LIVRE I. — LETTRE TROISIÈME
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bilité de ses résolutions, car il nous a donné des preuves et des gages non douteux de la solidité de son caractère. Un autre , qui n'est que sous-diacre (1) , et qui se dispose à recevoir le sacerdoce, s'est de même offert avec une grande ferveur de zèle. Enfin , un docteur en médecine qui, à Paris, avait été notre ami, a promis de passer aux Indes avec nous, et de n'employer son talent dans l'art de guérir que dans un intérêt spirituel, et pour assister les âmes et les conduire à la salutaire connaissance de leur Créateur, sans chercher aucun bénéfice temporel. C'est ce que nous avons principalement en vue, en nous associant des hommes qui soient entièrement dégagés de toute avarice; et ce n'est point encore assez, nous voulons qu'ils soient même exempts de toute apparence même éloignée de cette passioij, de telle sorte que, ni parmi nous, ni parmi ceux qui vivent avec nous, rien ne paraisse qui puisse laisser concevoir le soupçon à personne , de ce que nous irions à la recherche et comme à la conquête des biens temporels plutôt que des spirituels.
Sa majesté a fait connaître à l'évêque notre ami, et à son propre confesseur, son intention de nous faire annoncer la parole divine dans les églises et du haut de la chaire sacrée. Nous voulions différer de le faire pendant quelque temps encore, afin de commencer notre ministère par des œuvres plus humbles. Nous étions demeurés sur la réserve, et nous n'avions point fait paraître l'intention de prêcher, quoique les personnes qui nous connaissent témoignassent un très-vif désir de nous entendre dans les chaires des églises. Mais un jour sa majesté nous a fait appeler, et, après un long entretien, nous a fait connaître qu'elle aurait pour agréable que nous commençassions à nous faire entendre. Nous nous portâmes alors à ce devoir avec un empressement bien sincère , non-seulement d?ins l'intentiop:'' de témoigner notre obéissance et notre dévouement à sa
(1) François de Mandas.