‹ Lettres de Saint-James (volume 2)Chapitre 11 sur 13 · VINGT-SEPTIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

VINGT-SEPTIÈME LETTRE

■ i^EXAMEN que nous venonsr de faire démontre que ces révolutions c>ttt cha-* cune un mobile à part et un esprit at elles.

De même que la Religion et la liberté politique furent autre fois ceux de la rëvolution d'Angleterre; régalité a ëte le mobile de celle de la France ^ la honte nationale celui de l'Espagne; en Portugal, ce mobile est l'indéfiendance de l'étranger^ tandis qu'en Italie il consiste à la fois dans les principes sociaux , l'indépendance du pays et son unité nationale»

Conditions presque inséparables et dont la complication a fait échouer jusqu'ici toutes les révolutions que l'Italie a tentées pour son affranchissement.

Ces mobiles divers ont imprimés des

mouvemens difFérens à chacune de ces^ révolutions.

Celle de la France a ëte'la plus spontanée et la plus violente : en ce que nulle expérience ne la giiidait et qu'elle a déchaîne le Peuple en lui pronaettant une iànmense proie. Mais les mobiles des dernières Révolutions lie poussent pas comme ils Font fait en France unô partie de la Nation contre l'autre. Les diverses classesde chacunie de ces Nationd^ participent en raison de lieur part sociale à Pindépendance 9 à l'unité, à la gloire ou à la prpspcrîté de PÉtat , qui sont le$ XûobileG principaux des Révolutions d^Es^ pagne,: de Portugal et d'Italie. Ce n'es»

, pas chez ces Peupïes ^une partie de la Société qui veuten écraser, une autre pouf avoir ses dépouilles : c'est h Société pres^ que toute entière qui vept ^agrandir l'existence nationale,- aiinqû^ chacun en profite.

De tels changemens , je vous l'ai d^ dit , ne peuveni se faire sans amècrer des

rëadtioùS^ puisqu'ils déplacent tous ceux qui vivaient du système précédent. A^insl les courtisans qui perdent leur influence, les moines dont on vend les biensy et tant d'autres dont les opinioqsi ou les intérêts se trouvent froissés, agiteront ces pays pendant plus ou moins long-temps^- . Mais ces Révolutions ne doivent pasinspiter les mêmes craintes c^ie celles àe la France , parce qu'elles sont plus politiques que sociales j tandis- que celle-ci était encore plus Sociale que* politiques

;, Or> on est généreux dans ce temps ci en fait de révolutions et pourvu qu'elles s'atteignent pas à l'existence même des Sociétés ; on passe condamnation suc les changemeqs de systèmes et les dé»^ placemens politiques.

• Ces systèmes une fois arrêtés et fonda) pourront sans inconvénient marcher dd pair avec le reste des Etats de l'Europe ; comme il en est arrivé en son temps de Cieux qu'ataient adopté la Sjt^isse / la

""^m^^ , ^P^^W^BB*MVKiHH«iaM|Hipipi|PHHaiP

Hollande et FAngleterre. On a âît alors?

contre ces Révdulions , tout ce qu'on dit aujourd'hui de celles que nous voyons^ ccloire. Mais le temps les a consacrées^ en réglant leur système politique.

Personne ne craint aujourd'hui ces Ré- Totutions^ parce que la société s'y est rangée dans un ordre permanent ^ et qu'elles ont replacé depub long-temps^ îà leur tête l'aristocratie qtiVHes coffipor-^ tent : ou en d'autres termes les g.rand$ intçïéts de la tôciété. Ce qu*on demande* à un régime social quelconque ne consiste qu'en ce point. Aussi, dès qu'il est régi par ces grands intérêis , n'importe d'où ils viennent; on n'en a rien de plus à craindre que du Parlement d'Angleterre; Et nous avons vu la France elle-mêrne devenir une garantie contre les Révolutions àèè l'instant où l'Aristocratie dictatoriale remonta à la surface de l'État.

Ce travail est lent et douloureux > lorsqu'il faut remplacer une aristocratie par «ine autre* O^ sait ce qu'il en a goûté h

là France^ et ce n^est en réalité :que coQlrc les opnvulsioD3 d'ua tel échange que toutes les forces de la Coalition sont aujourd'hui tendues. Maisj au lieu d'un échangeai s'il peut s'opérer une transfusion de FAristpcratie de l'ancien sistème politique dans le nouveau j les grands inaux des Révolutions seront prévenus par cela seul. Il y manquera d'aliment pour des réactions,, J'ordre social n'y sera pas détruit et l'État n'aura fait que chan«* gerles formes et les rapports de son Qpuyernemeht avec la . société; , pour en avoir de meilleurs.

; Il est heureusement perinis de croire que les Révolutions d'ËStpagne et surtout celles de Naples et de Portugal se passeront de la sorte: puisque leur ancienne aristocratie y a non-seulement trempé, mais qu'elles se sont accomplies par soa secours et non par celui du Peuple. Elles ont appelé depuis ce Peuple à leur aide^ pour avoir dans le corps social un assen*^ timent^t une iorce, s^ns qi^oi l'éto^f aurait manqué à ces Révolutions.

. (85) Leur principe n'fest point, coiâtne il Fa ëte' en France , de détruire, tous !ef^ grands intérêts d^ la société ; mais de changer leurs attributions^ de leur propre consentement pour leur en donner d'au-^ très. Si ce consentement n'est pas itni^ , Yersel parmi ces grands inlérétst, la part de ceux qui s'y refusent n'est pas asse^ grande pour former une cathëgorie^ et ce n'est qu'individuellement qu^oH les voÎB s'opposer k ces Révolutions. ■■ ''

Il semblerait donc , Monsieur , qu'oni aurait pu les accomplir de gré à gré, sans employer ni violence , ni force. Rien n'est plus heureux ,-. sans dou^te, que de faire des Révolutions de la sorte ; maïs les exemples en sont rares, car les Révolutions s'opèrent toujours contre ceux qiii tiennent le Pouvoir et leur, instinct les^ porte à le défendre.

Cette question n'est d'ailleurs qu'un débat oiseux. La Révolution s'est faite k Madrid, comme à Lisbonne et à Naples^ par un certain concours de circons4

tances sur lesquelles il n'y a plus a re^ venir. Il faut prendre ces &ëvoIution| telles qu'elles sont et pour ce qu'elles sont. Il faut se décider entre les deux $eul$ ^partis qu'il y ait à prendre avec elles. Savoir, ceux de la guerre ou de la paix.

L'histoire vient de nous montrer que la guerre a été inutile contre la Bévo^ lution française : puisqu'après deux victoires il a fallu capituler avec elle et parmi ses vainqueurs mêmes , il ne à'est pas trouvé d'Hercule assez fort pour

rétouffer.

Le succès de ces vainqueurs s'est borné a régulariser le système politique et social de cette Révolution j ajSn de n'avoir plus â la craindre et de pouvoir établir avec elle un mode pacifique de vivre.

Ce Plan était le seul exécutable alors ; tous les Souverains l'ont avoué et jusqu'à celui qui a fait à celte nécessité le noble sacrifice des Droits qu'il pouvait redemander aux siècles passés* Ce^plan est

encore le sen) exécutable vis^k^vis déf jKëvolutions du midi de l'Europe.

S'il y ea avaic un troisième^ il faudrait le prendre ; mais quelque part qu'on regarde X il ne s'en trouve point* On voit^ à n'en pouvoir douter , que la guerre exciterait une réaction révolutionnaire d'un volume immense. Réaction ^ dont le 'résumât le plus heureux serait pareil à celui de la Révolution française ;, c'est-ardire i de commander à ses vainqueurs et d'ob-* tenir leur sanction»

La paix: seule offre donc encore des ressources contre ces Révolutions ; mais pour s'en servir if ne reste qu'un moyen, c'est celui de comprimer ces Révolutions pat elles-mêmes^ en les aidant à réaliser le plus promptement possible le système politique et social qu'elles doivent pro-».

duire ; afin de pouvoir régler avec elles un mode de vivre européen.

' Ce secret consiste à donner à ces Révolutions des points d'appui , de la sécurité et de la considération pour elles-s

ja^ièmeip en leur en tëmoiguânt la Reva^ lutioQ française a changé de nature au xnoment où l'on fut oblige de la traiter sans dédaioé Le mépris est la pire dest armes* Il irrite le faible ^ sans ajouter à la puissance du fort«

Il faut aborder franchement ces Ré- Volutîons^ afin de leur inspirer de la sécurité et les lier à des points d'appuis ^ pour leur donner des répondans. Ce n'est qu'ainsi qu'on les dépouillera de leur venin et qu'on privera les partis politiques ^t les réactions des espérances dont ils s^alimenlent.

Ciar il faut.se rappeler que les factions ne mettent plus comme autrefois leur espoir dans les guerres civiles» Les Peu* pies sont trop avisés , leurs intéi^ts trop appréciés y pour qu'ils se lancent imprudemment dans un genre de guerre qui ne se fait qu'a leurs propres dépends. La plus belle de toutes les guerres intès-* tines^ celle de la Vendée n'a pas pro*

lA.^.

( 9^ ) duit Pombre d'un résultat politique. et a dévaste' toute une population.

La solidarité que la civilisation a établie entre les Peuples de FEurope, et Tusage quMIs en ont fait, ont accoutume les factions à recevoir leur mouvement de cette grande solidarité. C'est de loin que viennent aujourdliCii les influences auxquelles elles obéissent ; en leur étant l'espoir on les éteint , en l'accueillant on les réveille.

Ce n'est donc pas. une coalition qu'il faut ourdir de nouveau contre les révolutions du midi de l'Europe , puisque leur compression ne peut plus venir du dehors. La force du levier , que cette compression peut mouvoir, n'y suffirait plus et^risquerait de se briser sous une explosion révolutionnaire, dont on a déjà fait l'épreuve. Ce sont des alliances qu'il faut conclure entre ces diverses Révolur lions , afin que celles fondées par l'effet du temps puissent cooiprimer celles qui s'enfantent en leur servant de garantie et de points d'appui.

Les Eëvolutions ne peuvent pluj$ se détruire en Europe parce qu'elles embrassent plus de la moitié de sa popula-* tk)n , et qu'elles . y sont appelées, par Fétal des mœurs et'dés intéîétsV ïf ne reste donc plus d'autres ressources contr'elles , que de les accomplir , pour ea confier la garde aux grands intérêts so^^ ciaux qM'elles rep^ferment.

Ce terme ne peut^tre que la suite de leur sécurité* Parce que cette séciîrité > en ne laissant d'espoir à personne , rattache toute la société à un seul système , lorsque le monde entier le regarde comme définitif*

meaÊSBBBaBBa^aasmBSBBBsssseatasÊSBssaBaeaaeBBBBssÊaem

VIlSfOT-HUITIÈME LETtRE

JLi'angletkïire a erâ ployé quatre- vingt ans pour atteindre au terme où sa Aëvolutiod n^à plus étë contestée par ^personne , et jusques-là elle a vécu dans tés orages. '

La Frauce a déjà sacrifié ttente ans à ces mêmes débats. ""

Mais ces expériences mêmes doivent avancer la science des Révolutions.

Les Peuples et les Gouvernemens peuvent apprendre a éviter les orages qui les traversent , en arrivant le plutôt possible au terme où aboutissent inévitablement toutes les Révolutions.

Cette science n'est pas secrète. Elle ne

«'apprend^ au conCraire^C[jâ'à raKle. 4e U pubJicdté. Ëlleconsiste à. calculer les forces ijespectîves des puissances et des <résis<- 4[ances dont la. lutte occasionne ces crises politiques. Il faut Ibs nombrer ou les ap-' precier suivant que leur nature est morale ou physique 1^ car l'état social des

Peuples renferme cesr deuix nature;

On peut évaluer ainsi a distancé la force •politique d'une Révolutio«. On peut prévoir de même ^ en se placann en faee de Favenir ^ l'état social que chaque Peuple doit finàlemf M en recevoir^ à raison de ses mobiles et de soa caractère dk(kicti£

' Avec le secours, de ces données et de tant ^expériences ^ JIa polrti que est assesi: ' savante au jpurd^huî pour hâter les Révo- ^hitiôns et fies amener à letir terme> sans leur faire pareoufif ces longi:^s scènes de 'càlaintités et de réactions^, q^ii ont accompagne celles de l^An^eterre et de !a France.

C^est à qwH Texemple de ces Êtats^

peut' serrir' ; c?^t dufrtout' à quoi ^ l«ur in* terveiïlion petit être utile } en se plaçant ^vec toute leur expëriêboe-et'^letir capa?citë' politique à la tête dèso Élate^ Repié^ séntatifs de TEuropeJ a ti .^ , , .

■ L'attitude diploTÀatique que 4erGouh verriemensdé Piaitïce et d^Angleîîerre viennent àù teo^Vùk ou'àe' prehât^y^ms la cris* fdctuiôUe , les a déjà mis :à part dans FAlli^nce des Puisî^^nces Europëenûes.

EU^ se: sont renferm^eis dàn^ leur neuîtralM^ • et Ont : visii>l^meflt, àbamJonpë îJfinrtiâ^Uve des^ëvéncmens à d'i^ci^iés qu^à

/ Une^ telle; •abnégation d'çlj.es'iiiém ne peut être que ipon^i^ntan^çe chez des 3l^uissancts dç laî trempe.de .l'Apgleterçfi et, de la JFra.çicje;*^IiUei tiept.à la. surprime j^u momenjp^^y^l au temps nécessaire ^{f!^ qu'elles., çntreyoient les diverses condi- ,*iQns de leur ëtat présent. et, de leurets^t futur.

I)ès qu'elles auront reconnu Jeur situa* tion personnelle et respective j elles sen-

(95) tiront la nécessité de se rëpprpcher entr'elles et de faire avec les Etats qui les t avoisînent un corps capable de résister a celui qui s'organise dans la partie opposée de l'Europe, entre la Russie, T Autriche et la Prusse.

Les circonstances ont fait que les. États propres à s'allier avec la France et l'Angleterre , sont ceux Là même qui ont adopté à leur exemple un régime re*présentatif. Ils appartien|ient/tous également au système de la Révolution, et la différence n'est enlr'eux que dans l'époque où ils Tout embrassé. ;

I^à jfefrce Irrésistible dea' choses dbit dçnc lier^pntr'eux ces sysièjrves, parce c|u'elU oblige les Étals qui les piofessent kîfaire entr'eux un! rapprochement diplomatique. Leur dignité natiqoale exige cette alliance , sans laqiji^llie ^es, États tomberaient un à unsdans^ua'çntier discrédit*: La 'conséquence eïi; ^^!« /que les Étais chez lesquels W r^giç&^i^représen^ ^, tatif est . déjk fondé et çéciÉ^qiwy doi^yent

yi.iaMÊm^è^^jfii£,

{ 96 ) servir de rëgulalèurs et de patrons a ceux où il vient d'être adopté ; afin d'en être les garans vîs-k-vîs d'eux-mêmes et dé r£arope. IVJais cette garantie ne peut se»

donner assez large et assez entière que par une alliance entre les plus purssansF de ces États. C'est-a-dîie entre l'Angle-terre, la France et l'Espagne.

J'ai du vous étonner , Monsieur , ea ti(>mmant l'Angleterre, et e*est pourtant à elle à qui cette alliance convient Icf mieux : tout Ty invite et rien ne s'y oppose.

Je demande toute votre attention. '

Rien rie s'y oppose ; si ce nVfet d*un côté MXïé vieille touSinë diplomatique et* de l'autre peut-être le mépris aveô lequel lés Anglais traitent là liberté lorsqu'ils la rencontrent chez l'étranger; ^

• Tout l'y invite r Le désavantage de la place qu'elle océape ; les avantages de celle qu^ellé pVëëdrait et Futilité dont elle y serait vi«4*VJSi du reste de rEuPopè,

En restàiat à la place quMle oOeupô ^

( 97 ) c'«»t4-dlFe dans la masse des États op^ posés a/ la Révolution ^ elle ne peut plus y jouer qu'un rôle secondaire ; parce qu'elle a rempli le but pour lequel elle s'y était placée, celui de s'emparer du' monde maritime. La marche polittquQ qu'avait embrassé M. Pitt devait avoit ce résultat. Les ministres qui lui ont suOf" succédé l'ont complètement atteint eot suivant le plan et terminant l'ouvragd qu'il avait tracé. Mais ils. ont dépassé , depuis la paix, la route qu'il avait )at Ion née et tout avertit l'Angleterre qu'il est temps d\iuvrir un nouvesslu chemià à si carrière diplomatique , attendu qu'elle a touché le fond dé celle oà M. Pitt l'avait si habilement conduite.

Toutes lès choses de ce monde ont leur tetme^ et leurs propres succès I'avaiiceïil4 L'homme d-Ëtat doit l'apercevoir de çHutl loin que le public, parce tfu'il est pl^icé plus haut que li>i. Il doit disc<$qvrîr dé là le moment ou un système politiqMe quelconque a -épuisé toutes sea con^é-

(98) q;ij[<)aoes et n'a plus liea à produire; a&a dfs.i abandoiHierfavant son agonie.

Or , il. eèt évident que la. place qu'oci^upe. encore FAngkjtene dans Téquilibre, dé l'Europe est nulle , et ne peut rien lui produire. Elle n'a plus rien à prendre ni î);dQiinff. Aficune dépendance réciproque n^tla rattadhe à £fe$ anciens Alliés ^ et g^$ AHIi^d^ par cela méçae, ^Qpjt devenus plus .puiisans qu'elle. Rien ne:|>eut pluç

^tte grand k.cQté dé la Russie, il faut 3e, placer. ti^V^'i^t :cllç pour être encote quel-

é jUft rôlç (fe^ J' Angleterre dafts cette Al- VA\ite estlj&iiï;, f!41e a p^^ de l'avant k.

V«rrière-g»rdi6 jàa^iévppjémeBS appaxenç ,; ejt a déchu de toutjQçt iatprfffille.

; rEU© . petit ^««gagoet subilQqMixt le terïtîft qi^/çlle â;4^erdu enufQ- plaçapt danSf ^0feiAlli*iaCje>4iW^t les forftppvj^eraiept alpr^ feapfepeurejs it>tQi^^autr0$: par feuf .poml^fe et: Tpat Jfei pôiftt où .^j ciy Uisa^tion , les.

.' y«4ngk|terffi. ocpoperaitfi le. premier.

^ (990 rang dans celte Alliance conclue entré lès Métropoles des Etats représentatifs, comme étant \^ ^pliià. ancLeni et lé: p)ustc6mpact d'entr'eux. Elle y apporterait la réalité et le prestige des forces qu'elle a acquises en les combattant.

•î ^Ué «prendrait par ce dil^ïigérteit ^ëul, h positk>n qu'elle a-Târit perdre dads là balai^'e d« l^Ek^orpé^ 'elle en serait de jiouvfeau 1 -arbitre: • >t > 1 5 ) / v.

' Uiye telle Alliance 'dbniit^raît^ aût-^pos *ûfîve*»sel ^les garant&qu'iidemtfnde cbntre lës['commdli<ms ei' Us excèi& yévblntioDf Wres ;- so1t>%a fnrôiiiettaÀt: d^^ia^'^ééuvhé aux révolutions , $oit' idn -' féjfiikïàs^vt d^'Jlës' ^is-à-Yts dte tous cmi* cluileslre- ^(juteut •- • - i^; . Mi . i *f -^up

^ 'a\'î : f ;!; uTrK . • >: i r /., i \ r f; '

u :; . j £i)/jr> îr.';-...!"./, /• ' '..i U'ifv

9mm

VINGT-NEUVIÈME LETTBE.

Mu ANOLfeiTBEEfi ojest piqs rivale de la JB'raiice^ parce quMles oat hh un, pw^ <tag^ ^dooL les limites ^nt alternent itrar cées. La France a devaat elle un long .lemploî/de capitaux dans une grande par* ftie de sa surface, dont . FagricuUure e$t ^ peine ébauchée ; et dans le développe^ ment. dû ses ridiiesses. intérieures; travaS jque yAhgletenre a presque complète'.

<:I1 faut, doiîc i)îeu loog- temps ^f*i[it que la France puisse aller de qouvea^i disputer l'Empire des mers à FAngleterre..

Toute tentative à cet égard serait mêma.

une grande erreur de sa part, et un &ux calcul des forces proportionnelles r ear ce seraient autant d'efforts perdus^

Aucun motif politique ne peut donc empêcher une Alliance entre ces deux

(loi)

pcats« îls y trouveraient tous detnil'a'^ vaiuage dû former la seule masse càpa«' Ue de se ^mestlTer avec; le colosse* du Mord ; colosse eôVayant par sa grandeur* et par le rôle imposant que lui fait jouer Km maître.

Cette Alliance est nécessite pour gtfr*der le dépôt de la civilisation et Fempé* dier de retourner en arrière; ce qui pourrait arriver si Fascétidànt politique' passait à des Empires eûcore étrangère à Cette civilisation : car "Tascetidatit social suit à* peu- près toujours l'ascendant pé-' litique et marche à son ombre.

L'Alliance de ' F Angleterre ^ avec li France permettrait de rëtsiblir entré ceâ deux Etats des relÈ^tions^ centnierciàlés dont ils: se sont' prives pour se faire xiix Jttal^ et qu'ils pourraieùc se restituerai lorsqu'ils n'auraient plus ce motif

Là triple Alliance de ces deux Etats avec l'Espagne leur setait également imf^r" tante. Ils s'empareraient par ce moyen de Isl Eévolution que lesEspai^dols ont faites aôiî

de raccomplir. Ik la sauveraient ainsi:, des dangers où vont l'exposer les tçn-ta^^' tivesjde ceux qui se flattent de l'abaitrét « e^ des; Fj^presaillos de ceux qui la de-*^!' feadroqU < ..

Il est un point de vue , sous lequel le^i tapprochement de TEspagne et de TAti*gleterre. serait essentiel à cette dernière ;". cfe$t celui de pouvoir être mëdiatiicet eqtre PËspagne et ses Colonies.

L'Angleterre a suivi à cet égard lesystèiïie le plus contraire à ses intérêts par condescendance pour ses rapports diplô-* matiques. Revenue à sa place naturelle ^ elle sentira l'importance de terminer par un arbitrage une guerre inutile^ et par conséquent £u:ale entre FËspagne et celles de ses Colonies qiii ne veulent pliis l'être. Il lui en restera encore trop des autres , proportionnellement à ses forces inafitii&es. ,

. Il est important pour l'Angleterre que les Etats de ; l'Amérique méridionale soient £^raachis sans plus de retard pour

( io3 )

ïfu*ils puissent s'organiser ^ afin de deVennL âe^ marchés pour ses produits; et des rivaux pour ses rivaux de TAniërique septentrionale. l

Cette guerre est sans bût' pour l'Espagne. Elle sait que ses forces ne suffisent pas pour, dompter les peuples insurgés ^ eile y perd sans espoir du sang et dé l'argent , dont elle n'a guère. Je çonç^if»

qu'elle ait attendu^ avant de prendreiiin parti 9 de savoir quel effet sa Aévolutida produirai! en Amérique : car il était eo effet possible que les insurgés^ eussent aghcepté les conditions du nouveau Pacte qu'on leur offrait; niais dès qu'il est rie^ connu que ce ti'est pas seulement d^ conditions sociales que demandent c^ peuples , mais les avantages méttopol^ tains, il n'y a plus moyen dQ^s'eniendre* Il faut leS' laisser échapper le plutôt, p<:îçrsible, en tâchant toutefois d'en ôbteoir par un arbitrage des arrangemens fayor^^-.

blés ^à la patrie qu'ils répudient.

Cette triple Alliance eât le sçn\ pl^

i io4 )

cbnfoniie^ aux intérêts généraux de VAn* eletçrre. Elle s^est mise sur la voie de raccSait|dir , en gardant le sileûce sur les e?<^'nètnens de cette année* - L'Angleterre n^a pas pris cette attitude passive par réflexion , mais par riiistinct qui -révèle k chacun sa situation. L^em^ barras des finances ^ les troubles inlé« rieurs , la nullité des motifs qu'elle aur tait eu pour se mêler dans les affaires de la coalition^ ont averti le Ministère ^e sa position , et Font réduit à la neittralité qu'il observe.

Or , ce sont précisément les motifs de cette conduite qui montrent à TÂngleterre la nécessité de changer la direction de sa politique extérieure , afin qu'elle ne soit pas obligée de rester neutre par incapa^ eité ou par incertitude : car la neutralité n'est que l'expression de ces deux substantifs. Ce n'est pas, à Dieu ne plaise ji pour que l'Angleterre fasse la guerre quMle doit changer d'Alliance^ mais pour qu'elle ^puisse la £ûre«

( io5 }

Cette Alliance est déjà conclue par le fait. L'attitude que les Souverains du Nord ont prise au dernier Congrès; et celle qu'ont gardé l'Angleterre et la France I rendent le sort de ces deux Etats commun et les forcent a se rapprocher. Il ne s'agit plus que de rédiger les conditions de ce rapprochement.

TKENtiÈME '.LETTaR

Vy'EST une boûûe {brtuae pour h Gouvernement anglais ^ de trouver sous sa main une combinaison diplomatique»

qui sans effort et sans aucune chance > lui donne un moyen de frapper l'esprit de la nation par une espérance nouvelle et par un succès réel : car c'en est un bien gi-and que celui de t^eprendre le pre^ mier rang entre les Etats de l'Europe »

sans autre peine que celle de se retourner de la droite a la gauche»

Ce mouvement n'aura vraisemblable^ ment pas de résultats immédiats au de*^ hors ; mais il en aura de prompts sur l'esprit du peuple , en lui présageant quelque chose de nouveau d'une direction politique qu'il n'avait pas prévue. Ce peuple demande à grands cris

<|u^ôa changé les rapports iatétîeurs de FËtat ; il faut changer ses rapports ex^ tërieurs ; car ce changement n^eët pas dangereux, et peut servir de pâture k l'avidité politique qui dévore les Nations*

Le besoin d'opérer un changenient quelconque dans la marche politique de FAngletetre est manifeste aujourdhui^ par Tépuisement sensible de toutes les combinaisons de ta marche précédente^ Il est devenu impossible d'en obtenir rien de nouveau. Les méraies situations^ les mé-* mes espérances , les mêmes phrases! se répètent sans cesse de la part d'un Gour vernement dont le levier s'est use k force de tourner dans le même cercle*

C'est pourquoi il faut le, retremper de nouveau.

Le levier politique de l'Angleterre sera retrempé par les cbangemeos même», que les circonstances apportent dans sa marche politique : savoir, par le retour de l'ascendant politique dans le Parle*^ ment^ par le rapprochement des Wighs

{ îô8 )

et des Torys icjui doit eu être îa suite , et par une triple Alliance avec la France et l'EUpagne : Alliance propre à replacer l'Angleterre à la tête des Etats de l'Europe; place qu'elle a perdue, et ne peut recouvrer que parce moyen.

Un tel changement de direction, tant au dedans qu'au dehors de l'Etat, doit être suffisant pour aniener de nouvielles situations politiques et lui donner des forces inattendues. Ces forces seront cel-»

les d'une aristocratie plus puissante que n'ait jaiïiais ^té celle de Rome , réalisée dans un Sénat plus fort que n'ait jamais ëie le sien , puisqu'il rassemble en seà deux fractions le Pouvoir du Patricîatet du Plëbeïat , de FOligarchiç et de l'Election populaire.

Ce Sëâat sera investi de la confiance de tout" le Corps social , .dès qu'il aura fait usage du Pouvoir qui repose en lui, parce que tous les membres de ce Corps trouveront dans ce Sénat des motifs à celte confiance , puisqu'il participa à toUà leurs intéiéls.

L^actroo politique da l^arlement rendu 9 lui-même produFra , par une consé-^ quence aalurelle, les situations et lé lam gage Qouveau, qu'on demande ; peut-être produira- t-elle autôsî des hommes noa- Teaux , dout l'arrivée sur la scène est nécessaire^ lorsqu'on est blasé sur ceux doot on n'a plas rien à apprendre.

' Le parti des Radicaux sera déjoué > pour un temps du moins, par Fapproche ée cette nouvelle direction politique, soit, parce que lui>-même en sera surpris et qi^^il en attendra les résultats ; soit parce que la puissance dû système social .<gn SiCPâ réellement accrue^ parla réunion de toutes les forces îatéressées à le dé- ;fcndre, et par le meilleur ordre de ba^ taille daos lequel elles se présenteront au combat.

Arrêtons-nous^ ici , Monsieur, Je vous en ai dit assez pour vous inspirer derechef quelque sécurité. Vous avez yu que la force des choses préparait d'elle-même les moyens de contenir les excès dont on

(lia)

^tait menace par tes dernières explosion^ rëvûlutionnâires. Vous avez également vu que FAûgleterre , maigre la crise qu'y à excitée le procès de la Reine , avait ea^ côre des forces prodigieuses dans la na-^* ture de ises institutions et de sOb aris^ tocratie.

* Elle peut k vôldnti^ rassembler et touir^ ner ses forces en tous sens pour ' faire face aux etineniis de Tordre établi; ce que n'ont pu faire ni la Frattce , ni l'Espagne , ni tant d'autres Etats ', où le6 Gouvernemens ont été les victimes de leur propre puissfaùce.

Tout veille en Angleterre pour le maintien de l'ordre et des institutions^,

parce que la socict<{ s'y est confiée a des Pouvoirs qui connaissent tous ses secrets, par cela même qu'ils sont pris itans son sein. Ces Pouvoirs , en échangeant entr'eux l'ascendant politique, présentent tour-a-tour a leur ennemi , la pointe ou le côte de la phalange que forme leur triple Alliance, Ils gagnent

ftÎQSÎ da temps y temps qui détruira à son tour tout ce que les hommes croient bâtir pour Vëleraîté. Il est seuJement à craindre > m'objecterez- vous. Monsieur , que le Parlement ne s'effraie lui-même du retour inattendu d'un asceada*»* qu'il aç^ Mckmait pas. H est à craindre que beauconp de ses? Membres répugnent a jouer^ Bnrèlehardi, pour lequel ils n'owt p^s été nommés et qu'ils n'auraient pas choisi*.

Maïs ils doivent se rassurer en pensant qu'on est toujours fort ed coânbattafit pour sa cause et pour ses; foyers.. Les circoqs^ tances élèvent les hommes, à leur, bauleup et nous avons va ce qu'ont pu &iie les Députés muets du Dictateur. ^ dès que le Hoi eut délié leur langue/ Certes^ il est probaUe que les^ Membres du F^irlemeuli sauront en faice autant ; dès qu'ils, au-^ ront rompu les liens qu'ils avaient voloa^ tairement accefptés*.

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