LIVRE I. — LETTRE QUATRIÈME
François Strada; et s'il vous paraît utile de l'envoyer à l'université de Coïmbrei Car en cette université ni lui ni lés autres ne manqueront des ressources nécessaires pour leurs études, autant qu'on a lieu de le présumer envoyant les sujets qui y résident, et qui font paraître d'excellentes dispositions pour la piété et la vertu. Aussi nous n'hésitons pas à croire qu'il s'y élèvera bientôt un collège de notre Compagnie (1). En temps opportun, nous n'omettrons pas de traiter avec le roi de l'érection d'un pensionnat pour les écoliers : à ce sujet nous aurions besoin d'être instruits de la forme que vous voudriez voir donner à cet établissement, et du mode à suivre dans sa création; enfin de la personne qui doit être choisie pour en être le supérieur, et quelle discipline doit être prescrite aux pensionnaires afin qu'ils croissent en esprit plus encore qu'en science. Lorsque nous aurons une audience de sa majesté, nous pourrons ainsi lui exposer la règle de vie que devront observer les sujets qui s'adonneront à l'étude au sein de nos collèges. Sur tous ces points, je vous prie de nous écrire très -amplement. Rien ne paraît devoir s'opposer à ce qu'une maison s'élève à Coïmbrepour les maîtres et les écoliers, et à ce qu'il se forme de même d'autres établissements de notre institut; des personnages qui sont ici s'empresseraient de nous construire des maisons, si ces maisons devaient présentement trouver des habitants.
Le seigneur évêque, notre ami, nous a dit que le roi n'avait pas encore déterminé s'il nous enverrait dans les Indes, parce que dans son opinion nous servirions aussi bienNotre- Seigneur en Portugal que dans ses domaines d'outre-mer; mais deux évêques, qui sont d'un avis différent, ont répondu qu'aucun motif ne devait nous faire conserver ici, mais que nous devions être envoyés dans les Indes ; ils pensent en effet que plusieurs souverains indigènes se convertiront infail-
(1) Le collège de la Compagnie, à Coïmbre, fut effectivement fondé en 1542, par le P. Simon Rodriguez.