‹ Lettres de Saint François-Xavier [microform]Chapitre 85 sur 759 · LIVRE I. — LETTRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LETTRE TROISIÈME

qu'elle doit être, naturellement la nation se formerait sur ce modèle ; et qu'ainsi l'espérance de pouvoir renouveler les mœurs de tous les séculiers du royaume dépendait en entier de la saine éducation des enfants nobles; il n'était pas douteux, ajoutait S. M., que le spectacle des vertus de ce premier ordre du royaume ne porterait à l'imiter une grande partie des autres sujets. Ce nous est une occasion de rendre à Dieu d'infinies actions de grâces , que de voir l'esprit si religieux de cet excellent monarque , son zèle pour dilater la gloire de Dieu Notre-Seigneur, et ses inclinations si vertueuses pour tout ce qui est bon et saint. Et nous, membres de la Compagnie de Jésus, lui sommes grandement redevables pour cette bienveillance extrême envers nous tous, non moins envers vous, qui demeurez à Rome, qu'envers nous-mêmes qui résidons à Lisbonne. L'ambassadem" qui, depuis notre audience, a eu l'occasion de s'entretenir avec sa majesté, m'a rapporté ces paroles du roi: «qu'il s'estimerait heureux si tous les membres admis jusqu'à ce jour dans la Compagnie pouvaient être réunis et conservés par lui dans ses États, lors même qu'il devrait employer à les entretenir et à les faire prospérer une partie considérable de ses revenus. » ...

Nous savons qu'un grand nombre de nos amis font ici des efforts pour s'opposer à notre départ pour les Indes, dans la persuasion où ils sont qu'ici nous recueillerons de plus grands fruits parla confession, par les entretiens familiers, en donnant les exercices spirituels, et en exhortant tous les fidèles à faire de fréquentes confessions et communions : enfin, par toutes les industries de notre zèle dans l'enseignement de la religion et la prédication de ses devoirs, ainsi que nous nous proposons de le faire dans les Indes. Parmi les personnes qui partagent cette opinion, sont le confesseur et le prédicateur du roi, et tous les deux conseillent à S. M. de nous faire demeurer ici, dans l'espérance d'une moisson plus abondante. D'autres tiennent un langage différent , et se promettent de merveilleux succès de' notre ministère

Page 1