‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 84 sur 759 · LIVRE I. — LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LETTRE TROISIÈME

séduire par aucune proposition, mais en persistant devant la justice jusqu'au prononcé de l'arrêt définitif, et on fait si publiquement l'éloge de notre conduite, qu'il est évident que l'on pense ici que si nous n'avions pas agi de la sorte, nous n'aurions recueilli jamais aucun fruit de nos travaux. Enfin, ainsi que je l'ai dit, on ne cesse de faire valoir cette constance qui s'est maintenue sans fléchir jusqu'à l'arrêt qui devait faire éclater la vérité dans tout son jour. Pour en revenir à leurs majestés, elles se sont montrées très-satisfaites des explications étendues qui lem' ont été données sur la forme et le gouvernement de nos maisons, sur l'intention et le but de nos œuvres et de notre institut en général. Pendant l'audience, le roi fit appeler madame l'infante, sa fille, et son fils, le prince royal, afin de nous les présenter, et il daigna nous faire connaître combien de fils et de filles le Seigneur lui avait donnés, ceux qui étaient morts, et ceux qui survivaient.

Ces deux majestés nous ont comme à l'envi donné des témoignages de leur profonde affection pour nous : le roi nous a vivement recommandé, le jour môme où nous l'avons vu pour la première fois , d'entendre les confessions des jeunes gens nobles qui font partie de sa cour (1). Il a fait paraître un ordre royal, afin que tous ces jeunes gens , qui vivent dans son palais, se présentent à leur confesseur, toutes les semaines, pour faire l'aveu de leurs péchés. 11 nous a formellement recommandé de veiller à l'exécution de cet ordre, et d'avoir les yeux sur toute cette jeunesse ; il donnait pour motif de l'attention qu'il apportait à ce devoir, qu'il était persuadé que si les jeunes gens de cette condition étaient accoutumés, dès leur enfance, à connaître et à servir Dieu, ils deviendraient, avec le cours des années, des hommes de bien et de vertu ; que si la noblesse était ce

(1) Un de ces jeunes gens, Miguel de Souza, prit l'habit de la Compagnie, et y donna de mémorables exemples de vertu : après avoir rempli divers emplois considérables, et en dernier lieu celui de visiteur du royaume , il mourut saintement à Coïmbre, le 7 avril 1582.

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