VINGT-SIXIÈME LETTRE
J'ai compté le reste de l'Italie au au nombre des pays qu'il fallait surveiller.
La Révolution s'y est déjà accomplie; elle y a duré vingt ans^ et avait eu le temps d'y réaliser le système politique qu'elle porte avec elle. Quoique cette Révolution n'eût pas donné tous les fruits qu'en attendaient les Italiens, ils sentaient que le temps aurait mûri ceux qu'elle avait porté y et ils avaient pris avec joie ce que les circonstances leurs en avaient départis.
Les événemens ont ramené ces contrées sous leurs anciennes institutions ; et tant que l'état politique dans lequel elles , se trouvent comprises se prolongera , il est probable qu'elles resteront dans la même situation> parce que leurs propres forces ne ^trfiîsent pas pour les en faire
( 77 ) sortir. Ainsi , Motasieur, FAuliiche gar*dera ses Provinces tant que. sa puissance militaire restera dans sa plénitude : dans le cas coniraîre, ell:e doit s'attendre à les voir retoucner vers^ l'état qu'elles regrettent.
La politique de FAutrFche vis-a-vis de l'Italie 9 consiste ainsi à s'y maintenir en force, afin delà garder^ non-seulement pour elle-même , ma^ aussi pour l'Alliance dont elle fait partie : et dont il lui importe de conserver les &)rces eatières.
Les affaires de Naples auront à cet égard une grande influencé, et paraissent être de na-ture à décider derechef pour toute une période historique du sof t de ces bclUs régions.
J'ai compté égal'einent, Hdonsieur^ la Prusse et les Ptats^ adjacens de rAMèmagne- ait nombre des pays qu'on avait a surveiller. Je suis loin cependant dé les comparer , à cet égard, aux Etats de .
l'Italie. La Aé volutioo existe depuis vingt*
(7») cinq ans dans, ceux-ci ; elle n'y est cou^ verte que d'un vpile. On sait préciséxnent ce qu'elle y sérail si les circonstances la dévoilaient. ; tandis qu'on ne peut savoir ce qu'elle deviendrait dans le, noVd de i'AUenaagne. Les doctrines qu'on y professe semblent être diaqiétralenient opposées au caractère de civilisation que demande Iq système social et politique
de la Révolution j'^savoir/ l'analyse et la taîson.
L'esprit révolutionnai re q'y> est encore répandu que dans l'entendement .d'uqç classe savantQ de la société, et la Révolution n'est même aux yeux de cette classe que les^cènes d'un drame tragique qu'elle voudrait réaliser afin de les jouer»
L'assassinat de Kotzebue n'était lui-mémie qu'une des scènes funèbres de ce drame que révent les Allemands.
Une Révolution pourrait être d'autant plus à craindre chez eux , que ses chefs seraient, comnlie Phaëton , hors d'état d'en tenir les rênes ^ et ne connfaitraient
in)
pas m^me Ta coûte qu'ils voudraient suivre.
Il est à désirer que la Prusse vienne à bout de réaliser le plan de Gouverr neraent consultatif dont elle s'occupe depuis un temps infini. Ce Gouvernement pourrait servir d'ëcole au. système représentatif, que le temps amènera infailliblement à sa suite.
Mais quoiqu'il en puisse être, on ne peut révoquer en doute l'espèce d'effervescence politique qui règne dans cette portion de l'Allemagne. Les circonstances propres à compromettre la paix de l'Europe le seraient également à provoquer une eiîplosion dans ces Etats; et il faudrait aller ensuite jusqu'aux limites de la Russie avant de trouver celles des révolutions*
Je ne confonds pas les provinces allemandes qui avoîsinent le Rhin avec les précédentes; parce que les conditions du nouveau système social s^y étaient en grande partie réalisées. Les peuples y
savent a-peu-près ce qu'ils ont à eii attendre^ et lorsqu'ils le regrettent ou le demandent^ c'est avec connaissance de cause.