LIVRE I
LETTRE SEPTIÈME
Au D*" martln Azpllcnete.
La lettre que vous m'avez écrite le 15 octobre, m'a procuré tant de joie, et de si vives consolations spirituelles, que rien au monde ne pouvait m' être plus agréable que sa lecture, désirée depuis de si longs jours et qui me découvrait tout le prix des vertueux travaux et des saintes occupations qui remplissent votre vie, et qui sont consacrés à l'enseignement de ceux qui ne désirent s'instruire qu'afm de se dévouer uniquement au service de Jésus-Christ Notre- Seigneur. Aussi je n'éprouve point à votre égard cette compassion dont je serais pénétré, si je pouvais penser que toutes ces facultés éminentes dont Notre-Seigneur Jésus- Christ a bien voulu vous doter, n'étaient pas employées par vous, comme elles le doivent être par un serviteur fidèle ; et je suis profondément convaincu que le prix de vos travaux doit infiniment surpasser les efforts et la peine qu'ils vous auront coûtés, puisqu'il est avéré que celui qui aura été fidèle en nn modique emploi, doit recevoir ■pour récompense un emploi considérable (1). Si vous êtes à cette heure surchargé d'occupations par des leçons extraordinaires , vous devez vous en sentir encouragé , et accepter avec joie ce surcroît de travail, en considérant, au dedans de vous-même, qu'il vous est quelquefois arrivé de moins travailler que ne vous en faisait un devoir l'excellence (le vos facultés naturelles ; et nous qui nous réjouissons de ce qui vous est salutaire, nous sommes infiniment heureux de vous voir acquitter ainsi vos dettes anciennes, et ne les point laisser à acquitter par vos héritiers. Un grand nombre de personnes ont à subir des châtiments dans la vie future, pour.ayoireutrop de confiance dans les exécu-
(1) Luc, XIX, 17.
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