LIVRE I. — LETTRE QUATRIÈME
que de l'arrêt du gouverneur de Rome qui nous absout de toute accusation. Le roi a demandé le livre des Exer* cices (1) avec le désir de le lire ; si vous jugiez devoir nous envoyer l'un des exemplaires corrigés, ce serait un présent très-agréable à sa majesté. En effet ce grand prince est admirablement disposé vis-à-vis de toute la Compagnie; et en vérité nous lui devons donner toutes les marques de«déférence qui sont en notre pouvoir, à cause de l'amour, singulier qu'U nous porte. J'ai reçu de vous deux lettres, toutes les deux très-courtes : l'une était datée du 8 janvier, l'autre du 1" mai. % v^: '■
Il sera très-agréable au seigneur ambassadeur de recevoir une lettre de vous ; celle que vous lui avez adressée, et qu'il a reçue pendant le voyage de Rome en Portugal, il la conserve avec une extrême sollicitude. Si vous ne pouvez lui écrire, faites au moins que nous puissions lui faire voir les lettres écrites par Strada (2). 3^
En ce moment, nous nous disposons à donner les exercices à deux licenciés en théologie dont l'un est un prédicateur illustre, et l'autre est précepteur du frère du roi, de l'infant Dom-Henri. Nous nous efforçons également de les faire désirer par d'autres personnes de distinction, persuadés ainsi que nous le sommes que plus on les aura désirés, et plus on en recueillera de fruits. Nous avons de grands motifs de glorifier Dieu Notre-Seigneur à la vue du nombre infini de personnes qui fréquentent ici les divins sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.
Déterminez ce que vous jugerez convenable à l'égard de
(1 ) Le livre des Exercices spirituels, composé par saint Ignace dans la solitude de Manrèze, fut solennellement approuvé par le pape Paul III en 1548. Il fut bientôt ajprès approuvé par l'Université de Paris, et par les différentes Universités d'Europe. C'est de cet admirable livre que saint François de Sales 'lisait, qu'il avait converti plus de pécheurs qu'il ne renfermait de lettres.
(2) François Strada, Espagnol, admis dans la Compagnie à Rome, fut un éminent prédicateur, et concourut puissamment aux grandes œuvres qui signalèrent la fondation de la Compagnie.