‹ Lettres de Saint-James (volume 3)Chapitre 10 sur 14 · DIXIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

DIXIÈME LETTRE

Du i5 Décembre*

,JN ouâ vqnçQS de voir , Monsieur > commet raristocratie anglaise pottvaît 4$e ireadrç forte pour n'être pas com*primée ^ ea respectant les lois , e^ ^armaat pour sa lëgitime défense , ea doanaat |ia caractère . plus national ai| pouvoir ;de$ communes et en subvenant aux ba»oips de son trë$or ^ afîa 4<s le rendre . in^épend^^iit des eveùemens 0i du cre'dil,,

L'aristocratie alors aura él^vëses reoii^ parts et ne poui ra plu& étcç intimidée jf mais les oatioos qui ci'exiâteot qu'à cet abri touche»^ à leur fia t car le sang cesse de circuler dans l^ur^ veiaes* Il faut donc que le Gouvernement par«vienne à drssipudre la ligue des prolétaires ea offrant de l'emploi a leur

(70 activité et de la pâture à leurs espérances*

Il y a une cause active de troubles en Angleterre; c'est la présence de six cent mille artisans que Tindustrie avait fait naître et qu'elle abandonne. Il faut rétablir les proportions entre l'homme et le travail; entre les intërélset la population ! sahs quoi ce peuple enivre de farisère et fatigué de repos trouvera dans les chanips , où il tient ses débats /* des hoffiTnes qui profèrent leurs* passions a léais intérêts; ou qui n'ôrtt^ déjà plu$

d'intérêts, parce qu'ils les oilt sacrifiés à

4e urs paissions. Il y trouver^ des hommes qui ont épuisé tous les genres d'émo* troris , et nfe' peuvent pïiii en recevoir q^ue du désastre de leur patrie;'

Lorsque dé tels hommes montreront Il -ce peuple les riches conime leurs op-»

presseurs ,et léur'dépôuîlle comme son îippanàge , qUelle religion l'arrêtei'a ?

Quel respect • le» désarmérar ?

Victorieux ou vaincu, l'oittfe social

(75) n^en serait pas moins la victime d'une telle crise: car elle changerait la nature poliliqtte de TAngleterre : Vainqueur j l'ordre social prendrait pour garantie tin cod^ sévère et des institutions sinistres. Vaincu/ il laisserait FEtat en proie à trois millions d'insensés.

La seule mesure avec laquelle le Gouvernement a lutté jusqu'ici contre la misère des artisans est la taxe, ou plutôt la solde des pauvres. Je ne yeux ni blâmer ni louer ici cette institution :

car la force des choses la rend irrévocable ; non-seulement , elle est irrévocable, mais elle est in\itîle pour la situation du moment. Caria misère publique

s'est afccomplie sous l'influence de cette

taxé, et par conséquent malgré cette influence. Quelqu'éiiorme qu'^ellé soit, elle ne peut dond rien dans le cas présent: c'est un moyen épuisé, un ressort étéîrit. Il faut avoir recours à dés moyens qui puissent ayoir la plénitude de leur action.

Pai fait monter jusqa^a six ceat mille le nombre des artisans que le dëclin dç l'industrie avait prives de travail : cette perte équivaut annuellement à dix^buit millions ; en comptant leui^ )ournées à deux shelliogs. Je crois ce nombre et cettç perte exagérés , parce que des ressource^ imprévues viennent toujours au secours des ressources perdues ; mais en Içs réduisant à la moitié je resterai au-des$ou$ de Fexagération.

La nullité des salaires n^atteint pa$ isolément les artisans superflus , elle s^ répand sur toute leur classe p^r VeSe^ de la concurrence , qui produit unç baisse correspondante dans l'universalité des salaires , et cette baisse a suffi pour jeter dans l'inquiétude cette pppulationr entière et former avec die cette ligua* offensive. dont les symptômes commen* cent a édater.

Il importe donc, Monsiei^r, de rompre cette ligue en la divisant par de nouveaux intérêts. Il faut créer de l'espérr

(75) rance pour frapper avec elle Fimagioa^ tk>a dti peuple. Il faut doue agir k la fois sur- lui par des moyens rëels et des moyens magiques.

Les moyens réel» consistent à lui rendre 'du travail et des salaires ; les moyens magiques a les lui fairç espérer.

Les moyens réels peuvent «ils con?sister à rendre aux fabriques les dé^ bouchés qu'elles ont perdus ?

Non ; car cette perte s'est faite par l'action naturelle des lois de la concur* rence , lois ocrées , qu'aucune force humaine ne peut éluder.

L'Angleterre ne doit plus compter Sur des débouchés : ce ne sont plus que des canaux desséchés. C'est de non* veaux emplois qu'il faut trouver pour sa population.

L'Angleterre gardera le monopole du commerce nautique et des transactions commerciales : parce qu'elle a dans ses mains les leviers qui les font mouvoir.

Leviers qu'il n'est au pouvoir de per-

(76) sonne de lui enlever: Savoir, ses flottes et ses capitaux. Avec les uns elle maîtrise les grandes opeVations ' commer-ciales y avec les autres elle domine l'Océan.

Le résultat de la dernière guerre à dë^ Xruit toutes les marines hors la sienne.

Il dépend d'elle de les empêcher de renaîtra : car elle peut les détruire, avaot qu'elles lui fassent ombrage.

La force lui garantît ainsi à k fois les bénéfices du commerce nautique et l'approvisionnement des consommateurs qui habitent dans les trots parties du monde dont ses vaisseaux peuivent défendre l'approche. L'Asie et l'Afilique ne Jui offrent eu ce genre qu'un faible débouché p parce que leurs peuples ont des mœurs et des costumes dHférens dès nôtres et qu'ils appartiennent .a ces races humaines ^ dont lé caractère est d'être dans une éternelle station. Mais l'Amérique promet à l'Angleterre un débouché croissant comme sa population.

UÂmërique n'est qu'une colonie de.

l'Europe : elle en suit les usages , et l'Angleterre seule y pourvoit; parce que sa supenoritë nautique lui 4onne avec l'Amérique d^s relations intimes* Ce débouche lui restera long -temps ouvert : attendu qu'il faut des .siècles avant que l'agriculture des pays nou-, veaux puisse livrer aux fabriques des, bras superflus.

L'Angleterre a déjà ]e monopole du Brésil , et les mesures qui doivent le.

lui conserver n'ont pas été négligées par elle. Le Brésil , par l'effet naturel de la position où il se trouve et sans que personne; y donne de grands soins, doit doubler sa population a chaque: vingt ans ; parce que telle est la proportion que suivent les générations dans les contrées où l'espace les appelle , lors qu'aucune circonstance n'en arrête le développement.

Je compterai moins sur l'accroissement prochain des colonies espagnoles ;

c!ar ceâ États seront k peiae débarrassés de la fatigue que leur occasiouent les prétentions de la métropole , qu'ils seront livrés aux discordes intestines.

De tels peuples seront long-temps dépourvus de la moralité qui fonde leg États. Ils resteront en proie à cette lutte pénible au travers de laquelle la liberté triomphe des ambitions militaires.

L'Amérique du nord ajoute annuel^ lement cinq cent mille consommateurs de plus aux produits de l'industrie an^ glaise ; parce que sa population s'açcroit chaque année de ce nombre. Et les rapports entre ces deux peuples et ces deux États sont de nature a ce que l'Angleterre seule approvisionne l'Amérique. Car il ne faut pas oublier que FAmérique n'est qu'un État fondé par les Anglais. Il en a conservé les lois > les usages et les mœurs. Il l'imite jusques dans son génie nautique et lorsque dans peu , rivaux par ce génie , ils se disputeront l'empire des mers , l'Angle-

(79) terre fournira à l'Amérique son appareil de guerre ; et leurs bataillons s'altar queront avec des armes forge'es sur la même enclume.

L'Angleterre conservera donc, par la force des choses , l'approvisionnement de FAmërique ; mais l'accroissement de Ces consommateurs^ quelque rapide qu'il 6oit y est loin d'équivaloir à la production des fabriques anglaises : Leur perte a été brusque ^ ce remplacement n'est que successif; il faut ouvrir de plus larges écluses pour eu rétablir le niveau^

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