‹ Lettres de Saint-James (volume 2)Chapitre 12 sur 13 · TRENTE-UNIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

TRENTE-UNIÈME LETTRE

X ANDis que f ai perdu du temps a vous écrire^ les evëneinens out marché»

Ils réalisent^ ecr se dévoilant, une partie de ce que je vous ai aauoacé.

Le Congrès qui s'était rassemble à Aixla-Chapelle , k Carlsbad , à Ytenoe et à Troppau k mesure que des scènes poli tiques avaient requis sa présence. Ce même congrès arrive à Laybach. Il n'avait fait jusqu'ici que reculer les difficultés sans les résoudre; mais il a été forcé par la gravite des cirôonslances k ae rapprocher du théâtre Oit elles s'accomplissent , car ri ne Kii est plus possible de les éviter.

Il faut les aborder de front.

Les Souverains ne viennent point d'euxmêmes en Illyrie ; ils n'y précèdent pas les évéuemens ^ ils les ont attendus et

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tt^y sont' appelés que par eut. Cela seul indique assez que leur dësir n'est pas d'agiter le monde; mais de le pacifier.

Tous les motifs pour lesquels il a ëtë si souvent troublé n'existent plus en eflRet.

Les rivalités et les ambitions territoriales sont éteintes chez les Souverains , parce qu'ils les ont satisfaites et parce qu'ils otkt k faire avec de plus sérieuses tribu-^^ lations.

Les guerres ont d'autres buts que celui d'étendre une frontière. C'est pour l'existence des sociétés et pour les formes qu'elles adoptent , que les guerres se font maintenant. Aussi sont-elles uniquement politiques, et il ne faut plus les considérer que sous ce dangereux caractère.

Mais quelque soit l'issue du congrès , qu'elle soit heureuse ou funeste, tous ceùi^ qui s'y rendent sentent également qu'onr lie peut plus tarder à résoudre les questions qui divisent aujourd'hui efcles siècles et les Peuples. Cette solution approche ^l jamais il n'y a eu de momens de plu9 solennels pour eux.

Le sort en est remis a ce congrès..

Sa justice doit être d'autant plus impar** tiale ^ qu'il est )uge et partie dans la cause, sur laquelle il va proDoncer. Il est allé Jusqu'à s'iotérdire d'entendre W Bei^ples?

dont le procès se plaidi^ra devant lui.Ela Tenonçant ainsi aux formes, de la )ustice.

bnmaine; il s'engage à }uger. avec vxm^ conscience d'autant: plus sévère.

La prépondérance ne peut appartenir dans ce congrès ni à la France » ni à l'Angleterre. Elles y ont renoncé en se re^,

tranchant dans leur neutralité et en ne

s'y faisant représenter que p^r des Ambassadeurs que lé hasard seul a conduit à un poste , pour lequel assurément on ne les aurait pas choisis.

L'ascendant n'y est visiblement exercé <mp par la triple union de la Russie^ de l'Autriche et de la Prusse. L'accord entre ces Etats , à l'exclbsion du reste , est fortuit et. n'a rien d'hostile contre leurs voisins. C'est la suite inévitable de la décomposition de \à grande Alliance j.

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dont la force s^est concentrée dans ces trois États.

• La présefice r^eUe ou rëcliinaee du SoUterain de la Prusse dans ce congrès ^ où il n'est appelé par aocuh; intérêt direct^ met ce fait hors de ^ute et marqué l'existence de û^i^ triple imtoné T^idis que Fabsence de Représèntans capables de la part des deux Royaumes de France et d'Angle^ terre» inôntre qu'ils n'y sont pas compris.

Mais dans cette triple Alliance , la taille des Empires et celle de leurs jEnakres élèvent tellement la Russie audessus des deux autres » qu'ils n'y figurent que eoinme ses satellita^.

La forcé et la proportion des choses placent ainsi la destinée de ce monde .^ans les mains di Alexandre.

Jamais la Providence n'avait confié »

depuis la création , une si grande tâche et un ai t^au rôle à un mt>rtel. Grâce lai en soit rendue; il vaut mieux, dans une telle situation, dépendre d'un senil quéi de plusieurs ^ paice que l'homme

, ( »6 ) seul est toufôurs bon ; et lorsqu-îl. est place entre sa conscience et sa gloire , il êédiigae le reste pour Wobeir qu^k ses nobles instincts.

La responsabibté du présent et de Fhistoire pèse sur le ïtoni à^jdlexandre^ Quelque grand qu'en soit le poids , il sera digne de le porter: car il en a dëja fait deux fois rheureux essai et s'il accomplit une telle mission, jamais le nom de Grand i/aura,ete mieux acquis.

Qu'il écarte de lui les conseils , car ils^ restent t6u)oui^- àu*de$s6us des grande^ çt^coQStances : qu'il ne s'en fie qu'à luimême pour exercer sur les nattons l'empire que les ëvénemens lur décernent. Il tie doit pas avoir oublié que cet empire n'appartient point à des synodes politiques et qu'il n'est l'appânag^ que d'un .caractère assez héroïque pour attirer la confiance et l'enthousiasme des Peuples , parce que l'enthousiasme est la conviction de la mulutude«

Alexandre a quitta ses États , il est

Venu seul / sans autre cortè^ge que celai de sa propre graadeur ; au devant des évënemeus qui demandaietit sa présence^ Que trouve-t-îl à sou arrivée ? Deux sys^ tèmes sociaux se divisent la moitié da monde y partout les deux factions qui lès ont embrassés se disputent pas à pas le terrain. ^L'un de ces systèmes n'est autrd chose que k résistance que le passé faijC au présent» L'autre est Texplosion de là civilisation que les siècles ont amassée»

C'est la force du présent contre le passé»

C'est la nature des choses , et cette na^ ture ne rebrousse jamais. Elle peut ^tre momentanément refoulée par upe force majeure^ comme la mer par la tempête^ mais comme elle aussi elle reprend Ib oiveau que son poids lui assigne.

La mission qu'Alexandre a reçue, semble être celle d'accomplir le vœu du temps^ en arrêtant la lutte des factions^ en fixant leurs limites > en appaisant les Révolutions par leur propres forces.

Ne sait-on pas encore combien il esifr

clangereux d'exercer ht vîôleûce éon*tr'eltes? Ne sait-on pas qiie les Peuple»

s'ennivrent au brùit des armes^ et que de9 ]géneratioQS entières se lèvent à ce bruit?

Ne se souvient-on plus de l'exemple qu'a donne l'Espagne? Dans ces guerrel natio* cales y il ne faut plus compter sur les pro-* portions des armées; mais sur les flots àvt peuple qui viennent les anéantir?

A-t-on songe qu'en voulant s'emparer du Royaume dé Naples> il serait possible que l'armée d'Autriche éprouva un revers* Ce ne serait pas le premier et celuici pourrait avoir de terribles oùnsé-^ quences.

' Il vaut mieii% profiter du nombre et de la l^résence des forces qui ont vaincu la Révolution française, pour offjrir à leurabri , un arbitrage aux nouvelles Révolutionis de l'Europe ; comme on l'a offert k la France^

lien résultera un nouvel équilibre po-»

litique dont le repos public peut attendre quelque garantie. Cet équilibre se formera

t M9 ) dtt partage de l'Europe en deux A^lliances; dont l'une est déjà faite et dont TautM est la suite nëôessaire de la preipière.

La triple Alliance de la Russie , de r Autriche et de la Prusse emportera dans ^a mouvanée ^aples et toute l'Italie* C'est un résultat des évënemens qui ne peut plus s'empêéher, puisqu'il s'est déjà accompli. En cela seul que les autres Puissances ont laisse par leur retraite la triple union disposer de ces pays.

La France et l'Angleterre compren-!* drotat dans la leur/ ce qu'on leur a laissé de l'Europe ; c'est-à-dire , la Hollande > PËspagne et le Portugal*

Cette Alliance ne sera point le résultat d'un choix ni d'un« conspiration de ces Etats contre les autres. Elle ne sera qu'un rapprochement naturel entre des Pays qui n'en ont point d'autres^ afin de leur donner la Puissance d'une corporation.

Puissance nécessaire dans un temps oii rien ne peut rester isolé dans ce monde.

Un tel Acte rendra quelque peu d'as^

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cendant politique aux ministères dont il sera Fouvrage. On y verra de leur patt une intenlioci politique et un sentiment national. On y verra le principe et le moyen de fortifier l'existence des États ^ dont cette Union seule peut faire dë^ formais la sécurité.

Les Ministres sont bien malhabiles^ lorsqu'ils ne savent pas faire usage de la magie politique qu'ils ont en main pour en frapper l'imagination des Peuples , lorsque ces Peuples tiennent a leur gloire.

Cet art leur est permis. Il a fait à lui seul le salut et la grandeur de Rome^ et l'expérience nous montre qu'il n'est jamais resté sans effet, lorsqu'on a su l'employer à propos : c'est*k-dire dans le sens des événemens.

Jamais ces événemens n'ont indiqués d'une manière si positive la marche qu'avait à suivre la politique des cabinets de France et d'Angleterre. Il est difficile qu'ils se refusent a l'évidence, et

si cela était , il faudrait plaindre leurs ministres: car ils ne resteraient pas longtemps à < la place qu'ils occupeQt^

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