‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 83 sur 759 · LIVRE I. — LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LETTRE TROISIÈME

sirent, et qui refusent d'aller eux-mêmes où Dieu Notre-Seignéiir les appelle , se laissant bien plus diriger par leurs inclinations déréglées que par les salutaires inspirations que la Proyidence fait naître au fond de leurs âmes, ceuxlà sont dignes en yérité de plus de compassion de notre part que d'envie de la part du monde : ne les voyons-nous pas s'agiter vainement et gravir une voie tout abrupte et à pic ? Or, leurs coupables efforts dans cette périlleuse ascension né leur feront trouver qu'un précipice au terme, et pour ainsi dire, par delà ce terme, l'arrêt de leur ruine et de leur mort éternelle. v î

Nous n'étions arrivés dans cette capitale que depuis trois ou quatre jours quand le roi nous fit venir en sa présence, et nous accueillit avec une grande bonté. Il était seul avec la reine dans son cabinet, et nous demeurâmes avec lui pendant plus d'une heui*e : Leurs majestés nous demandèrent une infinité de détails touchant notre manière de vivre : les événements et les circonstances qui nous avaient fait nous connaître et nous réunir en société; quelles avaient été nos intentions premières ; enfin toutes 1(38 persécutions que nous avions éprouvées à Rome (1). Elles ont été charmées par le récit des témoignages qui ont fait découvrir la vérité. EUes nous ont loués de notre courage et de notre persévérance à conduire l'affaire jusqu'à l'arrêt suprême de la justice , et le roi nous a fait connaître son désir de lire ia sentence qui nous a renvoyés de l'accusation. C'est ici le sentiment universel que nous avons agi pieusement et sagement, en ne nous laissant

(1) Ignace et ses confrères ayant, après de charitables avertissements demeurés inilliîeé, dévoilé en chaire les doctrines proteëtaiites d'un moine ermite de Saitit-Augustin, furent eii butte aux persécutions et aux calomnies de tout un parti. De faux témoins vinrent les accuser au tribunal du Préfet de Rome d'être des aventuriers dangereux, et de séduire et corrompi'e le peuple par de fausses doctrines; enfin, d'avoir subi des condamnations infaniantes en différents pays. Ignace, pour sa défense, rassembla et fit entendre les témoignages les plus imposants et les plus autorisés, et fut solennellement justifié.

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