‹ Lettres de Saint-James (volume 2)Chapitre 6 sur 13 · VINGTIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

VINGTIÈME LETTRE

A Révolution n'a pas^ été terminée en Europe, comme an nous en avait flatté^ par ses défaites de Mont-Martre et dô Waterloo; puisqu'elle y renaît avec une nouvelle véhémence. Elle se joue des précautions que le Congrès de Vienne avait prises contr'elle et brave maintenant les Congrès avec lesquels elle s est familiarisée.

Ces précautions consistaient en une Alliance générale de tous les Gouvernemens de l'Europe' à UeiHët de se garantir mutuellement leur existence , leur territoire, et le système politique qu'on Icup avait reconnu.

Toutes les forces de cette fédéralio»

étaient appelées au maintien de cet équi* libre ^ et semblaient lui promettre de pror^ digieux points d'appui.

Toutefois, Monsieur, nous venorts.de voir une partie de VAIiemagne, l'Espagne^ Naples et le Portugal, se sousr traire à l'acte fédéral de FËurope, e| disposer de leur système politique sans avoir reçu son assentiment. INous voyons également que TAllianoë hésiste à dispor ser de ses forces coptrVux sûrement parce qu'elle redoute les. suites que l'emploi dç ces forces pourrait avoir.

Cette crainte se fonde sur ce que l'é*quilibre de l'Alliance est déjà rompu p£tf cet défections et qu'avant de prendre un parti contre elles, il lui faut faire un nouveau recensement de ses forces.

L'Alliance s'est décomposée 9 parce qu'elle renfermait des élémens hétéror gènes, et qu'elle n'était pas assez fortement tissue.

Elle péchait en premier lieu , eu ce qu'on y avait admis des Contractans qui ne gouvernaient ni au même titre, nî avec le même pouvoir. Elle comprenait k la fois dds £uts absolus et des Etats

représentatifs. Les derniers étaient ainsî juges et parties dans une alliance, qu'oa n'avait faîte que pour les surveiller et les contenir.

Ils n'étaient pas placeV pour lui prêter main-forle contre des principes et des sistèmes qu'ils avaient eux-mêmes adoptes.

Il a du résulter de cet alliage un défaut d'ensemble dans les mesures qu^ l'Alliance était appele'e à prendre, et c'est ^n effet ce qui arrive dans cet instant même.

Mais cette Alliance péchait surtout? en ^e qu'elle aurait du se réaliser dans un pouvoir fëde'ral assez fort pour décider a lui seul toutes les questions de haute politique, et pour faire mouvoir sans hésitation les forces de tous contre un seul. '

A moins d'un tel pouvoir , FAlliance

ne pouvait être qu'un rapprochement

diplomatique , éphémère comme tant

d'autres.

V La Coûlîtioii avait déploye*^ cette espèeo

de poavoîr ^ tant qu^elle a gardé en FraoM une armëe d^observation ; celte armée était pour elle un fait^ un gage et une force.

Et c'est ave€ sa retraite que FAlliance s^en est allée en fumée.

Il fallait assurément sortir cette armée de Fradce , puisqu'elle y était une hostilité; mais au lieu de lai dissoudre il aurait fallu y appeler des renforts de tous les Etats alliés^ et la camper pour toujours chez quelques petites Puissances neutres vers le centre de l'Europe. Il 9U<f rait fallu que^ non -seulement ce Corps fédéral; mais que toutes les forces alliées eussent été mises à la disposition du pourvoir politique que les Souverains auraient placés au-dessus du leur.

Ce Conseil fédéral aurait siégé auprès, de cette armée et le sort politique de l'Europe n'eût été confié qu'à lui seul.,

Un tel pouvoir eût été différent de la Diète germanique. Il ne pouvait pas être composé comme elle , par des manne*-, quins^ chargés d'émettre les opinions

■ Wiifct

quils reçoîveùl de leurs Coûts. CeCîoti* iSeil suprême aurait àù. appartenir à la^ cômmunautë de TEiirope; puisqu'il ea àiirait représenté les intérêts généraux* Il aurait été nommé k raisoil d'un Re^^ jprésentant pour chaque sept milliotis de population , par un scrutin septehnal , 'auquel tous les Gouvernémenâ auraient donné leur voix , à raison de la population qu'ils régissent.

Ce Conseil aurait revota une thiare po** IrtiqUe et offert un nouvel objet à 1a traînte et au respect de la multitude.

Lorsque tout ce qui avait le droit d'at* tirer ce respect a perdu son prestige , oti Aë peut le ressaisir qu^en montrant de nouveau aux peuples Fatitôrité sous de grabdes dimensions. Mais la grandeur même de cette autorité Pa empêchée de se féiViset

Chaque Prince a craint de voir une partie d!e sa puissance s^écoûler dans ce Congrès. Ils ont préféré et cela devait #tre, leur indépendance k leur sÀrété; et

îorsqu^àn à médité à Carsibad de donner à rAilemagne une institution semblablej on! a vu échoUer ce projet entre les jalousies . et les rivalités princières.

L'équilibre qu^on avait cru donnera l'Europe ayant manqué de ce grand tnoyen de compression , chacun y est resté juge dans sa propre cause; les partis politiques y ont été livrés a eux-mêmes^ et lé sort qui les attend n'est plus confié qu'au destitt.

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