‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 74 sur 759 · LIVRE I. — LETTRE PREMIÈRE. S · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LETTRE PREMIÈRE. S

n'êtes pas moins seriëible en votre résidence d'Obârios, au milieu de tous les avantages d'une heureuse existence, à mes veilles si laborieuses et aux soucis dont je suis assiégé, que je ne le suis moi-même à Paris , où souvent j'ai manqué du nécessaire ; privation qui ne m'est sans doute imposée que parce que vos dispositions si parfaites pour venir à mon aide, ne sont point suffisamment éclairées touchant mes besoins presque infinis, dont le détail serait fastidieux, mais dont l'amertume est pour moi très-douloureiise. Au milieu de mes peines, je n'ai pour soutien que liion espérance en votre extrême bonté , et je présume, avec toute confiance, qu'à peine aurez-vous connu la nature et l'étendue de mes besoins, vous me ferez parvenir généreusement tout ce qui m'est nécessaire , et vous rainènerez l'aisance dans une vie trop péniblement éprouvée et restreinte , en y répandant l'abondante rosée de votre libéralité.

Il n'y a que peu de jours que le R. P. F. Véar m'a consacré quelques loisirs à son arrivée en cette université. Étant entré dans des conversations à votre sujet, trèsétendues et pleines de charmes pour moi, insensiblement il m'a découvert qu'il vous était parvenu des plaintes à mon égard, de la part de personnes malveillantes, et à ma prière , il me les a révélées dans tous leurs détails. Si vous daignez me croire, lorsque je vous affirme solennellement que ces accusations, fausses et dénuées de tout fondement, sont une odieuse perfidie envers votre innocent et bien-aimé frère , je sais que vous entrerez dans mes peines , et que vous comprendrez d'abord de quel profond sentiment de douleur ces mensonges et ces calomnies ont pénétré mon âme qui se sent absolument sans reproche ; cependant je vous en renouvelle la trèsvéridique assurance : j'aurais souffert avec une bien plus grande patience la perte imméritée de ma réputation personnelle, que je n'endure le chagrin que ces propos vous ont causé , et , lorsque le P. Véar m'en exprimait toute la

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