo Dei Francisco in co loco , in que coronam precariam acceperat, coUoqui; quinte demum die, ex quo desllierat in illa Iabulata, ab ea auinii ecstasi, velut ab alto somno experrectus ,
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meil ; ses compagnons et le radeau , tout avait disparu , et il se trouva sain et sauf sur le rivage de Négapatam , auprès dé Méliapour.
Pedro Velho, qui avait fait paraître un zèle adriiirabilë en prodiguant à l'homme de Dieu la somme qui lui était nécessaire pour une œuvre de charité, en avait reçu la promesse que jamais le nécessaire ne lui manquerait, et qu'il connaîtrait à l'avance, par une grâce de Dieu, l'heure précise de sa mort: et les deux prédictions se vérifièrent. En effet Pedro, qui éprouva des pertes considérables dans sa fortune , se vit toujours assisté très-libéralement par tout le monde ; et après un grand nombre d'années, l'heure de sa mort lui fut révélée : il se rendit à l'église, et s'étant placé dans un cercueil, il entendit la messe et les prières qu'il avait désiré que l'on récitât pour le salut de son âme, et aussitôt après il s'endormit dans la paix du Seigneur.
§ Zi. Enfin, l'homme de Dieu ayant heureusement consommé le cours de son pèlerinage, ayant vu le renom de sa sainteté répandu dans le monde, étant Jui-même plein de bonnes œuvres, après avoir surabondamment reçu de la part du Seigneur, dans l'ordre spirituel , la bénédiction du patriarche Abraham, et être ainsi devenu le père d'un grand nombre de nations, après avoir vu se multipUer les fils, qu'il avait engendrés à Jésus-Christ, au delà des étoiles du ciel et du sable qui couvre les rivages de la mer, après
cuni neque tabulata, neque Socii unquani comparaissent, in littore Negapatani prope Meliaporem salvum et incolumem se repererat.
Petro' Vellio autem, qui summa volunlate in quoddam charitatis bpus pecuniam Viro Dci elargitus fuerat, proniiserat fore, ut nunquam ei necessaria deessent, ac mortis horani divînitus praecognosceret : quorum utrumquc acciderat. Nam quaravis Pelrus maxima perpessus esset rei famiiiaris détrimenta; semper tamen ab omnibus summani libcralilatem c.xpertus erat : ac transactis démuni multis annis, revelata sibi mortis hora, se in Ecclesia in feretro coraposuerat, auditaque Missa, ac precibus, quas pro animœ suœ sainte recitari jusserat, ibidem statimin pace obdormiverat.
S 4. Deraum Vir Dei consummato féliciter peregrinationis suœ cursu fama sanctitatis clarus, et bonis operibus plenus, cuni ei benedictionem Patriarchse Abrahee Dominus spiritualitcr elaigitus esset, ut multarum gentium pater efllceretur, et filios, quos Christo Jesu genuerat, super Stellas Cœli , et super Arenam, quse est in littore maris, multiplicatos videret, et
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avoir même envoyé devant lui dans les célestes royaumes plusieurs de ces enfants, décorés des palmes teintes de leur sang, ayant reçu de tous les royaumes de l'Inde et de tout l'univers chrétien le titre d'Apôtre 4es Indes orientales, avait entrepris de faire pénétrer l'Évangile dans l'Empire immense de la Chine, quand, épuisé par les travaux continuels et supérieurs aux forces humaines qu'il avait accomplis pour la gloire de Dieu, s'étant arrêté dans une île, prés du continent chinois, le 2 décembre , en l'an du Seigneur 1552, il s'envola vers la gloire céleste, pour aller régner éternellement avec Dieu.
Après sa mort, son corps fut couvert de chaux vive, afin que la chair étant consumée, les ossements pussent être transportés dans les Indes; et, après avoir enfermé le corps dans un cercueil de bois, on le déposa dans la terre; après quatre mois on l'exhuma, et on le trouva frais encore et flexible, et les vêtements parfaitement conservés, comme si la sépulture était de la veille. Et malgré qu'on n'eût employé, pour l'ensevelir, aucune espèce d'aromates, néanmoins, par une faveur divine, il exhalait une si délicieuse odeur , que cette odeur surpassait les parfums les plus exquis.
On remit sur le corps de nouvelle chaux, et on le transporta à JVIalacea, ville fameuse de l'Inde orientale. Dans cette ville, une contagion meurtrière faisait chaque jour de nombreuses victimes;
ex eis plurimos proprio sanguine lauréates ad Ccelestia Régna pramisisset; Orientalinm Indiarum Apostolus ab universis Indiae Regnis, totoque Chri- Btiano Orbe appellatus, dum aditum Evangelio in vastissimo Sinarum Imperio quaerebat, assiduis laboribus, quos ultra humanas "vires pro gloria Dei toleraverat , confractus : in Insula prope Sinas die 2 Decembris Anni Domini millesimi quingentesimi quinquagesimi secundi ad Cœlestem gloriam, perpetuo cum Deo regnaturus evolaverat. Defuncti corpus viva calce perfusum, ut exesa carne ossa in Indiam exportarentur, inclusumque arca lignea sepultum fuerat : quod post quatuor menses effossum, ita recens ac tractabile, vestimentisque adeo integris, ac si nuper esset tumulatum, repértum extiterat. Et quamvis nuUo odoramentorum génère curatum fuisset, divine tamen munere eam odorum fragrantiam spirabat, ut esset super omnia aromata. Calce itaque rursus injecta, Malacam, quœ in Ôrientali India Urbs est celeberrima, delatum extiterat. In qua eura saevisslma pestis plurimos quotidie conficeret, ingenti beneficentia adventum ejus Deus insigniYerat. Nam sacre Corpore in Urbem illato, adeo omnis contagio desie-
mais Dieu signala, par une grande miséricorde, l'arrivée du corps. Car, à peine les saintes reliques étaient dans la ville, que le fléau cessa complètement, et que, dès cette heure, personne n'en fut plus atteint. On ouvrit de nouveau le cercueil, et l'on trouva, comme la première fois, le corps intact, et qui répandait la même odeur suave. Tandis qu'on le transférait dans un autre cercueil, un sang vermeil découla d'une épaule, que les dimensions dn premier cercueil avaient légèrement comprimée. < I v ^
Enfin, neuf mois après la mort, le sépulcre fut ouvert encore, et l'on retrouva conmae ppécédemment, par une vertu divine, le corps exempt de corriiptioiii, et exhalant un parfum céleste : seulement le voile, dont la face était recouverte, était teint d'un sang vermeil, par l'effet de là terre qui avait pressé le cercueil. Le précieux dépôt fut enfermé dans une autre caisse recouverte de brocard d'or, et transporté dans les Indes, [au port de Cochin, où se fit un concours immense de toutes les populations de ces contrées, pour honorer la dépouille mortelle de leur commua père en Jésus-Christ. ■'' ■ -V-' ;<|^: ' ;' : ' \r »-■■:■■ :■.■--
De Cochin, on le transféra très-solennellement à Goa, où il fut reçu par le vice-roi et par toutes les classes de citoyens, au milieu d'un concours prodigieux, et avec une dévotion singuhère;.et il demeura dans l'éghse de la Compagnie de Jésus, afin que la dévotion des peuples se trouvât satisfaite. Il fut exposé durant trois
rat, ut ea deinceps nuUus omnino correptus fuisset. Arca itaque rursus aperta, integrum sicut antea, eandemque odoris suavitatem diffundens, repertum etiam fuerat. Cumque in novo loculo conderetur; ex liumero, ob arculîe brevitatem paulum compresse recens sanguis efiluxerat. Nopo demutn post obitum mense, senulchro iteium patefacto, rursus ut antea divina virtute a corruptione immune, ac cœlestibus pérfèsum aromatibus inventum, velo, quo faciès ejus operta fuerat, ob ing^rae lèrrse pondus rccenti cruore consperso. Nova itaque arca sericea au reaqù© veste contecta pretiosissimum pignus inclusum in ludiam ad Cocciniporlum delalum erat : confluentibus undique ad honorandum communis in Chri'sto jcsu parenlis corpus,^ plurimis earuni gentium; populis. Inde GoamvjQ^ignl cclebrltate translatum, a Prorege ac omnibus Civium ordinibus ma^mà frequentia ac devotione exceptum, et in Ecclesia Societatis Jesu, ut populôrûm dcAotioni satisfieret, validis canceliis intçïpsum, omnium oculis pcr tridiiura expositum remanserat : ejusdemque Proregis jussu ab insigni Medico, d^dcque Vicario Goano visltâtum, ac pertentatum, omni ex paile incorruptum, integria
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jours aux yeux de tous, protégé seulement par des barrières solides. Par les ordres du même vice-roi , un médecin très-éminent et le vicaire général de Goa visitèrent et palpèrent entièrement le corps, et le trouvèrent absolument exempt de corruption ; et les intestins mêmes étaient parfaitement conservés; de même un sang frais distillait encore de la lésion légère éprouvée par le corps.
Ce fut alors qu'une femme, conduite par un sentiment de dévotion, et s'approchant comme pour le baiser , saisit de ses dents l'un des orteils du Saint, afin de l'arracher dans la morsure, et le sang se mit à couler avec abondance. Qe| la ï touchante bonté du Très-Haut ne se contenta point dé glorifier son Saint en présence de tous les peuples, par ces étonnants prodiges; mais, en tout temps, elle prodigua de merveilleuses grâces à tous ceux qui implorèrent avec confiance l'intercession du Saint ; ainsi que le manifestèrent un grand nombre d'exemples, et principalement ceux qui, vont être rapportés.
Un enfant, natif de Goa, qui, depuis le jour de sa naissance, avait ses deux pieds absolument desséchés, ainsi que les jambes, au point de ne pouvoir s'en servir pour marcher, et d'être obligé de se soutenir avec les mains , fut conduit , par sa nourrice , au tombeau du Saint , et prit la résolution de le visiter neuf jours de suite. Il avait déjà commencé l'accompiissement de son vœu ; le
etiam mtestinis comperlum fuerat : manante etiam exparvo inflicto vulnere recenti cruore.
Qub tempore, cum mulier quœdam affectu devotionis incitata, specie oscalantis, pedis digitum, ut illum abscinderct, morsu apprehendissct, statim sanguis ellluxerat. Sed Altissimi benignitas non his modo mirabilibus Sanctum suum in conspeclu omnium populoriim miriflcaverat ; sed omni terapôre iogentia praestabat bénéficia his, qui ejus inlcrcessionehi fideliter implorabant : ut plurimis cxemplis, praeserlim vero infia inserlls, manlfestum erat.
Puer quidam. Goae nalus, qui utiumque pedcni a nalivitatc adeo aridum, et crurâ sicca hàbebat, ut illis non posset insistere, sed manibus replare cogeretur, ad Servi Dei sepulchrum àb educatiice pciductus, singuiis novem diebus \isitare statueiat. Cumque votum cœpisset adimplerc; terlia jam die, qua sepulchrum \isitabat, Puer in èjus gremio existens, repente ferream sepulchri cratem manibus apprehendens, suis stare pedil)us, et ambulare cœperat, et stalim oninino sanus e\ascrat : et inlra novem dics,
-■ -fr^^'^f^T*^ ^^' -
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troisième jour de ses visites au tombeau, l'enfant, se redressant sur le giion de la nourrice, saisit tout d'un coup, avec ses mains, la grille en fer du tombeau, et commença à se tenir sur ses pieds et à marcher; dès cette heure , il se trouva complètement guéri; et , dans le cours de la neuvaine qu'il avait fait vœu d'accomplir, ses jambes s^emplirent de chair, et, depuis cette ^oque, il continua à jouir ft^e santé robuste et parfaite.
A Cottate, ville des Indes orientales, un enfant d'un mois était mort, et on l'avait disposé pour être mis dans la terre. Les parents firent vœu avec une grande foi, d'offrir un présent considérable au tombeau du serviteur de Dieu, si l'enfant revenait à la vie, et de donner à cet enfant le nom de FRANÇOIS. Sur l'heure même l'enfant commença à ouvrir les yeux, à agiter les bras et les mains, et à faire entendre des vagissements ; et bientôt les parents recouvrèrent leur fils non-seulement vivant, mais entièrement guéri et plein de forces : ils acquittèrent leur vœu dans une joie profonde, et répandirent dans toute leur contrée le récit d'un miracle aussi extraordinaire.
Dans la même ville, le Saint apparut à un aveugle pendant le temps de son sommeil ; il l'engagea à se rendre sans différer en l'église du tombeau, où il devait recouvrer la lumière de ses yeux. L'aveugle obéit fidèlement au conseil, et durant la neuvaine de prières qu'il fit devant l'image de FRANÇOIS, toutes les ténèbres
quos promiserat, crura carne repleta fuerant : et sic semper valens, et sanus deinde vixerat.
Cottatœ, Indiœ Orientalis Civitate, unius mensis infans movtuus ad sepulturam curatus erat : Voverant itaque cum ingentl flde Parentes, se insigne donum^i'si puer reviveret, sepulchro Servi Dei oblaturos, ac Frascisci nomen ci imposituros. Repente infans aperire oculos, brachia pedesque movere, ac vagire cœperat : ac paulo post, non vivum modo, sed et omnino sanum.atqueincolumem filium receperunt : redditisque cumingenli gaudio votis, tam insigne miraculum per totam illam Regionein divulgarant.
In eadem Urbe cœco cuidam Sanctus per quietem apparuerat : eumque monuerat, ut ad Ecclesiam ejus visitandam, ociUorum lumen ibirecepturus, pergere non differret, Paruerat fideliter homo : ac, dum per novem dits ante Francisci Imaginem orabat, repente, discussa onini caçcitatis caljgiiie, sanatus erat, et perfecle viderai. ■ ■-■■' • .^^^^ ':5'^^:. ^É^ v^^S!
Quin-eliam leprosus quidam in eodcm loco ma^§OiducJa ad Sancti ihlercessionem confugerat : proprioque corpore, oleo lampadis, quœ ad ejus
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de la cécité s'évanouirent soudainement de ses yeux, et il vit d'une manière parfaite. # Enfin, au même lieu, un lépreux avait eu recours avec une grande confiance à la protection du Saint : après avoir fait une onction sur tout son corps avec l'huile de la lampe allumée devant l'image, il était prosterné et priait, lorsqu'il se vit en uû instant purifié de sa lèpre et parfaitement sain de corps.
Francisca Rebelhez avait de même éprouvé l'effet de Cette vertu miraculeuse): depuis longtemps eUe souffrait d'un flux de sang, et d'une enflure du ventre accompagnée de grandes douleurs. Elle oignit plusieurs fois son corps avec l'huile de la lampe suspendue devant l'image de FRANÇOIS, et elle se vit subitement guérie, et si parfaitement , que jamais après ce jour elle n'éprouva les plus légères atteintes de ses infirmités anciennes.
Souvent encore il arriva que les lampes suspendues devant cette image du serviteur de Dieu, en y versant simplement de l'eau bénite, brûlaient comme si elles étaient remplies d'huile, et donnaient une égale lumière : au profond étonnement des infidèles euxmêmes, que les chrétiens conviaient à venir contempler ce fait miraculeux, non sans de merveilleux avantages pour la dilatation de notre foi.
Gonçalvez, habitant de la ville de Cochin , avait épuisé vainement toutes les ressources de l'art médical pour être guéri d'une
hnaginem ardebat, peruncto, dum prostratus orabat, repente a lepra mundatus atque omnino sanus effectus erat.
Eandem virtulem experta erat Francisca Rebelles, quse a multo tempore sanguinis fluxum, ac ventris tumorem cum ingenti dolore patiebatur. Lampadis enim ante ejus Imaginem pendentis identidem se oleo ungens, statim adeo perfecte convaluerat , ut nuUas amplius eorum mOrborum sensisset reliquias.
Fréquenter enim acciderat, ut lampades ad eandem Servi Dei Imaginem appensae, aqua tantum benedicta infusae, haud secus ac si oleo plenœ fissent, ardèrent, lucerentque : stupentibus etiam infidelibus, quos ad tantae rei miraculum conspiciendum, non sine magno fidei nostrœ incremento Christiani invitabant. ' . • • ;;
Cum frustra omnes medicae artis opes expertus esset Gundîsalvus, Coccinensis Civitatis Incola, ut inveterato cancri morbo, qui pectus ejus assiduis doloribus vexabat, mederetur, ad divinam opem conversus, Omnipotentis Dei misericordiam, ut se B. Francisci merilis sanum faceret, implôraverat.
APPENDICE. pg?
affection cancéreuse invétérée, qui lui dévorait l'estomac en lui causant de continuelles souffrances. S'étant tourné vers les divins remèdes, il implora de la toute-puissante miséricorde de Dieu, de le guérir en vertu des mérites du bienheureux FRANÇOIS. Il appliqua sur la partie malade une naédaille de cuivre représentant l'image de FRANÇOIS : et dans le même instant , il se vit délivré de tousses maux. : ' " ' ' ''-p^
Un citoyen de la même ville, Manoël Rodriguez, avait les pieds couverts d'ulcères; et la contraction des nerfs les avait rendus si débiles, qu'il ne pouvait s'y appuyer pour marcher : à ces maux s'était ajoutée une dyssenterie très-intense et très-dangereuse. Déjà les médecins ne répondaient plus de son existence, lorsque le malade eut recours à l'intercession de FRANÇOIS le serviteur de Dieu ; il fit sur sa personne le signe de la croix avec la même médaille, et but l'eau dans laquelle on avait plongé la médaille : et il éprouva de si merveilleux effets de la vertu divine, qu'en moins de trois jours il fut délivré de toutes ses maladies, et recouvra la santé la plus parfaite. ^ v ;'
Maria Diaz éprouva de mêmTèîa vertu de cette image du serviteur de Dieu. Depuis sept ans elle était atteinte de paralysie et de cé-r cité : elle fit le signe de la croix sur ses membres affectés par la maladie , et les lava de l'eau sanctifiée par l'immersion de la médaille : et sept jours n'étaient pas accompUs, qu'elle avait reçpu-
Imaginera igitur ejus œre excusam ulceri applicuerat : eodemque momento ab omni plaga incolumis evaserat.
Ejusdem Urbis Civis Emmanuel Rodriquez pedes habebat ulceribas plenos, ac ob nervorUm contractionem adeo débiles, ut illis insistere non valeret : quibus i^Us et gravis et perîculosa dyssenteria accesserat. Medicis itaque de ejus^^ife' dissidentibus, cum ad intercessionem Famuli Del Francisci aeger confugisset; eadem imagine corpus suum in formam Crucis signaverat; et aquam, in qua eadem mersa fuerat, ebiberat : taleraque divinse virtutis senserat effectum; ut intra tridui tempus ab omnibus morbis incolumis integram consequutus fuisset sanitatem.
Ejusdemve Servi Dei Imaginis praesentem agnoverat virtutem Maria Diaz : Septem etenim annis caecitatem ac paralysim perpessa , signum Crucis debilitatis membris impresserat; eaque ejusdem Imaginis immersione, aqua sanctiflcata laverat, necdum septem praeterierant dies, cum oculorum lumen, ac corporis cœlesti dono acceperat incolumitatem.
S 6. Hinc faetum erat, ut, cum tôt tantisque signis Servum suum Omnipo-
âOS
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vré, par un don divin, la lumière de ses yeux et la parfaite santé de son corps.: • ■ . . /
§ 5. Ces merveilles si multipliées et si insignes, par lesquelles le Dieu tout-puissant, dans la vertu de son bras, avait glorifié son serviteur, les récits prodigieux qui s'en étaient répandus dans toutes les parties de l'univers , et non-seulement la dévotion qui en était le fruit, de la part des fidèles de Jésus-Christ, à l'égard de François Xavier, dévotion qui prenait un immense accroissement, mais aussi la lumière qui apparaissait dans les âmes d'un nombre immense d'infidèles pour la connaissance de Dieu et de Notre-Sei gneur Jésus-Christ : tous ces faits prodigieux déterminèrent le roi Jean de Portugal, précédemment nommé, qui se sentit pénétré lui-même d'une dévotion toute spéciale et remplie de zèle, à provoquer une enquête de la part des Ordinaires des différentes contrées sur la sainteté et les miracles de Xavier. Ces autorités accomplirent diligemment leur office respectif, et tous les actes en furent transmis en leur temps au saint siège apostolique. Le pape PAUL Y, de vénérable mémoire, notre prédécesseur , et qui l'était alors du pape Grégoire, accédant aux instances du roi Jean et de même à celles de Philippe III, d'illustre mémoire, roi catholique des Espagnes, pour la canonisation du serviteur de Dieu , députa Lancilotti, de vertueuse mémoire, alors auditeur de Rote ; notre cher fils maître Jean Baptiste Cochino, doyen du même tribunal
tens Deus in brachio excelso clariflcaret ; et per universum jam terrarum Orbem tôt mirabilium piœconia longe lateque diffunderentur ; ac propterea non soîum Christi Melium erga ipsiim devotio magna suscjperet incrementa; sed multorum etiam infidelium corda ad cognoscendum Deura, et Dominum nostrum Jesum Christum illuminarenlur, Joannes Lusitaniae Rex praedictus, zelo devotionis accensus, institerat, ut a diversis locorum Ordinariis super ejus sanctilate et miraculis processus fièrent. Qui cum diligenter munus suum explevissent; ac procedentibus temporibus omnia acta ad hanc Sanctam Sedem transmissa fuissent; recolendœ mem. Paolus PapaV. etiam prœdecessor noster, tune suus, instante pro Servi Dei Canonizationo etiam clarœ mem. Philippe III. Hispaniarum Kege Catholico, députa vit bonse mem. Horatium Lancellottum tune Rotae Audilorem, eoque ad Cardinalatus honorem subliraato ; dilecluin filium Maglstrum Joannem Baptistam Coccinum ejusdem Rotae Decanum; et pariter bonae mem. Franciscum Sacratum tune Archiepiscopum Damascenum, et Auditoris Rotae locura tenentem, ac deindc S. R. E. Cardinalem : qui et antiques processus examinarent, et
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de la Rote, qu'il éleva, dans cette circonstance, à la dignité de cardinal; et Francisco Sagredo,, de vertueuse mémoire, alors archevêque de Damas, et vice-auditeur de Rote, et qui depuis fut cardinal de la sainte Église romaine : et les chargea, comme commissaires, d'examiner les procédures antérieures, et d'en faire entreprendre de nouvelles en vertu de l'autorité apostolique, selon qu'ils le jugeraient convenable, afin de faire le rapport complet de tous ces actes, en y ajoutant leur avis, au même pontife PAUL notre prédécesseur. Ces commissaires décidèrent qu'il serait envoyé des lettres rémissoires à différents prélats des Espagnes, du Portugal et des Indes; et cependant eux-mêmes examinèrent de nouveaux témoins dans la cour apostolique. Après que les juges éminents, dont nous avons fait mention, eurent accompli leur part en ces enquêtes, ils transmirent aux auditeurs précédemment désignés les procès-verbaux dressés par eux-mêmes. Les auditeurs examinèrent et apprécièrent tous les éléments de la cause avec une parfaite maturité et durant un long intervalle de temps , ainsi que l'exigeait l'importance de la cause; et le rapport qu'ils en adressèrent au même pontife Paul, exprima que, d'après les teiines des décrets canoniques, il constait parfaitement de la vie sainte et des éminentès vertus du serviteur de Dieu FRANÇOIS, et des miracles que, tant pendant sa vie que depuis sa bienheureuse mort, le Dieu tout-puissant avait daigné opérer en vertu de ses mérites et par l'effet
novos auctoritate Apostolica faciendos, quatenus ipsis \'ideretur, décernèrent, atque omnia eidem Paulo prœdecessori una cum eorum sententia referrent. Qui litteras remissoriales ad diverses Praelatos in Hispaniaruin, Lusitaniœ, ac Indiarum Regnis constitutos decreverant : atque ipsi intérim inC uria novos testes examinarant. Cumque praedicti Judices partibus suis perfancti essent; eisdem Auditoribus processus a se confectos transmiserunt. Qui omnibus summa cum maturitate per plurimum temporis spatium (ut negatii gravitas pdstulabatV consideratis, ac perpensis; eidem Padlo praedecessori retulerant, juxta Canonicarum sanctionum décréta abunde constate de vitœ sanctimonia, ac eximiis virtutibus Servi Dei Francisci, deque miraculis, quae tam eo vivente, quam post felicem ejus obitum, ejus meritis, et interc,essionibus, Deus Omnipotens operaridignatus erat: Dignumque videri, si Eidem placeret, ut in Sanctorum Confessorum Catalogo adscriberetur. Cumque intérim praediclus Padlus praedecessor humanitatis debitum persolvisset: et prasdictus Gregoribs praedecessor ad sacrum Apofitolatus apicem Divina Providenlia assumptus fuisset; ac pro pajle charis-
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de son intercession : et FRANÇOIS leur paraissait digne, si le pontife l'approuvait dans sa sagesse, d*être inscrit sur le catalogue des Saints Confesseurs. Sur ces entrefaites, le pape PAUL, notre prédécesseur, ayant acquitté la dette de l'humanité , le pape GRÉ- GOIRE aussi déjà nommé et notre prédécesseur, ayant été choisi par la divine Providence pour occuper le rang suprême de l'apostolat sacré, fut instamment sollicité de la part de notre très-cher fds en Jésus-Christ , alors le sien, PhiUppe III, roi catholique des Éspagnes, de daigner faire continuer cette cause, et de lui faire faire de nouveaux progrès : il s'y joignit de très-vives prières de la part de différents autres princes, de plusieurs prélats, et de tout le clergé des Indes, qui adressaient de ferventes suppliques à la même intention. Le pape GRÉGOIRE, notre prédécessem% afln de procéder, dans une matière aussi grave, avec toute la maturité convenable, renvoya le rapport des auditeurs , désignés antérieurement , aux cardinaux de la sainte Église romaine spécialement chargés des Rites sacrés, pour qu'ils soumissent de nouveau toute l'affaire à la discussion la plus approfondie.
§ 6. Les cardinaux ayant accompli scrupuleusement cet examen, et ayant opiné tous et d'un avis unanime pour la canonisation du serviteur de Dieu, Francisco Maria Monte, de vertueuse mémoire, évêque de Portici et cardinal de la sainte Église romaine, exposa tout l'ensemble du procès, et la sentence commune de ses
simi in Christo filii nostri, tune sui, Philippi III Hispaniarum RegiS Cathalici instaûter requisitus. esset , ut negotium hujusmodi promovere, ae ad ulteriora procedere dignaretuf : accederentque aliorum Principum ac Praelatorum, et totius Indiae Cleri, idem suppliciter exposcentium preces; praedictus Gregorius prœdecessor, ut in re tam gravi ea, quadecebat maturitate progrederetur; prœdictorum Auditorum relationem ad S. R. E. Cardinales sacris Ritibus praefectos, ut rursus totum negotium quam diligentissime discutèrent, remisit. --'^
S 6. Quod cum illi accurate perfecissent, ac pro Servi Dei Canonizatione omnes unanimiter censuissentj bonée mem. Franciscus Maria Episcopus Portuen. S. R. E. Cardinalis de Monte nuncupatus, totius processus summam, etsuam CoUegarumque sententiam, coram dieto Gregorio prœdecessore, et Venerabilibus Fratribus nostris, tune suis, Sanctœ Romanae Ecclesiae Cardinalibus, de quorum numéro tune eramus , in Consistorio suo secrète exposuit. Quibus auditis reliqui Cardinales ad ulteriora fore procedendum communi sufFragio pronuntiarunt. Igitur cum in publico Consisto-
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collègues et de lui-mênie, en présence du pape GllÉGOIRÈ, notre pVédécesseur , et de nos vénérables Frères, alors ses Frères, les cardinaux de la sainte Église romaine , au nombre desquels nous étions alors, dans un consistoire secret. Après l'avoir entendu V tous les autres cardinaux prononcèrent, par un suffrage unanime» que l'on devait procéder plus avant. . ' ^^^
Donc, après que, dans un consistoire public, feu Giulio Zambeccari, alors avocat de la cour consistoriale, eut fait un discottrs étendu sur la vie et les vertus de ce serviteur de Dieu , et qu'il eut exposé les prières du roi catholique des Espagnes en vue dé ladite canonisation : qu'il eut humblement supplié le pontife de daigner y procéder : le pape GRÉGOIRE, notre prédécesseur, faisant valoir la piété du souverain des Espagnes, et son zèle pour la religion, répondit que, sur une affaire de si haute importance, les mêmes cardinaux de la sainte Église romaine, et les évêques présents dans la Cour romaine devaient être consultés. Et dans le même temps il exhorta très-ardemment dans le Seigneur, et avec toute l'effusion de son âme, lesdits cardinaux et évêques à supplier en toute humilité , dans les larmes, dans les jeûnes et dans les aumônes, Celui qui est la Voie et la Vérité, afin qu'il daignât le diriger lui-même dans son sentier, et lui accorder de marcher dans la vérité divine, et de pouvoir, avec la grâce d'en haut, connaître et accompUr sa volonté parfaite.
rio quondam Julius Zambeccarius , tune Aulae Consîstorialis Advocatus^ . plurima de hujus Servi Dei vita et virtutibus enarrasset, atque ejusdem , Hispaniarum Régis Catholici preces pro eadem Canonizàtione exposuisset; utque ad eam procédera dignaretur, humiliter supplicasset; dictas Grego- Rios praedecessor praedicti Régis pietatem, et religionis zelum plurimumin Domino commendans, super re tanta eosdem Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinales, atque Episcopos in Romana Curia praesentes consulendos esse respondit. Atque intérim Cardinales et Episcopos praedictos intimo coriiis sui aflectu vehementer in Domino hortatus est, ut in omni humilitate, et lacrymis, in jejuniis, et eleemosynis exposcerent ab Eo, qui est Via, et Veritas, ut dirigere dignaretur gressus suos in semitis suis; ut ingrederetur in veritate sua, ut quod beneplacitum esset in conspectu Ejus, întelligere ac perficere Eo auxiiiante valeret. Sequenti itaque semipublico Consistorio, ad quod non Cardinales modo, sed etiam Patriarchas, Archiepiscopos, atque Episcopos in Curia praesentes couvocari mandavit ; praesentibusque etiam Sedis Apostolicae Notariis^ nec non sacri Palatii Apostolici causarum Audito-
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-jc*
Dans le consistoire à demi public qui suivit , et auquel le pontife fit convoquer non-seulement les cardinaux mais encore les patriarches, les archevêques et les évêques présents à la Gour apostolique; en présence également des notaires du Siège apostolique, et des auditeurs des causes du sacré palais apostolique; après que le pontife eut fait un ample récit de la vie parfaite et des miracles de l'homme de Dieu, FR/^NÇOIS-XAVIER : qu'il eut exposé tout ce que cet éminent serviteur de Dieu avait souffert pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et avec quels fruits (Dieu lui-même étant l'auteur de cette fécondité) il avait répandu la divine parole parmi les nations inconnues ; qu'il eut fait également le récit de toutes les instances faites en présence de Lui-même, le pape GRÉGOIRE , notre prédécesseur, tant par le roi catholique que par les autres souverains et princes de la république chrétienne , il demanda les suffrages de chacun : et tous unanimes, bénissant Dieu, qui glorifie ceux qui l'honorent, émirent l'opinion que le serviteur de Dieu FRANÇOIS- XAVIER devait être canonisé et inscrit au nombre des Saints Confesseurs.
Le pontife entendant ce consentement unanime, tressaillit de joie en Dieu notre Sauveur : rendant grâces à Celui qui est la gloire de notre vertu, dans la volonté de qui notre puissance est exaltée contre toutes les forces ennemies, de ce qu'il avait daigné.
ribus ; cum plurima de egregia Yiri Dei Francisci Xa\-erii vita ac miraculis enarrasset ; et quanta insignis hic Dei Servus pro nomine Domini nostri Jesu Christi pertulisset, quantoque cum proventu (Domino incrementum dante) per incognitas naliones Verbum ejus disseminasset, exposuisset, commeraoratisetiam instantiis, quse coram drcto Gregorio praedecessore tum a Rege CathoUco, tum ab aliis eliam Reipublieae Ghristianae Regibus, et Principihus fiebant; cum singulorum sententias requisisset, omnesuno ore benedicentes Deum, qui honorificantes se glorificat ; Sen-um ejus Francisccm Xaveridm canonizandum esse, atque inter Sanctos ConfessoTes adscribendum censuerunt. Quorum omnium audito consensu exultavit in Deo salutari nostro : gratias agens El, qui est gloria \irtutis nostrœ, in cujus beneplacito contra omnes adversarias potestates exaltatur cornu nostrum, qui Ecclesiam suam in diebus islis hoc lumine illustrare, ac novo patrocinio munire dignatus esset. Canonizationis itaque publicavit diem infia scriptum : eosdemque Fratres , et fiiios noslros paterna charilate monuit, ut bonis operibus inhaerentes, precaréntur Deum misericordiarum, ut super eos sereno vultu respi-
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dans ces temps, illuminer son Église par ce glorieux flambeau, et la fortifier par ce nouveau patronage.
Il fit donc publier pour. la canonisation le jour qui sera désigné plus bas ; et, dans sa charité paternelle, il invita nos mêmes Frères et Fils à s'appliquer à de bonnes œuvres, et à conjurer le Dieu des miséricordes de diriger sur eux un regard favorable, et de disposer leurs actes pour la réalisation de sa sainte volonté.
§ 7. Enfin, après l'entier accomplissement de toutes les formalités, qui devaient être accomplies suivant les sacrées constitutions et la coutume de l'Église romaine, le 12 mars, en la deuxième année de son pontificat, le pape Grégoire se transporta dans la très-sainte basilique du Prince des Apôtres, avec les mêmes cardinaux, les patriarches, les archevêques et les évêques^ les prélats de la Cour romaine, les officiers et serviteurs de son palais, le clergé séculier et régulier, et un concours immense de peuple. En cette assemblée, après que les requêtes pour le décret de canonisation eurent été renouvelées au nom du même roi catholique des Espagnes, Philippe, notre bien-aimé fils, par notre cher fils, alors sort fils, Louis, cardinal du titre de Sainte-Marie au delà du Pont, de la famille Ludovisi, neveu, selon la chair, du pape Grégoire, parlant par l'organe de l'avocat prénommé, Giulio Zambeccari, et après que les prières de l'ÉgUse et les Litanies eurent été chantées, et que l'on eut humblement imploré la grâce de TEsprit saint, pour l'hon-
cere, et eorum actiones ad volunlatem Ejus perficiendam dirigere dignaretur. § 7. Demum peractis omnibus, quaeex sacris Constilutionibus, ac Romanse Ecclesiae consuetudine peragenda erant j quarto IdusMartii, Pontificatus su^ Anno secundo in Sacrosancta Principis Apostolorum Basilica, cum eisdem Cardinalibus, nec non Patriarchis, Archiepiscopis, et Episcopis, Romanœ Curiœ Prïelatis, Officialibus, et Familiarjbus suis, Clero saeculari, et Regulari, maximaque populi frequentia convenit. Ubi repetitis pro Canonizationis decreto, nomine ejusdem charissimi in Chrislo filii nostri Philippi Hispaniarum Régis Catholici, a dilecto filio nostro, tune suo, LudovicotituliS. Mariœ Transpontinœ Cardinali Ludovisio nuncupato, ejus secundum carnem nepote, per Julium Zambeccarium Advocatum prœdictum petitionibus, dccantatis sacris Precibus ac Litaniis, et Spiritus Sancti gratia humiliter implorata ad honorera Sanctissimfp, et Individuœ Trinitalis, ac Fidei Catholica; exaltationem, auctoritate Omnipotentis Dei Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, ac Beatorum Pétri et Pauli Apostolorum, ac Sua, de eorumdem S. R- E. Cardinalium, Patriarcharum, Archiepiscoporum, et Episcoporum in Romana
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neur de la Très-Sainte et unique Trinité et pour Texaltation de la Foi catholique , le pape Grégoire , par l'autorité de Dieu le Père Tout-Puissant , du Fils et du Saint-Esprit , et des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par la sienne propre, d'après le conseil et le consentement unanimes desdits cardinaux de la sainte Église romaine, des patriarches , des archevêques et des évêques présents en la Cour romaine, déclara être au nombre des Saints FRAN- ÇOIS DE XAVIER, de glorieuse mémoire, dont la vie sainte, la foi pure et les miracles éminents et multipliés étaient parfaitement constants : il décréta qu'on devait l'inscrire, et il l'inscrivit au catalogue des Saints Confesseurs, et commanda que tous les fidèles de Jésus-Christ l'honoreraient et le vénéreraient comme étant véritablement Saint.
§ 8. Et il détermina que dans l'Église catholique tout entière, des églises pourraient être élevées et consacrées en son honneur, ainsi que des autels où l'on offrirait à DIEU le Saint-Sacrifice, et que tous les ans, le second jour de décembre, jourauquel le Saint fut appelé à la gloire céleste , son office comme celui d'un Saint Confesseur, pourait être célébré selon le rituel du bréviaire romain.
§ 9. En vertu de la même autorité, il accorda miséricordieusementdansle Seigneur, à tous les fidèles de Jésus-Christ véritablement pénitents et confessés, qui, tous les ans, le jour de la dite fête, viendraient visiter le tombeau dans lequel repose le corps du
Curia prœsentium consilio, ac Hnanimi consensu gloriosa; mémorise FbancisccM Xaverium, de cujus vitae sanctitate, fidei sinceritate, ac miraculorum magnitudine, ac frequentia plene constabat, Sanctum esse definivit : et in Sanctorum Confessorum Catalogo adscribendum esse decrevit, et adscripsit : illumque abuniversis Christi fidelibus, tanquam vere Sanctum honorari, ac venerari mandavit.
S 8. Ac ut ab universali Ecclesia in ejus honorem Ecclesiae, et altaria, in quibas sacriflcia Deo offerantur, œdificari, et consecrari ; et singulis annis die secunda Decembris, qua ad cœlestem gloriam vocatus est, ejus Offlcium, ut de Sanclo Confessore, ad prœscriptum Romani Breviarii, celebrari posset, statuit.
§ 9. Eadem auctorilate omnibus Christi fidelibus vere pœnitentibus, et confessis, qui singulis annis eodem festo die ad sepulchrum, in quo corpus ejus requiescit, visltandum accédèrent, unum annum, et unam quadragenam; iis vero qui in ejusdem festi Octava, quadraginta dies de injunctis pœnitentiis nusericorditer in Domino relaxavit.
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Saint, une année et une quarantaine, et à ceux qui y viendraient dans l'octave de la fête, quarante jours d'indulgence sur les pénitences imposées par l'Église.
§ 10, Enfin, après avoir, avec une joie pleine de triomphe, rendu grâces à Dieu de ce qu'il avait glorifié son Saint en présence de tous les peuples, et de ce qu'il avait enrichi son Église d'une lumière aussi insigne, et avoir chanté, en l'honneur de saint FRANÇOIS, l'oraison solennelle des Saints Confesseurs, il célébra la sainte messe devant l'autel du Prince des Apôtres, avec la mémoire du Saint Confesseur, et octroya à tous les fidèles chrétiens qui étaient présents une indulgence plénière de tous leurs péchés.
§ 11. Or, afin que personne ne puisse désormais conserver de doute en aucune manière touchant les définition, décret, inscription, mandat, statut, relaxation et autres actes ci-dessus exprimés, en raison de ce que les lettres de notre prédécesseur, le pape GRÉGOIRE, par l'effet de la mort de ce pontife, n'ont point été rédigées concernant tous ces actes : Nous voulons et nous décrétons d'autorité apostolique que les définition, décret, inscription, statut, relaxation, concession d'indulgences, et les autres actes qui précèdent recevront leur légitime effet, à dater dudit jour, le 10 mars, aussi bien que si les lettres y relatives du pape GRÉGOIRE, notre prédécesseur, avaient été rédigées sous Ja date de ce jour , ainsi qu'il est rapporté précédemment ; et Nous voulons que les pré-
§ 10. Postiemo gratiis Deo cum exultalione actis, quod Sanctum suum in conspectu omnium gentium honorificasset, ac tam insigni splendore Ecclesiam suam decorasset, cantate inSancti Francisci honorem solerani Sanctorum Confessorum oratione ad Altare Principls Apostoloruni Missam celebravit, cum ejusdem Sancli Confessons commemoratione, omnibusque Christi fidelibus praesentibus plenariam omnium peccatorum Indulgentiam élargi tus est.
S 11. Ne autem de deflnilione, decreto, adscriplione, mandato, statuto, relaxatione, aliisque prœmissis (pro eo quod super illis ipsius Gregomi prsedecessoris literœ, ejus superveniente obitu confeclœ non fuerunt) valeat quomodo libet hœsitari ; Yolumus, et Apostolica auctoritate Decernimus, quod definitio, decretum, adscriptio, statutum, relaxalio, impertitio, aliaque praemissa a dicto die quarto Idus Martii suum debitum sortiantur effectum, ac si super illis ipsius Gregorii prsedecessoris literae sub Dat. ejusdem diei confectae fuissent : prout superius enarratur. Quodque prœsentes llterœ ad probandum plene defliiitionem, decretum, adscriptionem, aggregationem,
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sentes lettres suffisent en tous lieux pour la preuve de ces définition, décret, inscription, agrégation, statut, relaxation et autres actes qui précèdent; et qu'il ne soit exigé nul autre élément de preuve.
§ 12. Considérant, au surplus, qu'il serait difficile que nos présentes lettres fussent transmises dans tous les lieux où il serait nécessaire ; Nous voulons que des cojjies même imprimées de ces lettres, revêtues de la signature manuelle d'un notaire public, et confirmées du sceau d'un dignitaire ecclésiastique , obtiennent partout la même créance que celle qui serait accordée aux présentes lettres, si elles étaient produites et représentées.
§ 13. Qu'il ne soit donc permis à aucun homme d'enfreindre cette page contenant Notre décret et Nos volontés , ou de s'élever contre elle par une audacieuse témérité! Si quelqu'un se portait à un acte aussi criminel, qu'il sache qu'il encourrait ainsi l'indignation de Dieu Ïout-Puissant, et de ses bienheureux Apôtres Pierre et Paul !
Donné à Rome, en la résidence de saint Pierre, l'an de l'incarnation du Seigneur mdcxxtii, le 6 août, et la première année de notre pontificat.
-|- Moi URBAIN , Évêque de l'Église catholique.
"f Moi Dominique, du titre de S, Laurent in Lucina, Prêtre, Gard. Gymnasio.
t Moi M., du titre des SS. Quirice et Julitte, Prêtre, Cardinal Lante.
statutum, relaxationem, et alia prœinissa, ubique sufTiciant; nec ad id probationis alterius adminiculnm requiratur.
§ 12. Cœterum, quia difficile foret prœsentes nostras literas ad singula loca, ubi opus esset, deferri; Voiumus ut earum exemplis, etiam impressis, manu publici NotariL subscriptis, et sigiilo ab"cujus personae in dlgnitate Ecclesiasticà constitutœ munitis, eadem ubique fides habeatur, quœ ipsis praesentibus adhiberetur, si essent exhibltae vel ostensœ.
§ 13. NuUi ergo omnino hominum liceat banc paginamnostrorum decreti, et Toluntatum infringere, vel et ausu temerario contraire. SI quis autem hoc attentareprœsumpserit, indignationem Omnipotentis Dei.acBeatorum Pétri et Pauli Apostolorum ejus, se noverit incursurum. Datum Romse, apud S. Petrum anno Incarnationis Dominicœ mdcxxui. Octavo Idus Augusti , Pontiûcatusnostrianno primo.
"i- Ego Urbanus Catholicse Ecclesise Episcopus.
t Ego Dominicus tit. S. Laurentii in t Ego M. tit. SS. Quirici et Julittœ Lucina Presb. Gard. Gymnasius. Presb. Gard. Lantes,
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t Moi P., du titre des SS. Nérée et Achillée, Prêtre, Cardinal Grescenzio.
t Moi A., du titre de S. Pierre-aux- Liens, Prêtre, Cardinal Capponi.
t Moi G., du titre de Ste-Croix en Jérusalem, Prêtre, Cardinal Borgia.
t Moi Tib., du titre de Sainte-Prisca, Prêtre, Cardinal Mutus.
t Moi Rob., du titre de Saint-Alexis, Prêtre, Cardinal Ubaldini.
t Moi Jules, du titre de Sainte-Sabine, Prêtre, Cardinal Savclll.
t Moi Guido, du titre de Sainte-Mariedu-Peuple, Prêtre, Cardinal Bentivoglio.
t Moi Jules, du titre de Sainte-Marie-
sur -la-Minerve , Prêtre, Cardinal Roma.
-(- Moi Fr. Desiderio, du titre de S.-Clément, Prêtre, Cardinal de Crémone.
t Moi Cosme, du titre de S. -Pancrace, Cardinal de Torres, de la Sainte Église Romaine.
t C. de S. Nicolas in Carcere, Diacre, Cardinal Pio.
■f Moi Hippolyte, de Sainte-Marie- Nouvelle, Diacre, Cardinal Aldobrandini, Camérier de la Sainte Église Romaine .
t Moi A., Diacre de la Sainte Église Romaine, Cardinal de la Cueva.
t Ego P. tit. SS. Nerei et Achillei Prcsbyter Card. Crescentlus.
t Ego A. tit. S. Pelri in Vincula Presb. Card. Capponius.
t Ego G. tit. S. Crucis in Jérusalem Presb. Card. Borgia.
t Ego Tib, tit. S. Priscœ Presb. Card. Mutus.
t Ego Rob. tit. S. Alexii Presbyter Card. Ubaldinus.
t Ego Julius tit. S. Sabinae Presb. Card. Sabellus.
t Ego Guido tit. S. Mariœ de Populo, Presb. Card. Bentivolus.
•j- Ego Julius lit. S. Mariae super Minervam, Presb. Card. Roma.
t Ego Fr. Desiderius tit. S. Clementis, Presb. Card. de Cremona.
t Ego Cosmus tit. S. Pancratii S. R. E. Card. de Torres.
t C. S. Mcolai in Carcere Diacon. Card. Plus.
t Ego Hippolylus S. Mariae Novse, Diac. Card. Aldobrandinus S. R. E. Camerarius.
t Ego A. S. R. E. Diac', Card. de la Cueva.
•if !
L'impression de ce travail était presque achevée, lorsque le R. P. Cahier (1) a bien voulu mettre à notre disposition une pièce inédite, émanée de notre Saint. Ce sont des observations dictées par le P. Xavier à un secrétaire, au sujet des vexations éprouvées par les chrétiens de la Pêcherie , de la part d'un gouverneur royal. Ces observations devaient être comôle un mémorial entre les mains du vicairegénéral de Goa, et elles devaient servir de base à un rapport à S. A. Jean III.
Ces observations sont suivies d'un supplément, écrit de la main même du Saint.
La signature est retranchée par l'effet d'une dévotion ordinaire en ces temps.
La date manque également.
Nous donnons ici le texte original des deux pièces et leur traduction (2).